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« A Plein temps » d’Eric Gravel. Critique dvd

Synopsis: Julie se démène seule pour élever ses deux enfants à la campagne et garder son travail dans un palace parisien. Quand elle obtient enfin un entretien pour un poste correspondant à ses aspirations, une grève générale éclate, paralysant les transports. C’est tout le fragile équilibre de Julie qui vacille. Elle va alors se lancer dans une course effrénée, au risque de sombrer.

La fiche du film

Le film : "À plein temps"
De : Eric Gravel
Avec : Laure Calamy, Anne Suarez
Sortie le : 16/03/2022
Distribution : Haut et Court
Durée : 85 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le Film

A chaque nouvelle rencontre, désormais, Laure Calamy assume sa totale indépendance. Plus que du talent, une présence, une évidence. Et ce nouveau rôle de mère incroyable, renforce l’image d’une comédienne affûtée aux attentes d’une profession qu’elle élève au-dessus du paraître.

Pour un personnage dans lequel beaucoup de femmes vont se reconnaître. De banlieue parisienne ou de toute autre banlieue, d’ailleurs et n’importe où quand il faut se débattre seule pour mener de front une carrière professionnelle et une vie de famille la plus stable possible.

Pour l’un comme pour l’autre, Julie fait tout ce qu’elle peut, au risque de perdre la santé et le petit boulot dégotté par défaut dans le service de nettoyage d’un palace parisien. Elle jongle avec les horaires, le retard des trains, l’absence du RER.

La garde des enfants, la grève, les train absents, la supérieure de Julie – souvent en retard- commence à perdre patience

Pour répondre à un emploi correspondant à ses aspirations, elle joue sur la complicité illusoire de ses collègues et le bon vouloir de sa supérieure (Anne Suarez) qui elle aussi perd patience.

Tout un système en déséquilibre constant, accentué par un mouvement de grève qui n’en finit pas de paralyser le pays. De nouvelles difficultés pour ses déplacements et rendez-vous professionnels.

Pourtant, Julie assume et Laure Calamy lui rend justice dans une débauche d’énergie inimaginable. La mise en scène d’Eric Gravel, plus que rythmée,  l’accompagne dans sa frénésie quotidienne, proche de l’asphyxie.

 

Le réalisateur en souligne les aberrations, interférences sonores et bruits de la ville en rappel dans cette galère sans fin où l’absence du père , devenu un ex, l’amplifie cruellement. 

Julie n’en peut plus, et le spectateur qui en ressort épuisé, n’est pas loin de partager cette vie infernale tant Calamy et Gravel portent puissamment le récit au-delà des attentes du scénario dont il est aussi l’auteur.

C’est un véritable couple de cinéma, une osmose parfaite au cœur d’une photographie instantanée d’un pays en voie de décomposition.

Un monde où l’humanité parait défaillir ( même la nounou -Geneviève Mnich- est un brin revêche) et l’espoir s’amenuiser. Suivez mon regard, celui de Gravel est sans ambages, franc et direct, comme un film boomerang. Un excellent film !

Mostra de Venise 2021 : Meilleure actrice-Meilleur réalisateur . - DVD : 13 août 2022 A chaque nouvelle rencontre, désormais, Laure Calamy assume sa totale indépendance. Plus que du talent, une présence, une évidence. Et ce nouveau rôle de mère incroyable, renforce l’image d’une comédienne affûtée aux attentes d’une profession qu’elle élève au-dessus du paraître. Pour un personnage dans lequel beaucoup de femmes vont se reconnaître. De banlieue parisienne ou de toute autre banlieue, d’ailleurs et n’importe où quand il faut se débattre seule pour mener de front une carrière professionnelle et une vie de famille la plus stable possible.…
Le Film

Des galères du petit matin, au retour le soir en RER retardé, des petits boulots sans avenir au divorce non assumé par son ex, Julie en a fait son quotidien à l’image de très nombreuses femmes qui se reconnaîtront dans le portrait de cette maman qui jongle avec sa vie professionnelle et deux enfants qu’elle aime par-dessus-tout. La réalisation très rythmée d’Eric Garel accompagne puissamment sa course quotidienne et frénétique dans laquelle Laure Calamy assume plus qu’une interprétation. Elle est la preuve vivante d’un système en déséquilibre constant et pour lequel le cinéaste tente de définir ce qu’il reste de valeur. L’humanité du film de «  Ouistreham » ici est prise en défaut quand le monde s’amenuise et se recroqueville uniquement sur ses préoccupations. Une atrophie sociale au cœur d’un dérèglement général que le cinéaste pointe à travers une grève dont les conséquences sont incalculables pour Julie et les milliers de femmes qui lui ressemblent . Point de jugement de sa part, rien qu’ une photographie instantanée d’un pays en voie de décomposition.Suivez mon regard, celui de Gravel est sans ambages, franc et direct, comme un film boomerang. Excellent.

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