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« Queimada » de Gillo Pontecorvo. Critique Blu-Ray

La révolte des esclaves aux Philippines fomentée par l'Empire Britannique : c'est toujours la même histoire !

La fiche du film

Le film : "Queimada"
De : Gillo Pontecorvo
Avec : Marlon Brando, Evaristo Marquez
Sortie le : 27/09/2004
Distribution :
Durée : 132 Minutes
Genre : Drame, Action, Thriller
Type : Long-métrage
Le film
les bonus
  • DVD ‏ : ‎ 21 septembre 2021
  • Durée ‏ : ‎ 132 minutes
  • Acteurs ‏ : ‎ Marlo Brando, Evaristo Marquez, Norman Hill
  • Sous-titres : ‏ : ‎ Français
  • Studio  ‏ : ‎ Rimini Editions.

Réalisateur militant, engagé ( « Kapo », «  La bataille d’Ager ») Gillo Pontecorvo confirme avec « Queimada »  sa sollicitude à l’égard des petits peuples, des opprimés.

A l’image de cet esclave antillais, José Dolorès, devenu un temps gouverneur de l’île de Queimada au début du XIX ème siècle. Une promotion exemplaire parfaitement orchestrée par les services secrets anglais représentés à l’époque par une seule personne : Sir William Walker.

Sans fonction véritablement définie, l’homme qui porte beau se dit « touriste » (avant l’heure). Missionné en réalité par le gouvernement britannique il doit semer la zizanie sur l’île occupée depuis trois siècles par les Portugais.

Un contact séduction avec un coupeur de cannes à sucre, le fameux José Dolorès et l’entreprise s’engage à travers une succession d’anicroches et d’événements barbares. Le double jeu de Walker proche du peuple autochtone mais prompt à le dénoncer auprès de l’autorité portugaise tient d’une manipulation diabolique .

Elle consolide à la fois son pouvoir naissant, et la confiance engagée auprès des indigènes. Tout en tenant à distance respectable les colons eux aussi avides de puissance.

Ou l’art d’être un espion résume Marlon Brando assez habile dans sa duperie, véritablement habité par son personnage. Au point de le laisser traîner un peu à son arrivée sur le port de l’île où le réalisateur adopte un même tempo.

Comme une léthargie congénitale que l’histoire ne bouscule que très modérément, malgré des coups de sang et des émeutes. Le consul assassiné, le gouverneur provisoire destitué …  La braise avant l’embrasement.

Gillo Pontecorvo le concocte patiemment au fil d’un récit de plus en plus profond, marqué par les effets des manœuvres dilatoires de Walker qui de Dolorès va faire un roi, ignorant, impuissant. Un roi à sa botte, mais plus pour  longtemps.

« Les blancs savent peut-être vendre leur sucre, mais c’est nous qui coupons la canne, avec des machettes » lui lance-t-il menaçant, avant d’abandonner sa charge seigneuriale. La marionnette sait maintenant comment tirer ses propres ficelles.

Pour son plus grand et pratiquement unique rôle, Evaristo Marquez tient bien la part historique de son personnage sur une réflexion économique que le réalisateur reprend à plusieurs reprises pour dénoncer l’atteinte colonialiste aux droits des hommes.

Un discours pétri d’humanité et de bon sens qui ne résistera cependant pas à la répression sanglante des Anglais désormais maîtres de l’île. Militant à tout crin, Pontecorvo n’oublie pas cependant de faire le spectacle. Et Brando le couronne.

LES SUPPLEMENTS

  • Interview de Giorgio Arlorio, scénariste (39 min.) . Je n’ai pas forcément tout compris à ce que raconte ce monsieur , hyper passionné par son sujet ( l’œuvre et la  vie de Gillo Pontercorvo ) mais parfois ne finissant pas ses phrases ou son raisonnement.

Il rappelle le travail de sape de Marlon Brando et Harry Belafonte pour que le film puisse se faire, la défense tiers-mondiste des Caraïbes n’étant pas à l’époque très courue.

