Accueil » Les critiques » « Mon oncle » de Jacques Tati. Critique cinéma

« Mon oncle » de Jacques Tati. Critique cinéma

Avec : Jacques Tati, Jean-Pierre Zola
Sortie le : 18/12/2013
Reprise : 08/15 Juillet 2026
Distribution : Carlotta
Durée : 116 Minutes
L’histoire : Le petit Gérard aime son oncle, M. Hulot, un personnage rêveur et bohème qui habite un quartier populaire et joyeux de la banlieue parisienne. Ses parents, M. et Mme Arpel, résident dans une villa moderne et luxueuse, où ils mènent une existence monotone et aseptisée. Un jour que Gérard rentre d’une énième virée avec son oncle, M. Arpel prend la décision d’éloigner son fils de M. Hulot.
  • Oscar du meilleur film international 1959

Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez-vous à la fin de l’article

  • Le film : 

On ne parlait pas encore de robotique. Mais toujours en avance sur son temps (comme le facteur qui fait sa tournée à l’américaine) Jacques Tati  imagine ici les possibilités et les faillites d’une mécanisation ménagère. A rebrousse poil, il en fait un condensé d’humour grinçant et sympathique qui nous plonge dans l’univers d’un couple de bourgeois repus et fiers d’eux , propriétaires d’une maison ultra moderne, dotée de toutes les nouvelles possibilités technologiques.

Eléphant dans un magasin de porcelaine, l’oncle du gamin, Mr Hulot se prend les pieds dans le tapis. Pas celui dont est recouvert la voisine excentrique (oh la jolie scène) mais dans cet ensemble électo-machin-chose qui vous cuit un œuf en une demi-seconde.

La satire est évidente, mais pas outrancière. Tout est dans la finesse, la drôlerie des situations et la nostalgie qu’on devine quand il lui faut quitter cet ultra confort pour son petit quartier, pelotonné comme un village de la France profonde.

Une image de carte postale ancienne sur laquelle le cinéma pose des couleurs, des ambiances, une atmosphère à nulle autre pareille avec ses personnages récurrents, comme le facteur, le balayeur ou les maraîchers qui d’ un marché comme on en chante dans les refrains de Bécaud.

C’est pensé comme une série de sketchs autour d’une même idée. Le peu de dialogues, ou alors sibyllins, insignifiants, ajoute au charme et à l’originalité du paysage dans lequel le maniérisme des femmes laisse pantois. Et leur servilité domestique , également. Un zeste de misogynie de la part du cinéaste ? Les hommes, fats et imbus d’eux même,  ne sont pas mieux lotis.

Comme quoi Tati ne s’en prend pas uniquement à la modernisation galopante, mais aussi à ceux qui la conçoivent et la vivent. Le tout à la manière de celui qui ne voit rien.  A l’image de ce Mr Hulot par exemple, qui ressemble étrangement à l’autre . Tati-Hulot, ces deux là  sont bien faits pour s’entendre.

Le musée Jacques-Tati

Il se trouve à Sainte-Sévère, là où le réalisateur a tourné « Jour de fête ». C’est dans l’Indre et c’est à voir absolument déjà pour sa situation , sur la place même où le fameux chapiteau du cirque s’est installé pour le film. A l’intérieur un musée extrêmement vivant se présente à travers la reconstitution du café du film avec les accessoires d’époque, et la caméra qui va avec. Une scénographie de la place du village propose plusieurs plans animés en direct, en liaison avec les scènes de « Jour de fête » projetées simultanément.

Dans le bureau de poste des années 50 , chaque téléphone vous raconte quelques passages du film. Et je dois en oublier, mais j’ai découvert ce musée par hasard , quand il venait d’ouvrir, et ça demeure un grand souvenir.

Voir aussi

« Le Bon, la brute et le cinglé » de Kim Jee-Woon . Critique cinéma

Le réalisateur sud-coréen souhaitait renouveler la physionomie du western. Peine perdue

Un commentaire

  1. A voir et à revoir…

Laisser un commentaire