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« Des oiseaux, petits et grands » de Pier Paolo Pasolini. Critique cinéma

Synopsis: Un corbeau qui parle tente d’initier deux voyageurs, un père et son fils, aux choses de la vie. Devant leur ignorance, il leur raconte  l'histoire de saint François d’Assise qui, jadis, envoya deux moines évangéliser les oiseaux. Les gros comme les petits...

La fiche du film

Le film : "Des oiseaux petits et grands"
De : Pier Paolo Pasolini
Avec : Totò, Ninetto Davoli
Sortie le : 13/05/1966
Distribution : Carlotta Films
Durée : 89 Minutes
Genre : Comédie dramatique
Type : Long-métrage
Le film

François d’Assise au cinéma ne m’a jamais passionné. A ce jour, deux repères au compteur : « L’ami, François d’Assise et ses frères » de Renaud Fely et Arnaud Louvet et « Les Onze Fioretti de François d’Assise » de Roberto Rossellini.

Ce dernier aurait influencé Pasolini qui me rabiboche avec le saint homme. On le retrouve au cœur d’une fable animale, à moins que celle-ci, travestie, ne se réfère à la légende des hommes.

Imaginez ainsi un corbeau qui entreprend deux marcheurs, un père et son fils . Il les convainc d’aller à leur tour porter la bonne parole aux faucons, puis aux moineaux, à la manière de François d’Assise.

L’homme est joué par Toto, célèbre acteur du moment, d’une drôlerie naturelle à la façon Charlot. Il lui emprunte quelques facéties, et un peu de la démarche pour donner à son personnage la nonchalance exigée par la mission.

C’est amusant, très fin, surtout que son acolyte de fiston relaie ses mimiques et commentaires de façon tout aussi olé-olé. C’est Ninetto Davoli qui alors débute dans le métier et deviendra un fidèle du réalisateur italien.

En attendant, le trio fait merveille dans cette transcription évangélique qui se moque et ironise sur l’inégalité des classes, quand le riche meurt en payant sa dette à la vie face au pauvre qui paie tout autant, mais sans jamais n’avoir rien reçu.

Voici donc nos deux hommes habillés en moine qui cherchent vainement à s’entretenir avec le moindre des volatiles. Certaines séquences sont épiques et celle des fidèles chassés de leur bigoterie est édifiante, à l’égal de la décharge publique . Là où Toto tente de se soulager.

Le peuple ici n’a plus sa place nous dit Pasolini qui s’en remet alors au bon sens populaire pour asseoir une religion sans dieu, ni maître.  Avec ce final tout à fait Chaplinesque, sauf que les deux héros font un détour chez la pute. Ils ont quitté la bure mais gardent la foi  …

Noir & Blanc-musique Ennio Morricone.- Reprise en salles : 20 Juillet 2022 François d’Assise au cinéma ne m’a jamais passionné. A ce jour, deux repères au compteur : « L’ami, François d’Assise et ses frères » de Renaud Fely et Arnaud Louvet et « Les Onze Fioretti de François d’Assise » de Roberto Rossellini. Ce dernier aurait influencé Pasolini qui me rabiboche avec le saint homme. On le retrouve au cœur d’une fable animale, à moins que celle-ci, travestie, ne se réfère à la légende des hommes. Imaginez ainsi un corbeau qui entreprend deux marcheurs, un père et son fils .…
Le film

De la comédie philosophique à la fable politique Pasolini révèle une légèreté inattendue de la part d’un réalisateur que l’on dit bien souvent à tort, austère. Mais ici, le cinéaste balance tous les codes de la bonne conduite pour dire comment le peuple se sent ballotté par l’humeur morose du moment. C’est sous la forme d’une fable animale qu’il entreprend son œuvre qui peu à peu rejoint habilement  la légende des hommes. Nos deux héros devenus moines à la demande du corbeau «  qui sait tout » prêchent ainsi le monde des volatiles dans l’espoir de les ramener au bercail. La métaphore succède à d’autres allégories où Marx réussit à glisser un mot. C’est du Pasolini. Toto, célèbre acteur du moment, est d’une drôlerie naturelle à la façon Charlot. Son acolyte relaie ses mimiques et commentaires de façon tout aussi olé-olé. C’est Ninetto Davoli qui alors débute dans le métier et deviendra un fidèle du réalisateur italien. De l’absurde au burlesque, de la réflexion à la méditation préventive Pasolini se donne bien du plaisir et nous en procure énormément.

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