Le scénariste évoque ainsi le coup de frein des USA, la réticence des Espagnols , le blocage du film pendant dix ans … Une occasion pour revenir sur le contenu politique du film,  la question de l’émigration africaine, et les raisons de la chute de l’Empire Britannique.

« Le fondateur de Podemos –Pablo Iglesias-enseignait Queimada à ses élèves… »

Pour la filmographie de Pontercorvo , Giorgio Arlorio insiste beaucoup sur «  La bataille d’Alger » que la «  CIA utilise afin de former ses agents ».

  •  Gillo et moi, interview de Mario Morra, monteur (25 min.) Il raconte son histoire avec le réalisateur, rencontré à ses débuts très rapidement. «  J’ai un peu travaillé sur – La Bataille d’Alger – mais le monteur a eu l’impression que j’allais lui faire de l’ombre.  Il est décédé avant et d’excellents monteurs se sont proposés, mais Gillo a dit qu’il me voulait ».

Mario Morra fera ensuite « Queimada » dont il retrace le parcours et son travail sur le montage .

  •  Interview de Gillo Pontecorvo, archive RTBF (5 min.) Dans un français impeccable, le réalisateur parle de sa vie, une fois un film terminé. «  Je peux vivre avec peu d’argent, et sans frais particulier. Je ne vois pas pourquoi je vivrais dans le somptueux. Comme on me paie très bien chaque film, je peux voir venir, mais je travaille quand même ».

Son point de vue sur Brando «  qui a le sang chaud » : «  c’est une star et alors il fait ce qu’il veut sur un plateau, et moi je veux tout contrôler ».

« Il vous a traité de dictateur » rétorque son interviewer. Pontecorvo sourit «  vous savez que son prochain film sur le massacre de Wounded Knee, il veut que je le tourne. On est vacciné, l’un contre l’autre ».

DVD ‏ : ‎ 21 septembre 2021 Durée ‏ : ‎ 132 minutes Acteurs ‏ : ‎ Marlo Brando, Evaristo Marquez, Norman Hill Sous-titres : ‏ : ‎ Français Studio  ‏ : ‎ Rimini Editions. Réalisateur militant, engagé ( « Kapo », «  La bataille d’Ager ») Gillo Pontecorvo confirme avec "Queimada"  sa sollicitude à l’égard des petits peuples, des opprimés. A l'image de cet esclave antillais, José Dolorès, devenu un temps gouverneur de l’île de Queimada au début du XIX ème siècle. Une promotion exemplaire parfaitement orchestrée par les services secrets anglais représentés à l’époque par une seule personne : Sir…
Le film
les bonus

Espion avant la lettre, l’anglais Walker débarque aux Philippines au début du XIX ème siècle afin de fomenter une révolte indigène pour chasser les Portugais maîtres de l’île de Queimada depuis 300 ans. Tout un stratagème minutieux est élaboré par le représentant de sa Majesté pour se concilier les faveurs des esclaves, avant de les combattre une fois installés dans leurs nouveaux droits. La braise avant l’embrasement. Le réalisateur le concocte patiemment au fil d’un récit de plus en plus profond, marqué par les effets des manœuvres dilatoires de Walker et la répression qui s’en suit. Massacres, pillages, incendie, militant à tout crin Gillo Pontecorvo n’oublie pas de faire le spectacle. Et Marlon Brando le couronne. Pour son plus grand et pratiquement unique rôle, Evaristo Marquez, tient bien la part historique de son personnage dans une réflexion économique que le réalisateur reprend à plusieurs reprises pour dénoncer l’atteinte colonialiste aux droits des hommes. Un discours pétri d’humanité et de bon sens qui ne résistera cependant pas à la répression sanglante des Anglais ...

AVIS BONUS Des entretiens intéressants avec le scénariste et le monteur du film, plus une archive : interview du réalisateur !

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