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[Critique cinéma] Il était une fois dans l’Ouest

[Critique cinéma] Il était une fois dans l’Ouest

Un quai de gare désert, trois hommes patientent quand retentit une rengaine d’harmonica. Et puis les armes se font entendre. Le début d’une grande aventure d’un western spaghetti, peut-être, hors norme, c’est certain.

La fiche du film

Le film : "Il était une fois dans l'Ouest"
De : Sergio Leone
Avec : Charles Bronson, Henry Fonda
Sortie le : 27/08/1969
Distribution : Carlotta Films
Durée : 165 Minutes
Genre : Western
Type : Long-métrage
Le film

Après l’avoir visionné deux ou trois fois au moment de sa sortie (1968), « Il était une fois dans l’Ouest » était entré dans mon panthéon personnel. Le redécouvrir m’a procuré beaucoup de plaisir, mais  quelques petits bémols ici et là entachent aujourd’hui le merveilleux souvenir que j’en conservais.

Aucun reniement cependant sur l’ensemble d’une œuvre magistrale dans un registre, le western spaghetti, qui en produisant le pire et le meilleur, s’est retrouvé cantonné dans la seconde zone de la production cinématographique.

Imaginez, des italiens s’amusant à filmer des cow-boys, et pourquoi pas Tarantino revisitant la seconde guerre mondiale sur le sol français.

Et pourtant la première approche de Sergio Leone est d’une facture tout à fait classique pour un western dont l’histoire repose une fois encore sur l’arrivée du chemin de fer dans le Grand Ouest Américain. Les pour, les contre, et quand un drame surgit non loin d’une implantation ferroviaire, on cherche à qui profite le crime.

Avant d’en arriver là, le réalisateur italien se fend d’une ouverture magnifique, qui dure des plombes, et passée depuis dans les manuels d’apprentissage de la mise en scène. Un quai de gare perdu dans le désert, des hommes attendent, le train arrive…

Elle est hyper stylisée, d’une tension permanente, relayée par la musique du film ( du très grand Ennio Morricone ) qui elle aussi deviendra une BO de légende, avec le fameux harmonica à la rengaine tenace.

C’est assez mystérieux pour nous conduire avec envie au cœur du récit qui prend sa véritable consistance une fois toutes les cartes distribuées (c’est quand même assez long) autour d’une énigmatique dame venue de très loin pour épouser un monsieur qui n’aura pas le temps de lui sourire.

On croit connaître les commanditaires du meurtre quand l’homme à l’harmonica,  étrange, vraiment très étrange, fera entendre une fois de plus  sa petite musique.

Elle est aussi craquante que son regard noyé dans un visage buriné à souhait, et plus parlante que son propriétaire. Aussi annonciatrice des malheurs qui bientôt vont s’abattre sur tous ceux qui tentent de lui donner une autre partition. Il y a notamment ce fameux Franck, pas très respectable …Les faces à faces, se multiplient, mais les duels et autres galopades à la John Wayne , que nenni.Leone qui semblait respecter les codes du western made in USA les transgressent subrepticement en filmant les arrières plans, et la marge de plusieurs histoires qui se fondent et se confondent dans  la grande épopée de la conquête de l’Ouest.

Malgré une écriture un peu lâche parfois et quelques scènes un rien manichéennes «  Il était une fois dans l’Ouest » ,c’est la splendeur des paysages de Monument Valley, noyés dans une tension quasi permanente . Un regard qui dévie, un bruit insolite, ou joli paroxysme dont le film n’est pas avare, un silence inhabituel, et tout peut éclater.

Bien évidemment pour mener jusqu’au bout cette épopée le casting est d’une grande élégance avec ses  contre emplois  (Henry Fonda en salopard de première classe , de la part d’un italien , il fallait oser ) et Claudia Cardinale en femme de ferme , recomposée. Et puis Charles Bronson , qui ne s’est pas trop fatigué pour apprendre ses dialogues. Mais les lèvres serrées et le regard bleuté pointant l’adversaire, ça vous tue un homme.

Après l’avoir visionné deux ou trois fois au moment de sa sortie (1968), "Il était une fois dans l'Ouest" était entré dans mon panthéon personnel. Le redécouvrir m’a procuré beaucoup de plaisir, mais  quelques petits bémols ici et là entachent aujourd’hui le merveilleux souvenir que j’en conservais. Aucun reniement cependant sur l’ensemble d’une œuvre magistrale dans un registre, le western spaghetti, qui en produisant le pire et le meilleur, s’est retrouvé cantonné dans la seconde zone de la production cinématographique. Imaginez, des italiens s’amusant à filmer des cow-boys, et pourquoi pas Tarantino revisitant la seconde guerre mondiale sur le sol…

Vue d'ensemble des tests

Le film

80