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« 12 jours  » de Raymond Depardon. Critique cinéma

Synopsis: Avant 12 jours, les personnes hospitalisées en psychiatrie sans leur consentement sont présentées en audience, d’un côté un juge, de l’autre un patient, entre eux naît un dialogue sur le sens de la vie.

La fiche du film

Le film : "12 Jours"
De : Raymond Depardon
Avec :
Sortie le : 29/11/2017
Durée : 87 Minutes
Genre : Documentaire
Type : Long-métrage
Le documentaire

Avec « Carré 35 » je me demande toujours de quel droit je m’immisce dans la vie de la famille Caravaca, si ce n’est celui que m’accorde l’un des fils, Eric,  en ouvrant son livre de souvenirs, en quête d’une photo manquante. Un pan de sa vie. Il m’invite à prendre part aux recherches, me prend à témoin d’une Histoire à laquelle ses ancêtres ont participé et qu’il perpétue en ma compagnie. De nombreux spectateurs suivent encore aujourd’hui ce cheminement aussi personnel qu’universel. Un succès mérité.

La démarche de Depardon tout aussi intime dans ses révélations est beaucoup moins évidente dans ses convictions. Il est le réceptacle d’un monde malheureux, chamboulé, la chambre d’échos atténués d’un univers psychiatrique où les cellules de contention sont devenues des salons d’apaisement, ouverts sur des couloirs à la propreté Sofitel.

Ce survol des lieux pour nous mener devant le juge des libertés qui depuis quatre ans maintenant opère dans le cadre d’une loi nouvelle sur les libertés du malade. Elle oblige le psychiatre à présenter avant douze jours les raisons pour lesquelles son patient est hospitalisé sous contrainte et doit le rester. Ou pas.

                 Très rares apartés dans l’univers psychiatrique, où la propreté des lieux est remarquable…

Auparavant, l’homme de science était seul maître à bord. C’est peut-être pourquoi les fous ne sont plus aliénés, mais des patients qui ont leurs mots à dire. Ce que Depardon filme sans restriction, mais si consciencieusement qu’on en oublie l’objet de son déplacement pour mieux s’intéresser aux cas cliniques des intervenants.

Délire de persécution, extrême fatigue, schizophrénie, … les séquelles de leur comportement laissent poindre en filigrane les avatars d’un système hospitalier qui les renvoie devant un juge quand ils n’aspirent qu’à la liberté. On comprend que celle-ci ne peut s’accorder sans réelle garantie pour leur propre existence et assurance pour le monde extérieur, mais la vraie question posée par ce documentaire est bien ce droit à disposer de soi.

Quelles en sont les contraintes, les limites, la raison peut-elle l’emporter sur le sentiment, et si oui à quel titre, quand l’un d’entre eux parle « d’un abus de pouvoir » de la part des psychiatres, puis du juge.

Se défendant de toute implication médicale qui n’est pas de son ressort, l’homme ou la femme de loi répète qu’il ou elle ne fait que « vérifier la régularité de la procédure ». Il ou elle n’a pas d’hermine, ni de robe, le prétoire est un simple bureau administratif. Ce qui peut inciter à prendre la tangente des événements pour tenter de renouer avec cet univers très partiel du monde psychiatrique que Raymond Depardon sollicite à travers une loi et son application. C’est certainement très louable …

Avec « Carré 35 » je me demande toujours de quel droit je m’immisce dans la vie de la famille Caravaca, si ce n’est celui que m’accorde l’un des fils, Eric,  en ouvrant son livre de souvenirs, en quête d’une photo manquante. Un pan de sa vie. Il m’invite à prendre part aux recherches, me prend à témoin d’une Histoire à laquelle ses ancêtres ont participé et qu’il perpétue en ma compagnie. De nombreux spectateurs suivent encore aujourd’hui ce cheminement aussi personnel qu’universel. Un succès mérité. La démarche de Depardon tout aussi intime dans ses révélations est beaucoup moins évidente dans ses…
Le documentaire

J’ai connu Raymond Depardon plus inspiré, plus impliqué dans sa quête d’une humanité différente, et donc peut-être plus vraie comme on peut l’imaginer dans le milieu psychiatrique. Là où il pose sa caméra en marge, dans les bureaux administratifs d’un juge en charge de vérifier le bon fonctionnement d’une procédure qui date de 2013. Elle contraint désormais le psychiatre à présenter avant douze jours les raisons pour lesquelles son patient est hospitalisé sous contrainte et doit le rester. Ou pas. Auparavant, l’homme de science était seul maître à bord. C’est peut-être pourquoi les fous ne sont plus aliénés, mais des patients qui ont leurs mots à dire. Ce que Depardon filme sans restriction, mais si consciencieusement qu’on en oublie l’objet de son déplacement…

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