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« Le Petit locataire » de Nadège Loiseau. Critique cinéma

Synopsis: Le test est positif ! Nicole, 49 ans, est enceinte. Catastrophe ou bonne nouvelle ? Toute la famille est sens dessus dessous.

La fiche du film

Le film : "Le Petit locataire"
De : Nadège Loiseau
Avec : Karin Viard, Philippe Rebbot
Sortie le : 16/11/2016
Distribution : Diaphana Distribution
Durée : 99 Minutes
Genre : Comédie
Type : Long-métrage
Le film

Une famille comme le cinéma les aime, mais que l’on ne souhaiterait pas trop sous notre toit. Inconséquente, plus ou moins hétéroclite, le plus souvent bien à côté de la plaque. Seule la mère fait feu de tout bois, assurant depuis des années un semblant d’organisation et de responsabilités. Karin Viard, tout aussi gaillarde dans son rôle, assure le quotidien de sa fille célibataire avec sa petite fille, sa mère plus ou moins grabataire et un autre pensionnaire assez flou.

Il est québécois (Antoine Bertrand), ça s’entend à l’accent, mais la raison de sa présence tarde bien à venir et encore avec l’incertitude des aléas de cette couvée que le mari évite avec une insouciance désarmante. L’annonce de la troisième grossesse de son épouse, à l’aube de la cinquantaine, ne fait qu’accélérer sa fuite en avant. Philippe Rebbot était certainement l’un des comédiens le plus apte à tenir le rôle, mais ça ne fonctionne pas toujours très bien.

Problème devant le lave linge pour le faire démarrer...
Problème devant le lave linge pour le faire démarrer…

Il va pourtant bien lui falloir retrousser les manches (deux ans de chômage et aucune recherche active …) quand l’épouse annonce que sa maternité est synonyme d’une redistribution des cartes. Dans la famille Payan on demande un père et un mari qui ne se reposent plus sur son amour de toujours. Ce qui va se faire avec les anicroches de circonstance et la frénésie propre à une telle situation.

C’est une comédie qui n’est pas forcément dramatique, mais qui ne fait pas vraiment sourire. Pour deux ou trois scènes bien senties et autant de répliques savoureuses, la frustration des personnages rejaillit très vite sur celle du spectateur. En mélangeant les genres, Nadège Loiseau ménage la chèvre et le chou pour aborder des sujets aussi sérieux que l’avortement, le maintien à domicile ou le partage des tâches familiales et ménagères. Des instants de vérité sans réelle composition ni profondeur, malgré le jeu merveilleux d’Hélène Vincent en vieille dame amusée.

On cherche la nouveauté, la création, l’inventivité quand tout repose sur une mise en scène, à l’image de la famille qu’elle dirige, un rien foutraque. Parmi les scénaristes, une certaine Mazarine Pingeot…

Je vous passe l’autre frustration du moment, une mélodie à l’anglaise (« Hapiness ») pour accompagner l’héroïne dans ses tourments et détournements sentimentaux. Le cinéma français et la chanson du même nom ne font toujours pas bon ménage. (*)

(*) J’entends en ce moment  « Mademoiselle » de Berry,  » N’ayez pas peur, du bonheur il n’existe pas… »

Une famille comme le cinéma les aime, mais que l’on ne souhaiterait pas trop sous notre toit. Inconséquente, plus ou moins hétéroclite, le plus souvent bien à côté de la plaque. Seule la mère fait feu de tout bois, assurant depuis des années un semblant d’organisation et de responsabilités. Karin Viard, tout aussi gaillarde dans son rôle, assure le quotidien de sa fille célibataire avec sa petite fille, sa mère plus ou moins grabataire et un autre pensionnaire assez flou. Il est québécois (Antoine Bertrand), ça s’entend à l’accent, mais la raison de sa présence tarde bien à venir et encore avec…
Le film

Le casting est savoureux et répond tout à fait au cahier des charges d’une comédie qui tente de s’amadouer avec quelques références plus sérieuses autour de l’avortement et du maintien à domicile. Le mélange des genres conduit ici à quelques non-sens ou situations qui sur le long terme confinent à l’exaspération, voire la frustration que ressentent aussi les personnages de cette saga familiale. Elle amuse un temps, inquiète et puis nous lasse par trop d’abus, de répétitions et de frénésie. Il y avait beaucoup de matière dans ce scénario, mal exploité à mon avis par une réalisatrice qui s’est peut-être regardé un peu trop le nombril en filmant au ras des sentiments. Ca sent un peu le vécu coco...

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