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« 12 years a slave » de Steve Mc Queen. Critique cinéma

Synopsis: Les États-Unis, quelques années avant la guerre de Sécession. Solomon Northup, jeune homme noir originaire de l’État de New York, est enlevé et vendu comme esclave. Face à la cruauté d’un propriétaire de plantation de coton, Solomon se bat pour rester en vie et garder sa dignité. Douze ans plus tard, il va croiser un abolitionniste canadien et cette rencontre va changer sa vie…

La fiche du film

Le film : "12 Years A Slave"
De : Steve McQueen (II)
Avec : Chiwetel Ejiofor, Michael Fassbender
Sortie le : 22/01/2014
Distribution : Mars Distribution
Durée : 133 Minutes
Genre : Drame, Historique
Type : Long-métrage
Le film

« Amistad »  » La couleur pourpre », du même  Spielberg, «  Django Unchained » de Tarantino ,  et à moindre frais « Vénus noire » de Abdellatif Kechiche, les titres qui me viennent immédiatement à l’esprit. Et qui très vite se dissipent dans le souvenir encore vivace de cette projection radicale du film de Mc Queen.  Le propos sur la traite des noirs, incandescent, correspond bien à l’auteur de « Hunger », ( et à son producteur Bill Pohlad ) qui d’un trait de plume donne à mille feuillets  tous les regrets d’une lâche écriture. Ici l’histoire s’écrit au fouet et à la serpe, taillée dans la chair que Mc Queen  filme au plus près du grain.

Comme retenu par ses audaces passées, le cinéaste soigne aussi sa mise en forme ; le cadre est parfait et le bayou nous paraît idyllique. L’image est très belle quand Solomon rêve de s’évader dans cette forêt où l’on pend ses congénères. Contraste ,mais nul paradoxe, le diable vit aussi au paradis .Autrefois homme libre, Solomon est redevenu par traîtrise, le nègre et la bête, le valet de somme. Comment taire son identité, pour vivre sa dignité ?

La encore Mc Queen fait des prodiges pour nous raconter en quelques plans indistincts, et raccourcis scénaristiques ahurissants, toute l’histoire de cette humanité réduite à peau de chagrin. Une alternance de tons donne l’unité à ce récit d’un autre âge, et pourtant encore résonnant des affres du nazisme. Les mêmes méthodes d’asservissement, les mêmes tortures, et le même violon pour faire danser les victimes. Aujourd’hui, dans un autre pays…

photo-12-Years-a-Slave-Michael Fassbender, Lupita Nyong'o, Chiwetel Ejiofor

« Mon cœur ne dépasse pas la taille d’une pièce de monnaie » dit un négrier face à un propriétaire, ému devant ses méthodes commerciales. Solomon, maintenant résigné, passe de maître en maître, d’asservissement en humiliation, en quête d’une lueur pour alerter sa famille, qu’il pensait revoir le soir même, dans son pavillon new-yorkais.

Si Mc Queen met des formes à son propos, la teneur est sans concession. Et des gens comme Michael Fassbender l’ont bien compris, qui donne à son personnage, toute la fatuité de ces esclavagistes imbus de leur suffisance, de leur autorité divine. Chiwetel Ejiofor lui fait face avec une dignité exemplaire, que le comédien a dû puiser dans l’histoire de ses ancêtres, parqués, bafoués, niés à tout jamais. Sauf quand ils savaient jouer du violon, et la bonne partition …

« Amistad » " La couleur pourpre", du même  Spielberg, «  Django Unchained » de Tarantino ,  et à moindre frais "Vénus noire" de Abdellatif Kechiche, les titres qui me viennent immédiatement à l’esprit. Et qui très vite se dissipent dans le souvenir encore vivace de cette projection radicale du film de Mc Queen.  Le propos sur la traite des noirs, incandescent, correspond bien à l’auteur de « Hunger », ( et à son producteur Bill Pohlad ) qui d’un trait de plume donne à mille feuillets  tous les regrets d’une lâche écriture. Ici l’histoire s’écrit au fouet et à la serpe, taillée dans la…

Review Overview

Le film

Je crois que c’est le premier film sur l’esclavage qui va vraiment au fond des choses. Sans mélo, ni pathos, Mc Queen qui a plutôt la main leste (« Hunger ») donne , avec maestria, à nouveau libre cours à son tempérament fougueux pour mettre en place l’histoire de l’esclavage au cœur même du système négrier. Il y met aussi les formes, opposant au rêve de liberté de son héros (le film s’inspire d’une histoire vraie) un décor quasi paradisiaque. Ce sont les hommes qui assurent alors, souvent avec cruauté, cette mémoire que l’on revendique aujourd’hui, et qui cette fois justifie tout à fait un tel film. Le casting est à la hauteur. Chef d’œuvre.

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