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« La femme fantastique » de Sebastián Lelio. Critique cinéma

Synopsis: Marina et Orlando, de vingt ans son aîné, s'aiment loin des regards et se projettent vers l'avenir. Lorsqu'il meurt soudainement, Marina subit l’hostilité des proches d'Orlando : une "sainte famille" qui rejette tout ce qu'elle représente. Marina va se battre, avec la même énergie que celle dépensée depuis toujours pour devenir la femme qu'elle est : une femme forte, courageuse, digne ... une femme fantastique !

La fiche du film

Le film : "Une femme fantastique"
De : Sebastián Lelio
Avec : Daniela Vega, Francisco Reyes
Sortie le : 12/07/2017
Distribution : Ad Vitam
Durée : 104 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

Après « Gloria », Sebastián Lelio fait à nouveau le portrait d’une femme libre, une personnalité encore plus affirmée cette fois dans son indépendance. Elle s’affiche d’emblée dans un halo mystérieux qui la protège pense-t-elle des regards envieux ou méprisants.

Marina vit avec un homme « qui pourrait être ton père » siffle son entourage qu’elle écarte, tout aussi énigmatique. Qui est-elle, que cherche-t-elle ? Orlando en est fou quand au cœur de son sommeil le voici pris d’un malaise irréversible. Marina panique mais réussit à atteindre une clinique, d’où la famille commence à décocher ses premières flèches.

Plus ou moins acérées, elles remettent en cause sa liaison avec un ex, un père, un frère. L’une d’entre elle doute même de l’origine de la mort. La police s’en mêle et le passé de l’autre Marina refait surface. Ce dont elle se préserve frontalement à la manière dont Sebastián Lelio la filme sans détour. Directe, franche, menaçante… Peut-être un peu comme Assayas guettait Asia Argento dans « Boarding gate ».

Il y met aussi beaucoup de respect et de la tendresse pour cette femme courage affrontant contre vents et marées les turpitudes de ses semblables. Le cinéaste leur ouvre tout autant son registre de doléances sans y apporter la touche d’humanité qui sied à l’héroïne. Pour une quête d’identité à jamais confrontée aux préjugés et racisme de tout bord. Transgenre, cela fait mauvais genre, encore plus lorsque l’intéressée a ravi l’homme à sa famille.

La rendre bête traquée, bête sauvage lors d’une altercation d’une violence dégradante. Marina résiste malgré tout dans sa transgression affichée désormais avec une rage contenue. Car elle est proche de sa vérité, de cette revendication menée telle une enquête policière au fil des indices essaimés par une famille haineuse. A ce stade de la confrontation, une fois le deuil arbitré, Sebastián Lelio appuie malencontreusement sur le pathos et la langueur, signifiant plus que de raison les atermoiements de l’héroïne.

Ils s’aimaient contre tous

Daniela Vega est poignante, mais la femme fantastique se cherche une issue honorable. Elle en fait maintenant un peu trop. Un peu trop fantastique…

  • Sur des thèmes un peu similaires :

« About Ray » de Gaby Dellal

« Noor » de Guillaume Giovanetti et Cagla Zencirci.

« Une femme iranienne » de Negar Azarbayjani.

Prix du scénario et Teddy Awards au festival du film de Berlin- Après « Gloria », Sebastián Lelio fait à nouveau le portrait d’une femme libre, une personnalité encore plus affirmée cette fois dans son indépendance. Elle s’affiche d’emblée dans un halo mystérieux qui la protège pense-t-elle des regards envieux ou méprisants. Marina vit avec un homme « qui pourrait être ton père » siffle son entourage qu’elle écarte, tout aussi énigmatique. Qui est-elle, que cherche-t-elle ? Orlando en est fou quand au cœur de son sommeil le voici pris d’un malaise irréversible. Marina panique mais réussit à atteindre une clinique, d’où la famille commence…
Le film

Pour évoquer le transsexualisme, l’auteur de « Gloria » reprend l’idée d’une femme extraordinaire transposée cette fois dans un monde totalement hostile. L’héroïne est la cible de toute une famille que le père a quittée pour cette femme. Sebastián Lelio n’instruit pas à charge le procès des uns ou des autres, mais dans la quête d’identité de Marina c’est un double reproche que lui adresse la société. Terrible d’abord au regard d’une relation quasi incestueuse (20 ans d’écart), cruelle puisqu’on lui refuse le droit à disposer de son corps. La confrontation n’en est que plus violente même si l’acte demeure souvent en deçà d’une expression terriblement cruelle. C’est tout le talent du cinéaste que de concentrer dans son héroïne (excellente Daniela Vega) toutes les tentions maintenues par un scénario qui ne retient que l’essentiel et le conjugue avec une belle dextérité. Au point que l’œuvre est vite aboutie et que le trop-plein devient langoureux, presque pathétique. La femme fantastique se laisse emporter par ses élans.

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