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« L’intégriste malgré lui » de Mira Nair. Critique VOD

Synopsis: Diplômé de Princeton, Changez, jeune Pakistanais et brillant élément, est engagé par une grosse firme de New York où il est chargé de maximiser la valeur d'entreprises en difficultés. Grassement payé, il rencontre Erica, une jeune photographe sophistiquée avec laquelle il noue une relation. Sa vie semble toute tracée jusqu'aux attentats du 11 septembre 2011, qui viennent bouleverser ses certitudes : harcelé par la police en raison de sa couleur de peau, il vit aussi très mal la paranoïa xénophobe qui l'entoure et s'interroge sur son identité...

La fiche du film

Le film : "L'Intégriste malgré lui"
De : Mira Nair
Avec : Riz Ahmed, Kate Hudson
Sortie le : 20/11/2016
Distribution :
Durée : 136 Minutes
Genre : Thriller
Type : Long-métrage
Le film

Le  titre, celui du livre de Mohsin Hamid dont il s’inspire, résume parfaitement le film. Un jeune homme pakistanais, totalement intégré, est rejeté par la société américaine après les attentats du 11 septembre. Mais le titre me parait malgré tout bien faible au regard de la belle adaptation de Mira Nair. L’histoire de Changez, de retour au pays, qu’il raconte à un journaliste américain. Celui-ci enquête sur l’enlèvement d’un confrère, enseignant à l’Université.

La situation pakistanaise est plus que tendue, la jeunesse manifeste quotidiennement son hostilité à la présence yankee. Changez ( Riz Ahmed) apparaît aux yeux du journaliste comme l’une des pierres angulaires de ce mouvement de contestation. Et sinon responsable, au moins très au fait de la disparition de son ami professeur.

Un profil pourtant bien éloigné de ses années d’études à Princeton où le jeune homme travaille très dur, pour atteindre le sommet d’une échelle sociale qui le conduit à manager des hommes qu’il ne verra peut-être jamais. La réussite totale pour ce pakistanais qui le 11 septembre 2011 assiste médusé à l’attaque terroriste.

Même sur les terrains de sports, il n'est plus le bienvenu
Même sur les terrains de sports, il n’est plus le bienvenu

« J’étais comme fasciné, imaginez l’audace » dit-il au journaliste ( Liev Schreiber) . « La cruauté d’un tel acte n’était surpassée que par son génie ».Changez ne cache pas l’importance de son rôle dans la vie sociale pakistanaise. Ses cours à l’université sont très prisés, peut-être pour sa rhétorique anti-américaine que relève le reporter. « Si vous n’êtes pas responsable de la disparition de votre confrère, pourquoi vous cacher ? ».

La réponse demeure en suspens dans un coin des Etats-Unis qui du jour au lendemain a arrêté de lui sourire. La couleur de sa peau l’accuse de tous les péchés du monde, le voue aux avanies. « Fatigué de devoir prouver l’improuvable » il affronte les dents serrées, les poings rentrés, cette paranoïa qui s’est emparée de tout un pays.

Même celle en qui il pouvait avoir confiance (Kate Hudson) parait ne pas pouvoir endiguer cette haine qui lui crache à la figure et le traite de tous les noms. Qui l’interpelle à tous les coins de rue pour un contrôle d’identité humiliant, qui n’en finit pas.

La jeunesse face à la police pakistanaise, Changez comprend, il ne l’arrêtera pas. Il défend son pays mais pas ses idéologues arcs boutés sur des principes qu’il récuse. Au chant du Coran il entend le discours de ses managers ( Kiefer Sutherland, redoutable ). Les mêmes valeurs fondamentalistes. Changez n’a pas choisi son camp, mais sa famille. Il n’est pas forcément un « malgré lui » mais plutôt un malgré tout. La libération est en marche…

Le  titre, celui du livre de Mohsin Hamid dont il s’inspire, résume parfaitement le film. Un jeune homme pakistanais, totalement intégré, est rejeté par la société américaine après les attentats du 11 septembre. Mais le titre me parait malgré tout bien faible au regard de la belle adaptation de Mira Nair. L'histoire de Changez, de retour au pays, qu'il raconte à un journaliste américain. Celui-ci enquête sur l’enlèvement d’un confrère, enseignant à l’Université. La situation pakistanaise est plus que tendue, la jeunesse manifeste quotidiennement son hostilité à la présence yankee. Changez ( Riz Ahmed) apparaît aux yeux du journaliste comme…
Le film

Un pakistanais, employé dans une très grande entreprise américaine, se retrouve prisonnier d’un système qui l’accuse de tous les maux, en raison de la couleur de sa peau et des attentats menés par des gens de la même couleur de peau, de la même religion, du même pays… Il avait dépassé le rêve américain et le voici confronté à l’arrogance aveugle d’un pays qui le pousse à revenir à ses origines et à adopter un mode de pensée qu’il n’imaginait pas vraiment. Changez ne sera pas un terroriste, mais un idéaliste désormais forcené, un intégriste malgré lui. La thèse peut paraître un peu fumeuse, mais assez vraisemblable surtout de la façon dont la conduit la réalisatrice qui raconte son histoire à travers l’interview d' un journaliste américain après l’enlèvement d’un confrère à l’Université. Cette rencontre, c’est l’histoire des relations entre les Etats-Unis et les peuples du Moyen Orient, le point d’ancrage d’un bilan d’une vie à peine entamée pour un héros dont l’identité est désormais fortement remise en question. Riz Ahmed est plus que convaincant.

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