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« Playtime » de et avec Jacques Tati. Critique Cinéma

  • 16 décembre 1967 en salle
  •  2h 04mn
  • Comédie
  • Reprise 15 juillet 2026
  • Par Jacques Tati, Jacques Lagrange
  • Avec Jacques Tati, Barbara Dennek, Jacqueline Lecome

L’histoire : Des touristes américaines visitent une capitale par jour. Mais arrivées à Orly, elles se rendent compte que l’aéroport est identique à tous ceux qu’elles ont déjà fréquentés. En se rendant à Paris, elles constatent également que le décor est le même que celui des autres capitales..Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez-vous à la fin de l’article

Le film  : Avec « Playtime » Jacques Tati  rattrape la civilisation moderne que « Mon oncle » lui avait léguée, dix ans plus tôt. Il en fait la raison d’être d’une mise en scène (nous sommes souvent au théâtre) où la  géométrie des volumes, apparentés à des bureaux,  se heurte aux miroirs dans lesquels le héros se perd et rebondit.

 

Très discret à l’ouverture, Jacques Tati impose sa silhouette dégingandée, au fur et à mesure de son périple parisien, que partage bien involontairement un groupe de touristes américains. Ils se croisent, se suivent, se perdent et se retrouvent, tout en s’ignorant avec superbe.

Chacun vaque à ses occupations, notre héros en quête d’un rendez-vous, administratif semble-t-il, nos yankees à la découverte de la ville lumière. Ce n’est pas le film le plus facile de l’auteur de «Jours de fête», pas le plus évident. Mais il fourmille de prétextes cinématographiques inédits, fournit des saynètes, des sketchs, des séquences, où l’absence de communication s’oppose aux phénomènes  de masse qu’engendre un tel système.

Tati ne se semble pas à l’aise dans un tel confinement alors qu’il sublime le cosy des appartements nocturnes .Grand moment de cinéma que le filmage de cette façade d’immeuble transmuée en écrans de télévision à travers lesquels la vie se joue comme une pièce de théâtre.

Playtime

Mr Hulot n’est plus ici le clown de ses débuts, mais bien l’observateur attentif d’une civilisation qu’il nous demande de regarder attentivement afin de n’être plus simplement spectateur, mais acteur. Prendre sa place en quelque sorte pour mieux aussi goûter ses gags qui n’en finissent pas, chaque objet de la vie courante trouvant à ses yeux matière à élucubrations visuelles.

Une fois encore on parle très peu chez Tati, et la scène du restaurant, tout aussi immortelle que celle de la façade illustre bien cette impossibilité de communiquer alors que tout semble si limpide. Comme dans un tableau de Hopper. On ne s’en lasse pas, découvrant à chaque regard, un nouveau détail, une autre dimension.

La version dvd

LE MUSÉE JACQUES TATI

Il se trouve à Sainte-Sévère, là où le réalisateur a tourné « Jour de fête ». C’est dans l’Indre et c’est à voir absolument déjà pour sa situation , sur la place même où le fameux chapiteau du cirque s’est installé pour le film.

A l’intérieur un musée extrêmement vivant se présente à travers la reconstitution du café du film avec les accessoires d’époque, et la caméra qui va avec. Une scénographie de la place du village propose plusieurs plans animés en direct, en liaison avec les scènes de « Jour de fête » projetées simultanément.

Dans le bureau de poste des années 50 , chaque téléphone vous raconte quelques passages du film. Et je dois en oublier, mais j’ai découvert ce musée par hasard , quand il venait d’ouvrir, et ça demeure un grand souvenir.

Voir aussi

 » Trois hommes et un couffin » de Coline Serreau. Critique dvd

Humour et fantaisie sur un fait de société d'une autre époque ! Quoique !...

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