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« Le Bateau Phare » de Jerzy Skolimowski. Critique dvd

  • Prix spécial du Jury de la Mostra de Venise en 1985 . –
  • D’après l’œuvre de Siegfried Lenz. –
  • Sortie DVD- Blu-ray : 02 juillet . –
  • Acteurs : Robert Duvall, Klaus Maria Brandauer, William Forsythe
  • Réalisateur : Jerzy Skolimowski
  • Audio : Anglais (Dolby Digital 5.1), Anglais (Dolby Digital 2.0 Mono), Français (Dolby Digital 5.1), Français (Dolby Digital 2.0 Mono)
  • Sous-titres : Français
  • Studio : L’Atelier d’Images-Malavida
  • Durée : 89 minutes

Une curiosité en soi. Un bateau conçu pour ne pas bouger. Ou si peu. Un attrait supplémentaire pour le cinéma dont s’empare Hollywood où un réalisateur polonais adapte le roman d’un écrivain allemand.

Sur une telle concorde, l’œuvre prend le large en haute mer où l’objet du récit a jeté l’amarre. Un capitaine garde-côte au passé maladroit vient d’y récupérer son fils en mauvaise posture sur la terre ferme. L’entente entre les deux hommes n’est pas évidente mais l’heure est à l’apaisement.

Le bateau-phare entame une nouvelle journée de veille et de protection. La radio annonce une attaque à main armée, d’un important établissement financier. On décrit les hommes, on ignore la direction de fuite.

Effectivement le Dr Caspary a bien pris les commandes d’un bateau immobile

Miller n’a pas besoin de rechercher très loin dans sa mémoire, le trio de malfaiteurs est là devant lui, en rade dans leur embarcation calaminée. Trois hommes déterminés à sauver leur peau quand l’assistance maritime ordonne un rappel sur le continent.

Pour le docteur Caspary, tête pensante, il n’en est pas question. Il ne faut prévenir personne et réparer par ses propres soins. Le tout confiné dans un habitacle réduit, un espace minimum, un huis-clos en sursis.

Ce que Jerzy Skolimowski élabore de manière évidente en confrontant mental et physique dans des face à face et des corps à corps de plus en plus violents.

Le duel bavard que se livrent le capitaine et le docteur, c’est pour le cinéma du pain béni : Klaus Maria Brandauer et Robert Duvall ( cynique au possible, génial ) s’en donnent à cœur joie quand la petite histoire nous apprend que dans les coulisses la tension était du même acabit.

Entre les deux, le gamin, Alex  ( Michael Lyndon) a bien du mal à trouver sa place, mais sa seule présence, innocent et témoin justifie le regard que le réalisateur ( qui est aussi son père ) porte sur les événements.

Ceux provoqués par les sbires du docteur, deux frères gentiment fou-dingues, dangereux au possible, et cette vieille histoire ajoutée au CV du capitaine, que le fiston ravive de manière incontrôlée.

L’équipage tente quelques parades pour venir à bout des intrus

En très peu de temps Jerzy Skolimowski dresse ainsi le constat d’un monde absurde, où la quête du père, son identité, sa raison d’être, pourrait cimenter sa reconstruction. C’était un temps à ne pas mettre un bateau-phare dehors !

LES SUPPLEMENTS

Il y a une brève présentation du film par Jerzy Skolimowski, lors d’une séance publique et l’interview par Stéphane Goudet.

«  J’avais le complexe de n’être pas comme mon père , complexe que j’ai exagéré dans le personnage du capitaine qui joue un lâche. (… ) Duvall et Brandauer voulaient savoir qui allait à voir le rôle le plus important, c’était très tendu entre eux et ça a aidé le film, surtout que  à quelques jours du tournage j’ai inversé les rôles, ce que Duvall a très bien accepté, mais pas Brandauer, qui m’en a voulu pendant le tournage ».

Prix spécial du Jury de la Mostra de Venise en 1985 . - D’après l’œuvre de Siegfried Lenz. - Sortie DVD- Blu-ray : 02 juillet . - Acteurs : Robert Duvall, Klaus Maria Brandauer, William Forsythe Réalisateur : Jerzy Skolimowski Audio : Anglais (Dolby Digital 5.1), Anglais (Dolby Digital 2.0 Mono), Français (Dolby Digital 5.1), Français (Dolby Digital 2.0 Mono) Sous-titres : Français Studio : L'Atelier d'Images-Malavida Durée : 89 minutes Une curiosité en soi. Un bateau conçu pour ne pas bouger. Ou si peu. Un attrait supplémentaire pour le cinéma dont s’empare Hollywood où un réalisateur polonais adapte le roman d’un écrivain allemand. Sur une telle concorde, l’œuvre prend le…
Le film
Les bonus

Un huis clos original, renforcé par la promiscuité du bateau et la présence menaçante des malfaiteurs. Et puis Robert Duvall, démoniaque à souhait, face  à Klaus Maria Brandauer dont la retenue tient à ses responsabilités de capitaine garde-côte du navire. Un trio de malfrats le prend en otage après une fuite ratée lors d’une attaque de banque. Des situations absurdes aux corps à corp violents, Jerzy Skolimowski filme la complexité des rapports déviants avec un naturalisme quasi manichéen. Et ça fonctionne très bien puisque la nature des confrontations ( pourtant cruelles, voire mortelles ) s’oppose elle-même à ce qui pourrait être le vrai sujet du film : la quête du père. Là encore le cinéaste n’en fait pas trop mais la force de son regard, la tension de sa mise en scène, la pertinence du jeu des acteurs assurent le liant entre les différents thèmes abordés. Du bel art…

AVIS BONUS Quelques mots du réalisateur qui en disent beaucoup …

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