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« Carré 35 » de Eric Caravaca. Critique cinéma

Synopsis: « Carré 35 est un lieu qui n'a jamais été nommé dans ma famille ; c'est là qu'est enterrée ma sœur aînée, morte à l'âge de trois ans. Cette sœur dont on ne m'a rien dit ou presque, et dont mes parents n'avaient curieusement gardé aucune photographie. C'est pour combler cette absence d'image que j'ai entrepris ce film... »

La fiche du film

Le film : "Carré 35"
De : Eric Caravaca
Avec : Mr et Mme Caravaca
Sortie le : 01/11/2017
Distribution : Pyramide Distribution
Durée : 67 Minutes
Genre : Documentaire
Type : Long-métrage
Le documentaire

C’est une histoire très intime, familiale, merveilleusement racontée, mais douloureuse dans ses révélations. Un secret de famille que le comédien Eric Caravaca découvre sur le tard, à petits mots et sans grande explication.

« C’était une enfant fragile, je n’ai pas de regret, c’est le bon Dieu qui me l’a enlevée ».

A la mort de cette grande sœur ignorée, sa mère a brûlé toutes les photos, détruit les films Super 8 et fait cadeau de la caméra. « A quoi tout ça aurait-il servi ? » répond-elle à son fils décontenancé.

Son amertume, son désespoir, s’affichent dans cette quête qu’il entreprend alors à la lecture des passeports d’autrefois, des tampons révélateurs du passé marocain de ses parents, à Casablanca où la petite fille a vu le jour. Trois ans plus tard, ces mêmes papiers ne parlent plus. On a maladroitement biffé les prénoms du père et de la mère, direction Alger.

Là où le couple a dû se refaire une nouvelle vie, mais la caméra Super 8 n’est plus là pour témoigner. Les actualités TV ont pris le relais et le cours d’une Histoire qui pour la France va se dégradant. Les événements tragiques de la décolonisation (1954) se heurtent à la destinée de sa famille.

Eric Caravaca joue habilement sur le documentaire une gamme plutôt originale, voire inédite. Même l’intervention de ses proches tient plus de la confession que du témoignage. Celui de sa maman est pourtant éloquent dans le déni d’une existence brisée dès la petite enfance.

« Elle n’était pas normale ? » interroge-t-il encore quand l’évidence ne fait plus de doute. Elle parlait, elle marchait… répond la vieille dame, hésitante. « J’aurais eu un certificat me disant qu’elle n’était pas normale ».

Dans ces instants de malaise silencieux, la caméra reste coite, comme en attente d’une vérité, d’une révélation.

Ingénieur BTP, le papa d’origine marocaine, aura eu de nombreuses affectations dont la France où vont naître ses deux garçons.

Que le réalisateur déniche au cours de ses escapades marocaines. Un cimetière européen, le « carré 35 » où sa « grande » sœur est enterrée. Il l’a enfin retrouvée, malgré la photo sur le marbre blanc arrachée. Tout près de cette épitaphe pour une petite « fauvette » cousue par une histoire secrète comme les familles savent en dissimuler.

En déroulant le fil d’une vie oubliée, « j’ai ouvert une porte dérobée sur un vécu que j’ignorais, sur cette mémoire inconsciente qui est en chacun de nous et qui fait ce que nous sommes ».

C’est une histoire très intime, familiale, merveilleusement racontée, mais douloureuse dans ses révélations. Un secret de famille que le comédien Eric Caravaca découvre sur le tard, à petits mots et sans grande explication. « C’était une enfant fragile, je n’ai pas de regret, c’est le bon Dieu qui me l’a enlevée ». A la mort de cette grande sœur ignorée, sa mère a brûlé toutes les photos, détruit les films Super 8 et fait cadeau de la caméra. « A quoi tout ça aurait-il servi ? » répond-elle à son fils décontenancé. Son amertume, son désespoir, s’affichent dans cette quête qu’il entreprend alors…
Le documentaire

C’est son histoire intime, très personnelle que le réalisateur-comédien Eric Caravaca nous propose de découvrir en le suivant sur les traces d’une grande sœur ignorée, morte à trois ans à Casablanca et dont sa mère ne lui a jamais réellement parlé. Le jour où il décide d’aller à sa rencontre, le réalisateur puise au plus profond de sa famille. Il interview l’un de ses oncles qui a bien connu sa sœur, mais surtout de sa mère et de son père qui décèdera pendant le tournage et qu’il filme sur son lit de mort. Des rencontres afin de déceler la part du mystère familiale et les raisons qui ont conduit ses parents à faire ainsi table rase du passé. C’est une histoire familiale merveilleusement racontée, mais tout aussi douloureuse. Un album de famille que l’on ne se serait pas permis d’ouvrir si le principal intéressé ne l’avait pas fait en nous guidant dans les arcanes d’un passé où la grande Histoire heurtait celle de sa famille. Il sait comment l’un ne pouvait aller sans l’autre.  Eric Caravaca joue sur le documentaire une gamme plutôt originale, voire inédite.

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