L’histoire : Jane Hudson, Américaine d’une quarantaine d’années, part en vacances seule à Venise. Hébergée dans la sympathique pension de la signora Fiorini, elle découvre la ville grâce à Mauro, un gamin des rues qui lui sert de guide. Au cours d’une de ses promenades, elle rencontre Renato, un séduisant antiquaire…
Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez-vous à la fin de l’article
« Lawrence d’Arabie », « Le docteur Jivago » ,« Le pont de la rivière Kwai »… David Lean , a marqué le cinéma mondial par de si grandes fresques historiques , que l’aspect intimiste de sa carrière est aujourd’hui relégué au second plan.
Saluons alors, la sortie dvd de l’un de ses fleurons « Summertime », qui malgré l’histoire inspirée d’un roman de gare, va bien au-delà. Une jeune femme, américaine, se rend seule à Venise. On ignore tout de son passé et les raisons qui l’amènent dans la Cité des Doges. Elle s’émerveille des richesses architecturales que le réalisateur il est vrai ne se prive pas de filmer sous tous les angles. Ce côté agaçant, d’une mise en scène très attachée aux valeurs touristiques de la ville, est un leurre.
Les voyageurs en goguette, consommateurs effrénés de souvenirs faciles y sont brocardés, sans vergogne.Et, tout comme l’héroïne, on se laisse happer, irrémédiablement, par cette ville où la seule beauté n’explique pas la fascination qui s’empare de la jeune femme.Elle-même très mystérieuse dans ses déambulations solitaires, très secrète. Le regard qu’elle porte maintenant sur les autres femmes est assez ambigu. Les hommes, elle les évite.
Un seul, Rossano Brazzi saura la convaincre de s’attarder au bord de la lagune. Il est antiquaire et fou amoureux de l’étrangère qui ne se laissera pas séduire aussi facilement. Malgré une scène de drague aux dialogues allusifs un peu lourdingues , mais au second degré , amusants.

Nous voici dans la romance et le libertinage et là encore David Lean traite le sujet de façon inattendue. Par petites touches impressionnistes (le ton général du film), il déambule dans Venise, non plus comme un touriste, mais comme un observateur en quête de terres inconnues.
C’est Murano vierge de toute civilisation, des ruelles désertes, et des femmes qui attendent …. Dont l’héroïne que Katharine Hepburn, incarne avec une maestria insoupçonnée. Plus qu’une performance, c’est un grand numéro que nous joue la comédienne. Aussi étonnante que ce film, à découvrir, même si la romance n’est pas votre tasse de thé. A Venise on boit du Cinzano.
LES SUPPLEMENTS
. PRÉFACE DE PIERRE BERTHOMIEU , spécialiste du cinéma hollywoodien (9 mn – HD) – Le grand cinéaste britannique à l’époque de “ Summertime”’. Sans rivaux, c’est une signature assez facile à repérer.
Le critique passe en revue sa filmographie, très éclectique, de “ Brèves rencontres” au “ Docteur Jivago” , via “ Summertime” son premier film tourné hors du système britannique, et quasiment tout en extérieur .. “ Il n’est jamais satisfait de la forme qu’il entreprend, et se renouvelle constamment”.
- CLOSE-UP (22 mn) -Un entretien avec le réalisateur David Lean diffusé par CBC dans l’émission Close-Up du 7 avril 1963.
Lean fume sa cigarette et la tripote. Il en reprend une seconde et en propose une à la journaliste qui accepte. Autre temps, autre mœurs …
« Je suis né dans une famille quaker assez stricte. Je n’ai pas eu le droit d’aller au cinéma avant mes quinze ans, alors que ça me fascinait depuis mes dix ans. J’ai travaillé pendant un an dans le bureau de comptable de mon père, et voyant que je n’allais pas gagner beaucoup d’argent, j’ai abandonné ».
La façon dont il aborde tous les petits boulots du cinéma est assez décousue. Il explique qu’il n’avait pas le droit de voir les rushes dans une salle, il les regardait dans la cabine de projection. Il découvre le montage, qui le fascine, « tellement c’était magique ».
Et puis l’arrivée du son …
Review Overview
Le film
Les bonus
J'avoue avoir été agréablement surpris par la manière dont David Lean transforme une histoire de roman de gare , dans un décor de dépliant touristique, en un récit proche du film à suspense. Sa réalisation à double, voir triple détente ( jamais le même style , selon le dénouement ) liée à la très bonne prestation de Katharine Hepburn demeure là aussi un très joli mystère.
AVIS BONUS
Un spécialiste Pierre Berthomieu explique l’univers de Lean que l’on retrouve dans une interview assez particulière


Un commentaire
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