- Avec Mei Fang, Wang Qiguang, Gu Jun
- Version originale sous-titrée français
- Nouvelle restauration 2K
L’histoire : Tung-tung et sa petite sœur Ting-ting vont passer l’été chez leurs grands-parents, dans la campagne taïwanaise .Tung-tung se lie rapidement d’amitié avec les enfants des environs. Mais les relations entre adultes, orchestrées autour de la figure autoritaire du grand-père, et de la maladie de la mèrensont plus compliquées…
Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez-vous à la fin de l’article
A hauteur d’enfant, comme on dit si communément. Mais il est bien présent ce regard d’une petite fille et de son grand-frère sur le monde des grands, qu’ils n’ont pas particulièrement sollicité.
A Taipei, une maman malade, l’été arrivant, ce sont les grands-parents qui s’affichent près de Taïwan, dans le quotidien de Tung-tung et Ting-ting. Le garçonnet est prêt à toutes les aventures avec ses nouveaux copains, sa petite sœur qui n’en fait qu’à sa tête est beaucoup plus réservée. A distance. Et bien souvent écartée …
Mais l’un comme l’autre enregistrent indifféremment ce monde qui les bringuebalent . Ca vient incidemment sous l’œil de Hou Hsiao-hsien, un réalisateur attentif au moindre changement de ton, de rythme, d’humeur.


Autant de repères scénographiques en vue de séquences réalistes qui nous immergent pleinement dans le ressenti enfantin, de plus en plus expressif.
Ses plans très découpés, restreignent la vision pour mieux fixer l’instant. Le cadre dans le cadre, constitutif d’un ensemble agréable sur ces jeux de gamins, dont la fillette est exclue.
Mais Ting-ting ne désarme jamais, déclenchant de nouvelles péripéties plus ou moins contrôlées dans l’insouciance de sa frêle jeunesse. Quand les adultes dérivent tout autant, de façon plus ordonnées , et aux conséquences beaucoup plus fâcheuses.
Son regard, celui de son frère, aussi pudiques que naïfs sur les failles de ce monde adulte demeurent à jamais portés vers une autre espérance, un monde peut-être meilleur. Il pourrait guérir leur mère et faire sortir de prison leur tonton tant aimé, au mariage si proche. Mais la dulcinée est enceinte, et la famille est aux abois. Ces adultes ne sont pas sortables !
LE SUPPLÉMENT
- . “UN MONDE SANS DOUCEUR” . Un entretien avec Jean-Michel Frodon, journaliste, critique de cinéma et professeur associé à Sciences Po. (23 mn) – « Un film entièrement autobiographique sur une histoire occultée par la dictature militaire , qu’il va raconter aussi dans ses films suivants, de manière beaucoup plus collective »
Tourné un an après « Les Garçons de Fengkuei », « Un été chez grand-père »confirme un cinéma d’auteur, personnel et poétique. Le film adopte le point de vue de ses deux jeunes héros et porte un regard d’enfant empreint de pudeur sur la fragilité du monde adulte. Récit d’apprentissage « Un été chez grand-père » sera une source d’inspiration majeure pour Hayao Miyazaki et son célèbre « Mon voisin Totoro ».
Le film
Le bonus
Un garçonnet et sa petite sœur passent l’été chez leurs grands-parents , pendant que leur maman est opérée à Taipei. Dans cette situation inattendue, ils vont observer bien malgré eux , ce monde des adultes, habituellement confiné à leurs parents.
Le garçon est prêt à toutes les aventures, sa petite sœur qui n’en fait qu’à sa tête est beaucoup plus réservée. A distance.
Mais l’un comme l’autre enregistrent indifféremment ce monde qui les bringuebalent . Dont le grand-père médecin pas commode ou bien Dim-ma ( Han tzu ) « la folle » qui leur fait peur, dans la marge d’une poésie inaccessible aux gens que l’on dit de raison .
Ce joli portrait ne quittera plus les yeux de la petite fille, portée par son regard et celui de son frère, vers un monde meilleur , vers une autre espérance. La guérison de la maman, pourquoi pas
AVIS BONUS
Le point de vue de Jean-Michel Frodon, un habitué de ce blog
