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« Lola Pater » de Nadir Moknèche. Critique cinéma

Synopsis: A la mort de sa mère, Zino décide de retrouver son père, Farid. Mais, il y a 25 ans, Farid est devenu Lola…

La fiche du film

Le film : "Lola Pater"
De : Nadir Moknèche
Avec : Fanny Ardant, Tewfik Jallab
Sortie le : 09/08/2017
Distribution : ARP Sélection
Durée : 95 Minutes
Genre : Comédie dramatique
Type : Long-métrage
Le film

Fanny Ardant pour le rôle, je ne sais pas… On la connait peut-être trop bien pour se la représenter dans ce personnage d’homme devenu femme. Difficile à imaginer au premier regard : Fanny Ardant femme, une évidence. Il faut alors forcer la silhouette pour dévoiler le visage de cette autre vie que Zino rencontre aujourd’hui, après 25 ans d’absence.

Sa mère vient de mourir, son père est une énigme qu’il veut retrouver, quelque part en Algérie, lui a-t-on dit. Mais c’est Lola qui l’accueille, autrefois Farid qui n’a jamais quitté la France mais seulement une identité quand son corps ne lui appartenait plus, raconte-t-elle.

Il/elle tente de s’expliquer mais les mots ne viennent pas. Le regard de Zino est une accusation. Il ne comprend pas, il la rejette, la fuit. Les premières rencontres sont désastreuses. Lola culpabilise, elle est maladroite, elle en fait trop. Elle s’affiche avec élégance et légèreté, ce que Zino prend pour de la désinvolture. Il ne la voit pas quand elle se cache pour pleurer…

C’est violent et pourtant Nadir Moknèche filme tout en douceur, épousant la grâce de ces instants précieux où les êtres se cherchent, s’épient avant de fondre les mensonges et les apparences. On a dit Fanny Ardant, mais aussi Tewfik Jallab mérite le compliment d’une interprétation moderato quand tout à l’intérieur de lui réclame vengeance, colère et révolution.

La claque, l’incompréhension, le refus total d’admettre autant d’imposture que le réalisateur appréhende à la juste mesure d’un personnage qui n’a donc pas encore fini de grandir. C’est dans ces détails que la mise en scène prend toute la signification d’un récit plein et entier. Il faut voir l’importance donnée aux seconds rôles, ne serait-ce que le réceptionniste de l’hôtel où Lola a pris pension. Il y a aussi sa compagne dont la présence à la fois discrète et pesante marque les nouvelles empreintes d’une vie altérée.

Une altération sensible et pertinente à l’image du regard de Moknèche. C’est du cinéma qui va bien.

  • La transsexualité au cinéma :

« Man On High Heels » de Jang Jin

« Mezzanotte » de Sebastiano Riso

« Une femme fantastique » de Sebastian Lelio

« Noor » de Guillaume Giovanetti et  Cagla Zencirci

« Une Femme Iranienne » de Negar Azarbayjani

Fanny Ardant pour le rôle, je ne sais pas... On la connait peut-être trop bien pour se la représenter dans ce personnage d’homme devenu femme. Difficile à imaginer au premier regard : Fanny Ardant femme, une évidence. Il faut alors forcer la silhouette pour dévoiler le visage de cette autre vie que Zino rencontre aujourd’hui, après 25 ans d’absence. Sa mère vient de mourir, son père est une énigme qu’il veut retrouver, quelque part en Algérie, lui a-t-on dit. Mais c’est Lola qui l’accueille, autrefois Farid qui n’a jamais quitté la France mais seulement une identité quand son corps ne…
Le film

Il y a semble-t-il beaucoup d’appréhension de la part de l’auteur-réalisateur dans la mise en scène de ce récit particulier d’un jeune garçon qui 25 ans après, lors de la mort de sa mère, décide de retrouver son père. Mais entre-temps l’homme est devenu femme et pour Zino c’est le refus absolu de reconnaître une telle vérité. Une incompréhension totale qui n’est peut-être pas à la hauteur de celle du spectateur découvrant Fanny Ardant dans le rôle transsexuel. On la connait trop bien, je pense, pour l’imaginer autre fois homme devenu femme. Ça fait quand même bizarre mais le réalisateur réussit assez subtilement à nous faire admettre cette silhouette aussi déconcertante que l’attitude qu’elle adopte lors des premières rencontres avec son fils. C’est violent et pourtant Nadir Moknèche filme tout en douceur, épousant la grâce de ces instants précieux où les êtres se cherchent, s’épient avant de fondre les mensonges et les apparences. Fanny Ardant et Tewfik Jallab portent bien le récit à hauteur de la vérité que les seconds rôles accompagnent eux aussi de très belle manière. Moknèche ne laisse rien au hasard.

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