- Oscar du meilleur film international 1959
On ne parlait pas encore de robotique. Mais toujours en avance sur son temps (comme le facteur qui fait sa tournée à l’américaine) Jacques Tati imagine ici les possibilités et les faillites d’une mécanisation ménagère. A rebrousse poil, il en fait un condensé d’humour grinçant et sympathique qui nous plonge dans l’univers d’un couple de bourgeois repus et fiers d’eux , propriétaires d’une maison ultra moderne, dotée de toutes les nouvelles possibilités technologiques.
Eléphant dans un magasin de porcelaine, l’oncle du gamin, Mr Hulot se prend les pieds dans le tapis. Pas celui dont est recouvert la voisine excentrique (oh la jolie scène) mais dans cet ensemble électo-machin-chose qui vous cuit un œuf en une demi-seconde.
La satire est évidente, mais pas outrancière. Tout est dans la finesse, la drôlerie des situations et la nostalgie qu’on devine quand il lui faut quitter cet ultra confort pour son petit quartier, pelotonné comme un village de la France profonde.
Une image de carte postale ancienne sur laquelle le cinéma pose des couleurs, des ambiances, une atmosphère à nulle autre pareille avec ses personnages récurrents, comme le facteur, le balayeur ou les maraîchers qui d’ un marché comme on en chante dans les refrains de Bécaud.
C’est pensé comme une série de sketchs autour d’une même idée. Le peu de dialogues, ou alors sibyllins, insignifiants, ajoute au charme et à l’originalité du paysage dans lequel le maniérisme des femmes laisse pantois. Et leur servilité domestique , également. Un zeste de misogynie de la part du cinéaste ? Les hommes, fats et imbus d’eux même, ne sont pas mieux lotis.
Comme quoi Tati ne s’en prend pas uniquement à la modernisation galopante, mais aussi à ceux qui la conçoivent et la vivent. Le tout à la manière de celui qui ne voit rien. A l’image de ce Mr Hulot par exemple, qui ressemble étrangement à l’autre . Tati-Hulot, ces deux là sont bien faits pour s’entendre.
- Avec le DVD
- A Venir : – « Playtime » – » Les vacances de Monsieur Hulot«
- En ligne : » Jour de fête«
Le musée Jacques-Tati
Il se trouve à Sainte-Sévère, là où le réalisateur a tourné « Jour de fête ». C’est dans l’Indre et c’est à voir absolument déjà pour sa situation , sur la place même où le fameux chapiteau du cirque s’est installé pour le film. A l’intérieur un musée extrêmement vivant se présente à travers la reconstitution du café du film avec les accessoires d’époque, et la caméra qui va avec. Une scénographie de la place du village propose plusieurs plans animés en direct, en liaison avec les scènes de « Jour de fête » projetées simultanément.
Dans le bureau de poste des années 50 , chaque téléphone vous raconte quelques passages du film. Et je dois en oublier, mais j’ai découvert ce musée par hasard , quand il venait d’ouvrir, et ça demeure un grand souvenir.



A voir et à revoir…