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« A tout jamais » de Nic Balthazar . Critique cinéma

Synopsis: Thomas, Mario, Lynn et Speck forment une bande de joyeux drilles, jeunes, un peu dingues et révolutionnaires. Le temps passe et chacun suit son chemin. Mario se marie, a un enfant, puis divorce, avant qu’on lui diagnostique une sclérose en plaques. Chaque jour, son état se détériore, chaque jour, il perd un peu de l’indépendance qu’il chérit tant. Encore animé par les convictions politiques de sa jeunesse, il se lance dans une lutte pour que soit reconnu en Belgique le droit à l’euthanasie.

La fiche du film

Le film : "A tout jamais"
De : Nic Balthazar
Avec : Koen De Graeve, Geert Van Rampelberg
Sortie le : 11/03/2015
Distribution : Bodega Films
Durée : 118 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

Ca commence joyeusement foutraque pour dire que l’amitié ça a vraiment du bon. Que les copains en goguette, jamais cela ne devrait s’arrêter. Nic Balthazar est un communiquant, persuasif. Et un réalisateur attentif aux soubresauts de la vie, même quand elle va mal.

Ce qu’il advient à Mario, de la bande. Sclérose en plaque, et tous les copains à son chevet, Thomas devenu toubib, Glenn le kiné, et même Schleck le philosophe qui philosophe pour remettre le monde à niveau. Car si Mario souffre dans sa chair, tout le monde en  prend pour son grade dans cette dérive déshumanisée.

On déconne toujours autant, mais le rire est moins présent. On tente d’en faire encore une et puis, tant que ça ira, ça ira, après on verra dit Mario qui n’entend pas être malade toute sa vie. Pour en finir avec, on n’en parle qu’à demi-mots, mais le copain docteur ne l’entend pas de cette oreille. C’est pas son job que d’arrêter le cour normal de l’existence. Il promet de l’aider comme il promet à ses parents de leur venir en aide. Mais pour l’un, comme pour les autres, comment ? Plus qu’un dilemme, un rappel à l’ordre de la solidarité de toujours.

Elle s’apparente peut-être désormais à l’entraide nouvelle qui voit le jour autour de leur ami. Un thème habilement mêlé à celui de l’euthanasie, de manière très fictionnelle (alors que l’histoire est réelle)  au sein d’un vrai débat sur la fin de vie. Peut-être moins  romancé que « Quelques heures de printemps » de Stéphane Brizé avec Vincent Lindon, moins abrupt que « Miele » de Valeria Golino, deux films tout aussi puissants sur le même sujet auquel Nic Balthazar  se mêle de fort belle manière.

Des instants de belle complicité avec son fils
Des instants de belle complicité avec son fils

Il reste encore le ton de l’amitié, cette légèreté qui nous faire rire d’un rien, ces regards complices qui font l’entente, et tous les copains autour de Mario, des scènes fraternelles qui font du bien, d’une belle et intense émotion. Dommage que Balthazar se laisse parfois prendre au pathétique des situations, et laisse sa caméra revenir sur l’accablement de plus en plus visible du malade.

Le réalisateur est beaucoup plus à l’aise quand il observe Mario et son fils, ou la copine de toujours, qui veut bien aimer la terre entière. Lotte Pinoy est vraiment touchante dans son rôle de grande sœur amante, et tous les comédiens lui emboîtent le pas. A commencer  par Koen De Graeve, dans le rôle principal, mais aussi son pote si proche Geert Van Rampelberg, ou bien encore les parents de Mario, Michel van Dousselaere et Viviane De Muynck. Des noms peu communs dans notre cinéma français, mais quelle tenue !

Ca commence joyeusement foutraque pour dire que l’amitié ça a vraiment du bon. Que les copains en goguette, jamais cela ne devrait s’arrêter. Nic Balthazar est un communiquant, persuasif. Et un réalisateur attentif aux soubresauts de la vie, même quand elle va mal. Ce qu’il advient à Mario, de la bande. Sclérose en plaque, et tous les copains à son chevet, Thomas devenu toubib, Glenn le kiné, et même Schleck le philosophe qui philosophe pour remettre le monde à niveau. Car si Mario souffre dans sa chair, tout le monde en  prend pour son grade dans cette dérive déshumanisée. On…

Review Overview

Le film

Les thèmes de l’euthanasie et de la solidarité  sont ici traités avec beaucoup d’attention de la part d’un réalisateur un peu trop compatissant parfois. Une ou deux scènes supprimées et un final moins pathétique auraient encore donné plus de poids à un film totalement empreint d’une vérité première sur le problème que pose la fin de vie , quand celle-ci devient un calvaire. Rien de pesant, ni de larmoyant (la fin exceptée), mais un regard empreint d’humanisme et l’assurance que l’amitié, les copains, ça vous marque pour la vie. Une histoire vraie que le cinéaste rapporte avec une belle envie de poser les termes d’un débat toujours d’actualité sur la fin de vie. Les comédiens, peu connus en France sont formidables

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