- 3 juin 2026 en salle

- 2h 40min
- Historique, Thriller
- |Par Bérénice Vila, Antonin Baudry
- Avec Simon Abkarian, Simon Russell Beale, Florian Lesieur
L’Histoire : Juin 1940. La France s’effondre et signe l’armistice. Au milieu du chaos, un homme refuse de céder. Seul contre tous, ce général inconnu s’échappe vers Londres .Il veut convaincre le monde que la bataille de France n’est ni terminée, ni perdue. La réalité est têtue, et lui donne tort. Mais peu à peu se lèvent autour de lui en Angleterre, en France et en Afrique des résistants de l’ombre, des lycéens révoltés, des soldats déterminés.
Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez-vous à la fin de l’article
Une sortie le 03 juin, pour un film qui nous parle de « l’homme du 18 juin » (*), me parait un peu mesquin. Un détail certes, dans l’emphase engendrée par une telle entreprise qui joue du biopic comme une partie de poker, reprenant à l’Histoire l’une de ses vertus cardinales : notre raison d’être face à notre savoir.
C’est l’Histoire qui nous conduit . Pas l’inverse. Pas celle d’Antonin Baudry qui , tour à tour fantasque, cruelle, dramatique, romantique, peine à en discerner les réelles motivations.
Moi, De Gaulle dans son obstination, son entêtement, son aveuglement m’a beaucoup amusé, sinon intéressé. Dans la sourde bataille qui l’oppose à Churchill personnage tout aussi rebelle et obstiné, (Simon Russell Beale ,remarquable), l’homme n’a rien de providentiel.
Il est « la France » clame-t-il avec l’incertitude d’un destin sans lendemain. Du gouvernement britannique aux réfugiés français , on ne lui fait pas confiance. Et Simon Abkarian l’exprime parfaitement dans sa posture qu’il modifie avec justesse au fil des événements.
Là où tous ses collègues comédiens adoptent une même assurance pour donner le meilleur de l’Histoire : Benoit Magimel, le général Koenig, irréprochable ( grand homme à Bir Hakeim) , Mathieu Kassovitz , l’amiral Darlan si parlant , Karim Leklou, en plombier, improbable factotum, l’un des rares personnages de fiction de cette aventure picaresque.
Car sur le fond du récit , Stanislas Baudry parait fidèle à l’Histoire et aux séquences marquantes de cette première période . Dans un classicisme d’époque, il les clarifie, pour une évidente compréhension.
Où l’Afrique de la reconquête (De gaulle nomme Brazzaville, capitale de la France libre ) illustre des déviations militaires éloquentes.
La bataille de Bir Hakeim en 1942 (Afrique du Nord, Rommel), transcendée dans un délire pyrotechnique rappelle néanmoins ce que fut ce charnier vivant, cet abattoir de la mort . Cette fois Churchill salue la vista De Gaulle qui lui permet de sauver le corps d’armée britannique.
Le premier ministre anglais veut lui renvoyer l’ascenseur en l’associant à la préparation du débarquement sur les plages françaises .
Mais Roosevelt n’a pas digéré l’affaire de Saint-Pierre-et-Miquelon. Il est très méfiant , et l’écarte du Jour-J . La suite (**) lui donnera-t-il raison ?

(*) Premier discours du général de Gaulle à Londres, sur les ondes de la BBC, le 18 juin 1940 .
( **) « La Bataille de Gaulle – Partie 2 : J’écris ton nom » référence au poème de Paul Éluard « Liberté », paru clandestinement en 1942, est un appel à la résistance.
Le film
Cour de rattrapage , révision, instruction, il est possible de découvrir son centre d’intérêt dans cette rétrospective historique autour de l’avènement de De Gaulle. Deux parties, deux fois – 02 h 40 – l’entreprise gigantesque parvient dans son premier volet à distinguer clairement les enjeux de la bataille qui s’engage autant sur le terrain, que dans les bureaux du gouvernement britannique entre Churchill, le premier ministre et ce De Gaulle impétueux et rebelle. Leurs relations , plus ou moins tendues selon les circonstances, retiennent constamment l’intention dans un récit boursouflé par l’emphase et parfois l’assonance bédéphile qui frise le grotesque. D’où cette mise en scène très formatée, au classicisme d’époque convenu. Comme c’est long, ça devient lassant. On ne manquera pas alors de se retourner vers cette armée valeureuse de comédiens commandée par Simon Abkarian, très vrai dans sa posture gaullienne qu’il modifie avec justesse au fil des événements. Là où tous ses collègues comédiens adoptent une même assurance pour donner le meilleur de l’Histoire : Simon Russell Beale, Churchill éblouissant, Benoit Magimel, le général Koenig, irréprochable ( grand homme à Bir Hakeim) , Mathieu Kassovitz , Darlan si parlant , et Karim Leklou, en Blazej improbable, l’un des rares personnages de fiction de cette aventure picaresque


