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« The Father » de Florian Zeller. Critique cinéma

Synopsis: La trajectoire intérieure d’un homme de 81 ans, Anthony, dont la réalité se brise peu à peu sous nos yeux. Mais c’est aussi l’histoire d’Anne, sa fille, qui tente de l’accompagner dans un labyrinthe de questions sans réponses.

La fiche du film

Le film : "The Father"
De : Florian Zeller
Avec : Anthony Hopkins, Olivia Colman
Sortie le : 26/05/2021
Durée : 98 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

« Mourir, cela n’est rien
Mourir, la belle affaire!
Mais vieillir, oh, oh vieillir… » ( Jacques Brel )

Comme une impression, si rare, de ressentir pleinement les tourments du héros. L’interprétation d’Anthony Hopkins est remarquable, certes, mais la réalisation de Florian Zeller est tout aussi chamboulée que l’esprit vagabond du vieil homme . Elle nous possède !

Egaré dans les couloirs de son appartement, ou celui de sa fille ?, perdu au-delà de ses souvenirs, le spectateur l’est tout autant dans cette mise en scène labyrinthique où se mêlent angoisses et déraisons .

 

Anthony , bel octogénaire des beaux quartiers londoniens, vit confortablement avec sa fille Anne, aux petits soins pour son papa, qui ne le lui rend pas vraiment. A l’origine de mauvaise foi,  la sénilité le conduit sur des chemins où l’égarement et le délire confondent sa raison d’être.

Il radote, soliloque, perd le sens de l’orientation, cherche sa montre tous les quarts-d ‘heure et raconte sa vie de danseur de claquettes à la nouvelle garde-malade dans une tirade magistrale. Comme s’il retrouvait la raison, lui qui toute sa vie fut ingénieur.    

Il a une bouille sympathique, des réparties drolatiques, alors dans un premier temps on fait avec. Anne n’a d’ailleurs pas d’autre choix que de supporter ses réflexions, ses remarques, puis ses sarcasmes.

L’évocation de sa fille Lucy le rend terriblement nostalgique, «  il y a longtemps que je ne l’ai pas vue » dit-il à son aînée qui s’en prend alors plein la figure. Anne résiste et ne dit rien, sinon cette petite ride pincée au bas des lèvres qu’Olivia Colman retient avec tendresse.

Une grande comédienne confrontée aux égarements du cœur et de la raison quand l’amour ne demande qu’à vieillir sans se renier. La caméra sait filmer ce genre d’intention, dans les silences et les regards. Elle est fluide et paradoxale puisque tout s’embrouille et dépérit.

Mais c’est encore la vie nous dit Zeller qui  la transcende jusqu’au point de non-retour. Celui des rides et de la fatigue sénile, ce dégradé de sentiments,. Anthony Hopkins est magnifique dans ce personnage aussi complexe que difficile à cerner.

Mais tellement vrai. Ou si proche …

"Mourir, cela n'est rien Mourir, la belle affaire! Mais vieillir, oh, oh vieillir…" ( Jacques Brel ) Comme une impression, si rare, de ressentir pleinement les tourments du héros. L’interprétation d’Anthony Hopkins est remarquable, certes, mais la réalisation de Florian Zeller est tout aussi chamboulée que l’esprit vagabond du vieil homme . Elle nous possède ! Egaré dans les couloirs de son appartement, ou celui de sa fille ?, perdu au-delà de ses souvenirs, le spectateur l’est tout autant dans cette mise en scène labyrinthique où se mêlent angoisses et déraisons . https://www.youtube.com/watch?v=5FTnyhlQGvs&ab_channel=FilmsActu   Anthony , bel octogénaire des beaux…
Le film

C’est un film aussi complexe que le cerveau perturbé de son héros. Ce que le réalisateur traduit par une mise en scène quasi immersive dans laquelle le spectateur se retrouve totalement impliqué. Où les affres de la vieillesse heurtent une conception de la vie qui nous parait jusqu’alors presque logique. L’interprétation exceptionnelle d’Anthony Hopkins surligne cet état de fait : sans être dans la peau du héros, on ressent ses tourments, on les vit. On parle donc d’une fin de vie, de la malade d’Alzheimer ( jamais citée ) mais aussi d’amour qu’une femme entretient pour son vieux papa malade. L’un et l’autre ne se comprennent plus vraiment, mais c’est encore la vie nous dit Zeller qui  l'accompagne joliment jusqu’au point de non-retour. Celui des rides et de la fatigue sénile, ce dégradé de sentiments, cette dégringolade de la raison. Un premier film quasi sans rature, adapté d’une pièce de théâtre du même auteur. Pour voir ça , on méritait d’être déconfiné

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