- 2 heures et 4 minutes

- Dvd : 20 août 2026
- 1 avril 2026 en salle
- Acteurs : Emre Bakar, Kerem Can, Leyla Smyrna Cabas, Tansu Biçer, Yusuf Akgün
- Sous-titres : : Français
- Langue : Allemand
- Studio : Blaq Out
L’histoire : Professeur à la faculté d’Ankara, Aziz reçoit la « lettre jaune » qui lui signifie arbitrairement sa révocation. Quand sa femme Derya, célèbre comédienne au théâtre national, la reçoit à son tour, c’est le coup de grâce. L’un et l’autre, condamnés pour leurs idées, sont obligés de se réfugier à Istanbul chez la mère d’Aziz.
Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez-vous à la fin de l’article
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Au cinéma, les intellectuels, une fois mis hors-jeu par le pouvoir politique, deviennent parfois …chauffeur de taxi. Aziz, n’échappe pas à la règle , et retrouve dans Istanbul, sa ville natale, les rues qui l’avaient mené jusqu’à l’Université d’Ankara .
İlker Çatak ne précise pas vraiment le contexte de son éviction . Le professeur a critiqué le président de son établissement et a dénoncé les contraintes inhérentes au système autoritaire.
C’est la Turquie d’Erdogan, mais aussi, l’Iran d’aujourd’hui , les Etats-Unis de Trump, vision universelle de la liberté mise à mal.
Pour avoir refusé de poser auprès du gouverneur, son épouse, Derya, comédienne adulée, se voit retirée des affiches. La pièce de son mari est supprimée. Elle reçoit elle aussi sa « lettre jaune » qui la congédie sans autre forme de procès.
Celui que justement réclame son mari, arc-bouté sur ses principes et l’honneur de n’avoir pas failli. En attendant le jugement, le couple démuni se retrouve à Istanbul dans l’appartement de sa mère, en compagnie de leur fille Ezgi (Leyla Smyrna Cabas) fortement chamboulée par les événements.

Car tout se précipite , et très vite dans le vif du sujet, le spectateur retrouve l’évolution du monde à l’échelle de cette famille, de moins en moins unie, de plus en plus bouleversée.
Elle a des convictions, des valeurs profondément ancrées, auxquelles Aziz entend ne pas déroger, quand après avoir résistée, mais inquiète pour sa fille , et fatiguée , Derya veut « passer à l’ennemi ». Le contexte n’est pas nouveau.
İlker Çatak tente malgré tout d’y déceler une once d’espoir dans la résolution maladroite d’une situation sociale et familiale de plus en plus cadenassée. Ce qui l’amène à surdramatiser sa mise en scène, jusque-là d’excellente facture dans un tel contexte.
Özgü Namal et Tansu Biçer l’assument sans faillir . Deux comédiens parfaits, qu’il nous tarde de revoir …
LE SUPPLEMENT
- Entretien avec Margaux Baralon, journaliste cinéma-Attention, à travers ses commentaires, son analyse , elle révèle beaucoup du film
Turc-Allemand, la double culture qui influence beaucoup le réalisateur
Le film est tourné en Allemagne , et particulièrement dans les quartiers turcs de Berlin et Hambourg
Juin 2016, Erdogan est fragilisé, et s’attaque aux artistes et universitaires, du jour au lendemain , ils sont démis de leurs fonctions
Le film
Le bonus
Si la Turquie d’Erdogan est ici ciblée ( rien n’est réellement fixé ) , elle ressemble à bien d’autres pays où les artistes et intellectuels sont pris à partis par des pouvoirs autoritaires, voire autocratiques.
Un professeur d’université, auteur de pièces de théâtre, son épouse, comédienne adulée se retrouvent du jour au lendemain, sans le sous, ni soutient , quand les portes se ferment, que les interdits tombent.
Si l’homme n’entend pas sacrifier ses idéaux pour un confort social et familial immédiat, la femme qui va se battre un moment (une autre exigence , plus d’audace) est maintenant prête à faire des compromis.
L’issue fatale qui voit le couple se déchirer sur des principes et sur l’honneur de ne pas faillir à l’engagement premier. Ce qui pose la responsabilité de l’art, de la création, dans les enjeux du quotidien où le réalisateur, après tant d’autres, tente de trouver une résolution à l’équation totalitaire. Renforcée par un système patriarcal que l’universitaire emploie de manière inconsciente en régissant l’ordre de sa maisonnée.
Son attitude vis à vis de sa fille, quasiment majeure, parait déraisonnable, voire excessive.
Ce qui surdramatise la mise en scène, jusque-là d’excellente facture dans un tel contexte.
Özgü Namal et Tansu Biçer l’assument sans faillir . Deux comédiens parfaits, qu’il nous tarde de revoir …
AVIS BONUS
Le point de vue d’une journaliste