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« Inherent vice » de Paul Thomas Anderson. Critique cinéma

Synopsis: L'ex-petite amie du détective privé Doc Sportello lui raconte qu'elle est tombée amoureuse d'un promoteur immobilier milliardaire : elle craint que l'épouse de ce dernier et son amant ne conspirent tous les deux pour faire interner le milliardaire... Mais ce n'est pas si simple...

La fiche du film

Le film : "Inherent Vice"
De : Paul Thomas Anderson
Avec : Joaquin Phoenix, Josh Brolin
Sortie le : 04/03/2015
Distribution : Warner Bros. France
Durée : 149 Minutes
Genre : Comédie, Policier, Drame
Type : Long-métrage
Le film

Le titre ferait référence à un terme technique de la marine qui englobe la marchandise qui ne peut être garantie : la vaisselle, les œufs… Comme il est question à un moment d’un bateau affrété par des dentistes véreux  on peut penser que le rapport existe . Mais dans mon anglais approximatif, j’y entends et surtout j’y vois autre chose, que le  film de Paul Thomas Anderson situe dans les années psychédéliques de la fin des sixties. La fumette et autres pratiques illicites y étaient monnaie courante et je ne serais pas surpris que le réalisateur, et ses comédiens se soient réellement pris au jeu de la reconstitution d’époque.

C’est un récit quasiment sous hypnose que nous livre ce film très inspiré par le roman de l’énigmatique Thomas Pynchon, tout aussi énigmatique que ce film prétentieux dans sa longueur et sa mise en scène. Pour simplifier le récit qui ne l’est pas vraiment, rappelons qu’en 1970 à Los Angeles, l’enquête de Doc Sportello  sur la mystérieuse disparition du milliardaire Mickey Wolfmann l’entraîne dans les bas-fonds d’une affaire criminelle qui n’en finit pas.

Le film est bien du même tonneau. Il se traîne à l’image des voix off plus nasillardes les unes que les autres, adoptant un accent de circonstance : nous sommes quand même dans un film qui se veut policier, un peu noir, bien barré, pour ne pas dire déjanté. Des intentions qui habituellement ne me déplaisent pas quand elles sont inscrites dans une réelle perspective cinématographique.

Le héros en compagnie d'un saxophoniste potentiellement mort : Owen Wilson
Le héros en compagnie d’un saxophoniste potentiellement mort : Owen Wilson

Là j’y vois de l’approximation (dans le montage notamment), du remplissage (le ventre mou est vraiment mou) et des comédiens qui semblent se demander s’ils ne fument pas n’importe quoi. Même Joaquim Phoenix tout à fait correct, a parfois des allures de jardinier baba cool cultivant ses fleurs de cannabis. Martin Short en dentiste pervers est tout à fait ahurissant. Il faut croire que Pynchon avait quelques comptes à régler avec les arracheurs de dents.

Bien évidemment sur la longueur (150 mn), Paul Thomas Anderson se rappelle à notre bon souvenir, dans des séquences le plus souvent drôles. Mais le ton monocorde – le final excepté- rend l’ensemble plutôt flasque ; on se perd dans toutes ces situations aux ramifications à peine esquissées par des personnages tout aussi fantomatiques. Josh Brolin dans le rôle du flic à qui on ne le fait pas en rajoute, à l’image des femmes-potiche au postérieur toujours mis en valeur.

Le décor est bien celui d’une hallucination collective, puisque le but de toute l’opération est de permettre à notre héros de retrouver son ex (Katherine Waterston, joli corps), parti avec le fameux milliardaire disparu. Ca y est, je crois que je viens de comprendre l’histoire. Mais tout ça pour ça !

Le titre ferait référence à un terme technique de la marine qui englobe la marchandise qui ne peut être garantie : la vaisselle, les œufs… Comme il est question à un moment d'un bateau affrété par des dentistes véreux  on peut penser que le rapport existe . Mais dans mon anglais approximatif, j’y entends et surtout j’y vois autre chose, que le  film de Paul Thomas Anderson situe dans les années psychédéliques de la fin des sixties. La fumette et autres pratiques illicites y étaient monnaie courante et je ne serais pas surpris que le réalisateur, et ses comédiens se soient…

Review Overview

Le film

C’est quand même bizarre qu’en faisant étalage d’un tel talent Paul Thomas Anderson rende à peine lisible ce récit d’une enquête menée sous produits illicites par un Joaquim Phoenix tout aussi allumé. Comme si la fumette avait contaminé le plateau et rendu les comédiens apathiques. La mise en scène le plus souvent flasque ne fait rien pour arranger la compréhension du pauvre spectateur égaré dans les arcanes d’une époque aussi psychédélique que le film. Malgré quelques fulgurances, on s’ennuie beaucoup.

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5 Commentaires

  1. J’ai vu le film il y a déjà plusieurs jours et j’ai failli raté le commentaire, c’est significatif. Car, c’est un film dont j’attendais beaucoup et c’est une déception. Pourquoi nous perdre à ce point ? L’humour, très souvent présent, ne rattrape pas tout et le film dure bien trop longtemps. Prétentieux est bien l’adjectif qui correspond le mieux à ce film. J’en suis désolé pour ami que j’avais entraîné dans cette galère.

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