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« Eté 93 » de Carla Simon Pipo.Critique cinéma

Synopsis: Suite à la mort de ses parents, Frida, 6 ans, quitte Barcelone et part vivre à la campagne chez son oncle et sa tante et leur petite fille de 3 ans. Le temps d'un été, l'été 93, Frida apprendra à accepter son chagrin, et ses parents adoptifs apprendront à l'aimer comme leur propre fille.

La fiche du film

Le film : "Eté 93"
De : Carla Simon Pipó
Avec : Laia Artigas, Paula Blanco
Sortie le : 19/07/2017
Distribution : Pyramide Distribution
Durée : 98 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

Prix du meilleur premier film, Berlin 2017 – 

Je suis très partagé par ce film qui aborde le problème du deuil d’une petite fille et évite bien des écueils sur un sujet aussi grave et délicat. Il va juste au cœur de l’enfant qui du haut de son innocence cerne parfaitement les enjeux à venir. Confiée à sa tante, Anna retrouve une famille ordinaire avec une petite fille qui l’accueille comme sa grande sœur.

Rien de pathétique dans l’approche de la réalisatrice, beaucoup de vrai et de sincérité, mais aussi d’atermoiements et d’attentes autour d’une personnalité imaginée pour la dramaturgie à venir. Gâtée par son entourage, foncièrement égoïste, Anna se referme sur sa petite personne, et conteste sa nouvelle vie plus ou moins frontalement.

Elle s’évade dans sa tête, et la nature alentours, évite les regards, les questionnements et le mélange des genres. Anna vient de la grande ville, la campagne lui fait peur.Six ans, l’âge de la mutinerie aux yeux de Carla Simon Pipó qui s’appuie dit-on sur une expérience très personnelle pour rapporter avec précaution et sensibilité l’histoire de ce déracinement, de cet abandon.

Conflit latent, escarmouches sournoises, Anna multiplie les sources d’affrontements au cœur d’une famille pourtant très aimante et attentionnée. Les éclats sont rares, la demi-mesure tient lieu de réconfort dans cet espace à priori serein, confiné dans le bonheur ouaté d’un petit coin de nature.

Jusqu’au jour du trop plein, du ras le bol et de l’éclatement des sentiments pour lesquels la tata ne sait plus quoi faire. Carla Simon tient enfin son film à la bonne distance de tous ces protagonistes trop bien protégés par un scénario confortable. Elle touche le cœur du problème dans lequel la petite héroïne assume maintenant toutes ses relations conflictuelles et complices avec sa nouvelle famille, avant que la vie, le train train et le quotidien ne reprennent leur droit dans la reconnaissance de ce qui ne sera plus comme avant. Exceptionnelle depuis les premiers instants, la jeune Laia Artigas est à ce moment émouvante, bouleversante. Une vraie gamine de six ans !

 

Prix du meilleur premier film, Berlin 2017 -  Je suis très partagé par ce film qui aborde le problème du deuil d’une petite fille et évite bien des écueils sur un sujet aussi grave et délicat. Il va juste au cœur de l’enfant qui du haut de son innocence cerne parfaitement les enjeux à venir. Confiée à sa tante, Anna retrouve une famille ordinaire avec une petite fille qui l’accueille comme sa grande sœur. Rien de pathétique dans l’approche de la réalisatrice, beaucoup de vrai et de sincérité, mais aussi d’atermoiements et d’attentes autour d’une personnalité imaginée pour la dramaturgie…
Le film

S’inspirant d’une histoire très personnelle, la réalisatrice prend me semble-t-il beaucoup de précautions avant d’aborder frontalement le sujet de son film : le deuil d’une petite fille de six ans qui n’a pas connu son père et voit maintenant sa mère disparaître. On comprendra plus tard de quoi elle est morte. Carla Simon Pipo tisse autour de son héroïne une toile protectrice dans laquelle Anna va s’enfermer afin de répondre négativement à la nouvelle vie qui l’attend. C’est délicat, sensible et bien mené, mais avec beaucoup trop d’attente dans le développement des situations (il n’est pas question de dénouement) qui tardent à débloquer une issue bien balisée par un scénario confortable. Le sujet bien particulier était surtout très sensible. La réalisatrice en évite bien des écueils, mais à trop marcher sur la pointe des pieds, on ne sait plus très bien où on les pose. Exceptionnelle depuis les premiers instants, la jeune Laia Artigas connaît par contre très bien la meilleure façon de marcher dans ce monde qu’elle abordait pour la première fois : émouvante, bouleversante, une vraie gamine de six ans !

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