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« Jardins de pierre » de Francis Ford Coppola. Critique Blu-ray

Un petit fanion US au pied de chaque pierre tombale

Nouvelle Restauration

  • DVD : 17 février 2021
  • Cinéma : 06 Janvier 1988
  • RéalisateurFrancis Ford Coppola
  • ActeursJames Caan, Anjelica Huston, James Earl Jones, D.B. Sweeney, Dean Stockwell
  • LangueAnglais 
  • Sous-titres : Français
  • Durée112 minutes
  • Studio Carlotta Films

L’histoire : 1969, Virginie. Au cimetière militaire d’Arlington, le lieutenant Jackie Willow est inhumé avec les honneurs de la nation. Avant de partir combattre au Vietnam, il a fait ses premières armes au sein même de Fort Myer, chaperonné par le sergent Clell Hazard. Entre ce vétéran de Corée qui a cessé de croire à la nécessité de cette guerre et le jeune idéaliste Willow, une forte complicité se noue au fil des mois…

  • Film
  • Bonus

D’après l’œuvre originale de : Nicholas Proffitt  » Gardens of stone »

Huit ans après « Apocalypse Now », Francis Ford Coppola revient sur les lieux du drame, confiné cette fois dans le huis-clos d’un cimetière militaire américain.

De jeunes soldats rendent les honneurs à leurs aînés, tombés dans la jungle vietnamienne. Pétri d’un farouche nationalisme, Jackie Willow (D.B. Sweeney) exerce cette activité avec la ferme intention de gagner un jour le front de cette guerre. «  Elle n’existe pas » lui murmure le sergent Hazard, un vétéran revenu du front et qui se damne chaque jour de voir autant de cercueils arrivés dans son enclos.

Leurs premières confrontations ne sont pas tendres, mais Hazard ( James Caan ) qui a combattu avec le père de Willow, s’attache à ce jeune homme . Il pourrait être ce fils dont il n’a plus de nouvelles.

Hazard est aussi copain comme cochon avec son supérieur, Nelson, (James Earl Jones) un vétéran, sage et raisonné. Un trio se forme, scellé à jamais, au cœur de multiples affrontements qui parfois manquent de sobriété, mais jamais de clairvoyance.

Coppola s’immisce à peine dans les débats riches et sans fin de ces soldats d’opérette, comme Hazard aime à le rappeler. Avantage donc au jeune Willow pour son désir de guerre, très vite battu en brèche par les vieux de la vieille qui savent ce conflit déjà perdu.

Chaperonné par James Earl Jones et  James Caan, D.B. Sweeney peut leur faire confiance …

Le cinéaste ne force pas le ton, ne prend pas formellement position, même si l’intrusion d’une journaliste du Washington Post  ( Anjelica Huston ) fournit des arguments plus que pacifistes à leurs discussions. Un juste équilibre dans la passion du moment, où la romance s’invite, circonstanciée, et plaisante.

Coppola filme presque à l’instinct, ordonnant malgré tout son cadre et sa lumière de façon extraordinaire. Si des échos, des flashs renvoient à son opus précédent et grandiose, jamais il ne s’y réfère formellement. Des entrailles de la guerre à ses coulisses, de l’enfer au paradis, il prend un autre temps de réflexion sur la raison d’être soldat, de mourir pour son pays…

Des soldats d’opérette, dit celui qui les mène, le sergent Hazard

«  Personne ne déteste autant la guerre que ceux qui la font » martèle Nelson sur des fonds d’images télévisées, où le pays s’embourbe, où les hélicos demeurent cloués au sol. Toutes les valeurs d’un quelconque engagement se désagrègent alors dans le fameux cimetière, où cette fois Jackie Willow revient, combattant.

De l’intimité d’un plan à la sobriété de son regard, le cinéaste accumule là, dans ce final en boucle, tous les doutes et la grandeur de son cinéma. Du grand cinéma …

Rachel (Mary Stuart Masterson) s’était éloignée de son amoureux, trop inquiète de le voir suivre une voie militaire à l’image de son colonel de père .

LES SUPPLÉMENTS

. Analyse de Jean-Baptiste Thoret (20 mn ) .Bien qu’il débite très vite, il est une fois encore très pertinent quand il évoque le film peut-être le plus méconnu du réalisateur et surtout le plus hors-cadre dans la kyrielle des productions guerrières sur le Vietnam. «  C’est presque un film en chambre, sur la guerre, mais sans elle.(…) Il ne s’agit pas de prendre le contre champ d’Apocalypse Now, mais plutôt son codicille. (…) Il y a une filiation discrète entre les deux films ».

L’un des exemples rapportés par le critique-historien est celui du personnage de Willow , quand dans « Apocalypse Now » le héros s’appelle Willard. «  L’enfer de l’un est devenu pour l’autre le paradis » qu’il espère rejoindre en gagnant le Vietnam.

Nouvelle Restauration DVD : 17 février 2021 Cinéma : 06 Janvier 1988 Réalisateur : Francis Ford Coppola Acteurs : James Caan, Anjelica Huston, James Earl Jones, D.B. Sweeney, Dean Stockwell Langue : Anglais  Sous-titres : Français Durée : 112 minutes Studio  : Carlotta Films L'histoire : 1969, Virginie. Au cimetière militaire d’Arlington, le lieutenant Jackie Willow est inhumé avec les honneurs de la nation. Avant de partir combattre au Vietnam, il a fait ses premières armes au sein même de Fort Myer, chaperonné par le sergent Clell Hazard. Entre ce vétéran de Corée qui a cessé de croire à la nécessité de cette guerre et…
Le film
Le bonus

Un film de guerre sans la guerre, ou si peu, huit ans après son opus extatique sur le conflit du Vietnam, Francis Ford Coppola réussit une grande performance de cinéma et d’Histoire. Depuis le fameux cimetière où les soldats tués au combat sont alignés à l’identique, un jeune officier demande coûte que coûte à partir au front. L’expérience et la sagesse tenteront de le ramener sur un autre chemin, que ces vétérans ont réussi à quitter, sans trop de dommages, si ce n’est celui d’une plaie à jamais ouverte sur un conflit sans fin. À travers son héros interprété magnifiquement par James Caan, le cinéaste livre une réflexion pertinente sur la vie de soldat, entre fierté, culpabilité et doute. Du grand Coppola, comme toujours .

AVIS BONUS L'analyse de Jean-Baptiste Thoret, implacable,

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