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« Un soupçon d’amour » de Paul Vecchiali . Critique cinéma-dvd

Synopsis: Geneviève Garland, une célèbre comédienne, répète « Andromaque » de Racine, avec pour partenaire, son mari André. Elle ressent un malaise profond à interpréter ce personnage et cède son rôle à son amie Isabelle qui est aussi la maîtresse de son époux. Geneviève s’en va avec son fils malade dans son village natal. Elle semble fuir certaines réalités difficiles à admettre.

La fiche du film

Le film : "Un soupçon d'amour"
De : Paul Vecchiali
Avec : Marianne Basler, Fabienne Babe
Sortie le : 09/09/2020
Distribution : Epicentre Films
Durée : 92 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film
Les bonus
  • DVD : 17 février 2021 

A 90 ans, Paul Vecchiali tire sa révérence. Avec élégance et distinction. Comédie musicale, mélodrame, fantastique ? … Il fait son cinéma, comme on joue au théâtre. « Andromaque » à l’occasion que répète une célèbre comédienne, Geneviève Garland, ( Marianne Basler) avec son mari André.

Racine nous parle des amours contrariées. Vecchiali s’en inspire et l’illustre joliment quand l’actrice dit ne plus pouvoir jouer le rôle de cette femme fidèle, à son image.

Elle fait appel à une amie ( Fabienne Babe), la maîtresse de son mari. Plus que le triangle amoureux, le cinéaste puise dans la tragédie classique les ressorts du monde moderne. Un fragile équilibre dans le ton, parfois suranné, et les harmonies, le style d’une autre époque que Vecchiali assume de manière contradictoire. Déconcertant, intriguant …

Les deux femmes ne s’affrontent jamais. A fleuret moucheté, leur relation est une duperie magnifique. Que l’homme ( Jean-Philippe Puymartin )accompagne aussi indifférent à la présence de son enfant, le petit chéri de sa femme.

Un garçon à la santé fragile qu’elle couve de tous ses soins. André se sent abandonné, le couple s’égare. Geneviève prend alors ses distances et retourne dans son village natal, pour réfléchir dit-elle. Son fils malade l’accompagne.

Cette retraite symbolique pose l’empreinte d’un destin dramatique, souvenir douloureux que la mère entretient jusqu’au renoncement de « Andromaque ».

Geneviève ne lâche jamais du regard son fils fragile

La révélation finale d’un récit qui prend alors toute sa résonance, sa force et sa passion. Sa richesse que l’on a pu imaginer un instant, ternie. Mais l’alerte philosophe veillait sous l’écorce d’un cinéaste . Il nous invite à tout reprendre, tout revoir de nos à-priori. Rusé, subtil, une seconde lecture s’impose, effectivement.

LES SUPPLEMENTS

  • Making of . Il porte bien son nom, et va au-delà de la simple intrusion en coulisses. Il est présenté, monté comme un film , avec ses ambiances et le commentaire des intéressés.

Passionnant à voir et à écouter. Paul Vecchiali rappelle discrètement l’aspect autobiographique de cette histoire et en prévient l’héroïne Marianne Basler un peu intriguée de devenir ainsi l’alter ego du réalisateur.

Pierre Sénelas qui interprète le rôle du cinéaste parle alors d’un film de fantôme, ce qui interdit au jeune Ferdinand Leclere de lire le scénario. «  J’allais jouer comme un fantôme me disait-on, mais je ne comprenais pas ce que cela voulait dire ».

Parmi les nombreuses scènes en tournage, celle de la danse est particulièrement émouvante, Paul Vecchiali n’ayant prévenu que Fabienne Babe qu’il allait la rejoindre sur la piste. Le réalisateur a ainsi ses petits trucs pour animer sa mise en scène.

Marianne Basler en sait quelque chose … et son partenaire aussi !

  • Conversation avec Paul Vecchiali . Là encore rien que de la passion et le cinéma vivant comme s’il se faisait à chaque seconde.

Pourquoi le cinéma ?  «  Une photo de Danielle Darrieux dans Mayerling et c’était déjà décidé, je ferais du cinéma. Et après avoir vu « A bout de souffle », j’ai dit s’il a fait ça, je peux le faire ».

La nouvelle vague ? «  Je ne suis pas un cérébral, mais j’aime bien Rohmer, mais je prend l’air du temps et le transforme en sentiments».

Il a encore beaucoup de choses à dire dont le fonctionnement de sa société de production «  Diagonales » ou les petites ficelles d’un métier qu’il rend passionnant.

  • Les triangles amoureux dans ce blog :

« Leto » de Kirill Serebrennikov-« A trois on y va » de Jérôme Bonnell-« L’homme fidèle » de Louis Garrel-« Cyrano de Bergerac » de Jean-Paul Rappeneau-« La colère d’un homme patient » de Raul Arevalo–« Le port de la drogue » de Samuel Fuller-« Rocco et ses frères » de Luchino Visconti-« Le cavalier noir » de Roy Ward Baker-« Caprice » d’Emmanuel Mouret-« Parade’s end » de Susanna White-« Le Passé » de Ashgar Farhadi-« The deep blue sea » de Terence Davies-« Contracorriente » de Javier Fuentes-León-« Tango » de Carlos Saura-« La Princesse de Montpensier » de Bertrand Tavernier-« Chloé » d’Atom Egoyan-« Brothers » de Jim Sheridan-« Les fantômes d’Ismaël » d’Arnaud Desplechin-« La Maison russie » de Fred Schepisi

DVD : 17 février 2021  A 90 ans, Paul Vecchiali tire sa révérence. Avec élégance et distinction. Comédie musicale, mélodrame, fantastique ? … Il fait son cinéma, comme on joue au théâtre. « Andromaque » à l’occasion que répète une célèbre comédienne, Geneviève Garland, ( Marianne Basler) avec son mari André. Racine nous parle des amours contrariées. Vecchiali s’en inspire et l’illustre joliment quand l’actrice dit ne plus pouvoir jouer le rôle de cette femme fidèle, à son image. Elle fait appel à une amie ( Fabienne Babe), la maîtresse de son mari. Plus que le triangle amoureux, le cinéaste…
Le film
Les bonus

C’est un film étrange, à miroir, à ressorts, qui nous parle de la création artistique, ou plutôt du talent. A quoi est-il dû s’interroge Vecchiali qui pour le même rôle et le même metteur en scène oppose deux comédiennes. L’une est saluée par la critique, l’autre pas. Elles sont aussi rivales par les sentiments qu’elles partagent autour du même homme. Un triangle amoureux dont le réalisateur prend prétexte pour tisser une histoire assez décousue en apparence, qui s'appuie à la fois sur la comédie musicale, le drame et le fantastique. Vecchiali fait son cinéma, comme on joue au théâtre. « Andromaque » à l’occasion dont le thème l’invite bien évidemment à suivre les méandres de ce drame amoureux, où rode constamment la mort. Son discours s’en ressent. Très théâtral donc, narratif et ampoulé parfois, mais la mise en scène contredit ce style suranné. L’empreinte d’un destin dramatique, souvenir douloureux que la comédienne entretient jusqu’au renoncement de "Andromaque". La révélation finale d’un récit qui prend alors toute sa résonance, sa force et sa passion. Sa richesse à laquelle on a pu imaginer un instant, ternie. Mais l’alerte philosophe veillait sous l’écorce d’un cinéaste rusé. Toujours en compagnie de sa comédienne fidèle, Marianne Basler, la belle «  Andromaque » du cinéma français.

AVIS BONUS Un grand making of , commenté, et monté comme un film, suivi d’une interview du réalisateur qui là encore est passionnant.

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