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« Foxtrot » de Samuel Maoz. Critique cinéma

Un checkpoint au milieu de nulle part

Synopsis: Michael et Dafna, mariés depuis 30 ans, mènent une vie heureuse à Tel Aviv. Leur fils aîné Yonatan effectue son service militaire sur un poste frontière, en plein désert. Un matin, des soldats sonnent à la porte du foyer familial. Le choc de l’annonce va réveiller chez Michael une blessure profonde, enfouie depuis toujours.

La fiche du film

Le film : "Foxtrot"
De : Samuel Maoz
Avec : Lior Ashkenazi, Sarah Adler
Sortie le : 25/04/2018
Durée : 113 Minutes
Genre : Drame, Guerre
Type : Long-métrage
le film

Mostra de Venise, 2017, Grand prix du Jury .-

8 Ophir (Israël) dont celui du meilleur film.—-

Samuel Maoz impose à sa communauté un cinéma d’une grande exigence. Et à l’ensemble des spectateurs aussi, un brin déstabilisés par ce regard peu conventionnel sur une armée et son pays . Israël, où le réalisateur imagine une ligne de démarcation au milieu de nulle part. Le désert absolu.

Quelques jeunes militaires montent la garde, filtrant les automobilistes venant de Palestine. Leur poste de surveillance est une vague cahute qui peu à peu s’enfonce dans la glaise et l’eau stagnante. Il y a peu de passage, les hommes s’ennuient.

Maoz nous conte les aventures du soldat Yonatan, sentinelle perdue sur cette frontière imaginée par des supérieurs ridicules. Quand l’un d’entre eux se perd sur la zone – pour une inspection bien particulière – on ne peut s’empêcher de rire à la vue de ses chaussures impeccablement cirées. Très vite, elles adoptent la boue collée aux rangers de ses subordonnés.

Le merdier dans toute sa splendeur. Entre le tragique de la situation et le burlesque de son application, Samuel Maoz donne à voir un monde totalement absurde où la guerre demeure non seulement une connerie, mais une vérité première du déficit chronique de l’humanité.

Dans la famille du soldat Yonatan on s’inquiète, sans rien savoir des conditions de vie du fiston. L’appartement est froid, le couple l’est tout autant. Dans le pays, le malaise est général. Il devient tragique aux confins de ces deux états où à force de suspicion et de racisme institutionnalisé, le drame devient inévitable.

On le cache coûte que coûte, de manière aussi sommaire que ridicule (à l’image de notre officier supérieur présent pour l’occasion) donnant à l’expression commune toute sa raison d’être. On enterre l’affaire et avec elle une vérité métaphorique.

A l’aide d’une canette qui roule sur le sol, ils évaluent à quelle vitesse leur cabane est en train de sombrer…

Ce film est une œuvre puissante, irrationnelle qui décuple par son minimalisme les intentions et la réalisation d’un cinéaste à nul autre pareil. La direction d’acteurs est tout aussi pertinente : Lior Ashkenazi, Sarah Adler, Yonaton Shiray… Si ces noms ne vous disent rien, il est encore temps de savoir pourquoi !

  • Le conflit Israélo-Palestinien dans ce blog :

« Mon fils » de Eran Riklis

« Bethléem » de Yuval Adler

« Room 514 » de Sharon Bar-Ziv

« Les voisins de Dieu » de Meny Yaesh

« L’attentat » de Ziad Doueiri

« Alata » de Michael Mayer

« Le policier » de Nadav Lapid

« Une bouteille à la mer » de Thierry Binisti

« Le cochon de Gaza » de Sylvain Estibal

Mostra de Venise, 2017, Grand prix du Jury .- 8 Ophir (Israël) dont celui du meilleur film.---- Samuel Maoz impose à sa communauté un cinéma d’une grande exigence. Et à l'ensemble des spectateurs aussi, un brin déstabilisés par ce regard peu conventionnel sur une armée et son pays . Israël, où le réalisateur imagine une ligne de démarcation au milieu de nulle part. Le désert absolu. Quelques jeunes militaires montent la garde, filtrant les automobilistes venant de Palestine. Leur poste de surveillance est une vague cahute qui peu à peu s’enfonce dans la glaise et l’eau stagnante. Il y a peu de…
le film

Une grande exigence de cinéma qui peine à trouver son rythme, mais l'atteint assez vite sur un jeu d'acteurs irréprochable et un sujet (éculé) qui retrouve sous l'œil du réalisateur une vigueur inédite. Un brin ascétique, la mise en scène n'en demeure pas moins forte et intelligente pour dire encore que la guerre, cette connerie... Et même beaucoup plus tant l’œuvre est puissante, irrationnelle au regard d’un cinéma beaucoup plus démonstratif, mais qui décuple par son minimalisme les intentions et la réalisation d’un cinéaste à nul autre pareille. Ses films ne ressemblent à aucun autre cinéma…

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« Everybody knows » de Asghar Farhadi. Critique cinéma

Présenté en ouverture au Festival de Cannes, ce film est en compétition. Il le restera, je suppose

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