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« Une femme iranienne » de Negar Azarbayjani . Critique cinéma

Synopsis: Bien que Rana soit une femme traditionnelle, elle est forcée de conduire un taxi à l'insu de sa famille pour rembourser la dette qui empêche son mari de sortir de prison. Par chance, elle rencontre la riche et rebelle Adineh, désespérément en attente d'un passeport pour quitter le pays et ainsi échapper à un mariage forcé. Les deux femmes vont s'aider mutuellement, mais Rana ignore qu'Adineh cache un lourd secret...

La fiche du film

Le film : "Une Femme Iranienne"
De : Negar Azarbayjani
Avec : Ghazal Shakeri, Shayesteh Irani
Sortie le : 13/05/2015
Distribution : Outplay
Durée : 102 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

Un taxi au cœur de l’Iran. Un taxi pour la liberté, comme celui de Jafar Panahi. Mais Negar Azarbayjani n’est pas Panahi. Son héroïne, Rana,  conduit son véhicule en toute illégalité pour payer la caution de son mari. Sa famille ignore tout de sa double vie. Et sa belle-mère s’étonne alors de ses horaires imprécis, et souvent tardifs.

Rana est une femme bien ordinaire dans la cohorte des voiles qui se faufilent dans Téhéran, une femme iranienne, traditionnelle qui pourtant brave tous les interdits. Sa passagère du moment le fait aussi,  mais cette fois, avec ostentation et détermination. Une volonté farouche propre à abolir toutes les frontières.  Adineh veut les franchir pour échapper à un mariage forcé.  Rebelle, elle fuit sa famille, son pays, la police.

L’ancien et le moderne. C’est un peu cette opposition que nous propose Negar Azarbayjani avec ce  duo qui va se révéler pleinement dans ce road-movie pour la liberté. Le mot n’a pas la même résonnance, mais la vie est à ce prix pour les deux femmes que la société a déjà séparé. Elles doivent s’unir, s’accepter… Le secret de la plus jeune est terrible aux yeux de la conductrice, traditionnaliste, mais elle va le partager. Et  lui permettre de le surmonter.

Le père, intraitable, refuse de voir sa fille, telle qu'elle est ...
Le père, intraitable, refuse de voir sa fille, telle qu’elle est …

L’attention avec laquelle la réalisatrice iranienne filme pour la première fois son pays, relève d’une attitude très particulière. Elle aborde le thème de la condition féminine à travers celui de l’intersexualité, peu commun dans notre cinéma. Surtout qu’on y apprend cette fois la tolérance du pouvoir à l’égard des transgenres. Il est possible d’obtenir des prêts pour se faire opérer.

Dans la morale de l’histoire, Rana affirme haut et fort l’attachement qu’elle porte à son homme. Mais elle est aussi le lien entre sa nouvelle amie et sa famille qu’elle affronte pour lui dire ses quatre vérités. C’est à mon avis la seule faiblesse du film : la scène, mal venue,  flotte, inconsistante, à l’image de l’attitude du père, Homayon Ershadi, peu inspiré par son personnage. Et c’est pourtant là, dans cette rencontre maladroite que la situation d’Adineh est clairement révélée.

 Le jeu des deux femmes mérite tous les éloges, Shayesteh Irani, une quasi débutante et  Qazal Shakeri déjà remarquée dans le « Hors-jeu » de Panahi. Comme quoi le taxi revient toujours à son point de départ.

Un taxi au cœur de l’Iran. Un taxi pour la liberté, comme celui de Jafar Panahi. Mais Negar Azarbayjani n’est pas Panahi. Son héroïne, Rana,  conduit son véhicule en toute illégalité pour payer la caution de son mari. Sa famille ignore tout de sa double vie. Et sa belle-mère s’étonne alors de ses horaires imprécis, et souvent tardifs. Rana est une femme bien ordinaire dans la cohorte des voiles qui se faufilent dans Téhéran, une femme iranienne, traditionnelle qui pourtant brave tous les interdits. Sa passagère du moment le fait aussi,  mais cette fois, avec ostentation et détermination. Une volonté farouche…

Review Overview

Le film

Une histoire d’amitié entre deux femmes que la barrière sociale aurait dû à tout jamais condamner. Mais la condition des femmes en Iran, thème récurrent de ce premier film, va la soulever pour aborder cette relation entre un monde moderne, mais déshumanisé et celui d’une tradition qu’une jeune femme va transgresser pour venir en aide à son mari et à cette jeune fille.  C’est aussi le thème de l’intersexualité que Negar Azarbayjani met en avant dans un pays qui vient en aide aux transgenres. Un point de vue dont ne veut pas entendre parler la famille de la jeune fille que l’on s’apprête à marier avec un cousin. Toutes ces oppositions, ces confrontations, cimentent un récit qui jamais ne s’emballe malgré les aléas d’une culture dominante et un pouvoir familial sans partage.  Shayesteh Irani, une quasi débutante et  Qazal Shakeri déjà remarquée dans le « Hors-jeu » de Panahi sont parfaites.

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