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« La Permission » de Soheil Beiraghi. Critique cinéma

Synopsis: Afrooz est la capitaine de l’équipe féminine de futsal en Iran. Après 11 ans de travail acharné, son rêve devient réalité : l’Iran est en finale de la Coupe d’Asie des nations. Mais au moment d’embarquer pour la Malaisie, son mari lui interdit de sortir du territoire…

La fiche du film

Le film : "La Permission"
De : Soheil Beiraghi
Avec : Baran Kosari, Amir Jadidi
Sortie le : 28/11/2018
Durée : 88 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film
  • L’histoire est véridique …

Après « No land’s song » de Ayat Najafi et « Une femme iranienne » de Negar Azarbayjani, la jeune réalisatrice Soheil Beiraghi signe un premier long-métrage sur l’émancipation de la femme iranienne. Le problème posé tient cette fois à l’individualité du sujet dont le comportement volontaire, fort et déterminé rejaillit immanquablement sur la collectivité.

Afrooz est la capitaine de l’équipe nationale de futsal, un sport qui s’apparente au foot, avec cinq joueurs évoluant sur un terrain d’handball.  Elle est une représentante éminente d’un pays qui s’apprête à jouer une finale internationale.

Mais une loi lui interdit de voyager sans l’autorisation du mari. Et celui-ci justement, s’oppose à ce déplacement. Ses raisons sont encore obscures, mais on comprend vite qu’il assouvit une vengeance froide, calculée et perverse. Il n’est plus question des droits de l’homme ou dans le cas précis, de la femme, mais des droits constitutifs de l’être humain.

L’héroïne n’est pas dans son droit, elle le sait aussi pertinemment qu’elle le revendique logiquement. Un contraste fort sans le moindre paradoxe taillade joliment ce visage déterminé au possible. Afrooz va se battre jusqu’au bout.

Ils se sont aimés et maintenant s’écharpent, sortent leurs griffes. Nocifs l’un pour l’autre, ils se balancent tout à la figure. Une situation assez commune pour un cas unique, exemplaire et très particulier que la réalisatrice élève à l’ensemble d’une communauté arc-boutée sur des principes iniques et imbéciles.

Dans les vestiaires et même sur le terrain la responsable de l’équipe traque les gestes intempestifs, le cheveu qui dépasse du voile ou la liesse trop marquée après une action victorieuse.

Ce même personnage extrêmement bien joué par Leili Rashidi va lui pourrir la vie et l’existence en prenant fait et cause pour la loi et le mâle dominant.

La réalisation sans grands effets (l’aspect sportif n’est pas très bien filmé) n’altère en rien la force de persuasion d’une héroïne que Baran Korasi incarne avec autant de force que son personnage a de persévérance et d’altruisme. Et l’époux est tout aussi grandiose dans l’interprétation qu’en fait Amir Jadidi, un mari cynique et ridicule dans son bon droit. C’est désespérant, mais pas le film !

L'histoire est véridique ... Après « No land’s song » de Ayat Najafi et « Une femme iranienne » de Negar Azarbayjani, la jeune réalisatrice Soheil Beiraghi signe un premier long-métrage sur l’émancipation de la femme iranienne. Le problème posé tient cette fois à l’individualité du sujet dont le comportement volontaire, fort et déterminé rejaillit immanquablement sur la collectivité. Afrooz est la capitaine de l’équipe nationale de futsal, un sport qui s’apparente au foot, avec cinq joueurs évoluant sur un terrain d’handball.  Elle est une représentante éminente d’un pays qui s’apprête à jouer une finale internationale. Mais une loi lui interdit de voyager…
Le film

Comme elle doit représenter son pays au cours d’une finale sportive internationale, Afrooz ne comprend pas l’interdiction légale que lui oppose son mari. Elle engage alors un bras de fer insensé avec l’homme qui a longtemps partagé sa vie. Prend-il une revanche ou lui fait-il payer une décision sur laquelle il espère que son épouse reviendra. C’est mal connaître l’héroïne de Soheil Beiraghi, une femme iranienne arc boutée sur le peu de reconnaissance que le pouvoir leur accorde. La jeune réalisatrice signe un premier long-métrage novateur sur l’émancipation de la femme iranienne. La réalisation sans grands effets (l’aspect sportif n’est pas très bien filmé) n’altère en rien la force de persuasion d’une héroïne que Baran Korasi incarne avec autant de force que son personnage a de persévérance et d’altruisme

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