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« Little big man » d’Artur Penn. Coffret Ultra-collector. Les suppléments.

Pour cette édition extraordinaire, je scinde pour la première fois de ma grande histoire une chronique en deux parties. Ici, la critique d’un chef d’œuvre, et ci-dessous ce qu’il faut retenir d’un coffret ultra-collector, riche de mille informations sur l’histoire de ce film pas comme les autres. On y voit notamment le réalisateur derrière et devant la caméra, sur les champs de bataille en train de régler quelques scènes ou derrière Dustin Hoffman son acteur-héros, un jeune homme à l’époque qui parle lui aussi merveilleusement bien de cette épopée. L’histoire d’un petit bonhomme qui allait faire un grand film.

LES SUPPLEMENTS

  • 2 DVD + 1 Blu-ray et Le livre «  Penser la spontanéité »
  • Préface de Philippe Rouyer (6.53 mn). En retraçant la filmographie de Arthur Penn, le critique relève que «  ce sont toujours des personnages en quête d’identité, en rupture avec leurs racines, des gens qui cherchent leur place dans la société ».

« Little big man » en est l’illustration parfaite. Sur le coup, Penn n’était pas conscient que ce qu’il filmait le renvoyait à son enfance «  le divorce de mes parents, les blancs et les indiens, papa et maman, le héros tiraillé entre les deux univers ». A sa sortie aucune nomination, sinon celle de l’Oscar du meilleur second rôle pour Chief Dan George le vieil indien .Aucun succès aux Etats-Unis, alors qu’il marche très bien ailleurs, et notamment en France. Il ressort aux USA et là, ça fonctionne enfin.

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  • Une épopée picaresque par Philippe Rouyer (23 mn). Penn voulait parler du génocide indien, mais venant de la part d’un blanc, ça le gênait. A la lecture de « Mémoire d’un visage pâle » de Thomas Berger, cette épopée picaresque lui convenait bien. Avec le point de vue du blanc qui avait quasiment vécu toute sa vie avec les indiens.

L’historien relate l’adaptation du livre à l’écran en évoquant les différences majeures, c’est très intéressant.Plus qu’un western il s’agit d’un film sur une guerre de colonisation, mais entre-temps d’autres réalisateurs se sont mis à démystifier l’Ouest, et ça Penn l’a un peu mauvaise  « Willie boy » de Barry Sullivan, «  Un homme nommé cheval » de Elliot Silverstein  et « Soldat bleu » de Ralph Nelson qui lui va dans le gore, la surenchère, il utilise de vrais handicapés, on assiste à des mutilations.

Philippe Rouyer revient aussi sur la résonnance avec le Vietnam, toute la politique étrangère des Etats Unis depuis 1945 qui est mise en question.

  • Arthur Penn, le réalisateur (24 mn). Un reportage sur le tournage au cours duquel le réalisateur évoque dans le détail son projet. C’est fabuleux«  Ce n’est pas un film hollywoodien classique, et encore moins un film historique » dit-il en soulignant les mensonges qui émaillent l’histoire des indiens. « Une certaine mythologie a vu le jour autour de Custer, elle était erronée, la mythologie réclame des héros » et Custer n’en était pas un.
Scène mythique, Faye Denaway, femme de pasteur passe au gant de crin notre héros encore puceau.
Scène mythique, Faye Denaway, femme de pasteur passe au gant de crin notre héros encore puceau.

On voit à plusieurs reprises Arthur Penn derrière la caméra, ou reprenant une scène, pas toujours très content (« quand même pas compliqué ce que je demande ») mais aussi ravi sur une scène de combat qu’il vit intensément, et y met fin en levant les bras en forme de v.

Maquillage. Hoffman est en train de prendre un coup de vieux, et ça le fait bien rire, avant que le comédien ne se mette à crier pendant plusieurs minutes pour s’érailler la voix et avoir celle d’un centenaire.

Dustin Hoffman est touchant sur la manière dont il doute beaucoup et se renseigne auprès de la monteuse qui est à New York (le tournage a lieu au Canada) si ses scènes fonctionnent bien «  je ne sais pas ce que je fais, je suis mon instinct ». L’attente d’une prochaine séquence l’ennuie particulièrement …Il est intéressant aussi d’entendre Arthur Penn évoquer les obligations d’un réalisateur auprès d’un acteur

  • Les multiples facettes de Dustin Hoffman (13  mn). On revient donc au maquillage d’un jeune homme devenu centenaire, (un moulage qui demande beaucoup de temps) avec les commentaires en voix off du comédien. On lui demande un moment de prendre une posture de vieux pour mieux dessiner le visage, «  Le plus intéressant pour un acteur c’est d’accepter d’être repoussant. »

On l’accompagne ensuite sur le tournage et c’est encore du bonheur avant qu’il ne retire son masque de vieux …

little big man 1970 real : arthur penn dustin hoffman COLLECTION CHRISTOPHEL

LE LIVRE

  • « Penser la spontanéité » 160 pages, 60 photos inédites. Plusieurs auteurs, plusieurs chapitres explorent l’univers d’un réalisateur qui bien qu’intégré au système hollywoodien, signait des productions très personnelles.

Il y a notamment une interview interminable et passionnante avec Robin Wood, le critique historien canadien, aujourd’hui disparu. Son  témoignage demeure essentiel sur le travail d’Arthur Penn.Des analyses cinématographiques, historiques complètent le volume, avec parfois des scènes dialoguées. Un grand bonheur.

Le livre est joliment édité, avec des photos couleurs d’une très grande beauté. Le plus souvent il s’agit du tournage du film.

 

Pour cette édition extraordinaire, je scinde pour la première fois de ma grande histoire une chronique en deux parties. Ici, la critique d'un chef d'œuvre, et ci-dessous ce qu'il faut retenir d'un coffret ultra-collector, riche de mille informations sur l'histoire de ce film pas comme les autres. On y voit notamment le réalisateur derrière et devant la caméra, sur les champs de bataille en train de régler quelques scènes ou derrière Dustin Hoffman son acteur-héros, un jeune homme à l'époque qui parle lui aussi merveilleusement bien de cette épopée. L'histoire d'un petit bonhomme qui allait faire un grand film. LES…
Le film
Les bonus



Avis bonus Rien que pour le chapitre sur Arthur Penn, making of avant la lettre, reportage sur le terrain, documentaire extraordinaire sur la manière de mettre en scène, c’est du cinq étoiles que le chapitre sur Dustin Hoffman complète amplement.

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