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« Un soupçon d’amour » de Paul Vecchiali . Critique cinéma

Synopsis: Geneviève Garland, une célèbre comédienne, répète « Andromaque » de Racine, avec pour partenaire, son mari André. Elle ressent un malaise profond à interpréter ce personnage et cède son rôle à son amie Isabelle qui est aussi la maîtresse de son époux. Geneviève s’en va avec son fils malade dans son village natal. Elle semble fuir certaines réalités difficiles à admettre.

La fiche du film

Le film : "Un soupçon d'amour"
De : Paul Vecchiali
Avec : Marianne Basler, Fabienne Babe
Sortie le : 09/09/2020
Distribution : Epicentre Films
Durée : 92 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

A 90 ans, Paul Vecchiali tire sa révérence. Avec élégance et distinction. Comédie musicale, mélodrame, fantastique ? … Il fait son cinéma, comme on joue au théâtre. « Andromaque » à l’occasion que répète une célèbre comédienne, Geneviève Garland, ( Marianne Basler) avec son mari André.

Racine nous parle des amours contrariées. Vecchiali s’en inspire et l’illustre joliment quand l’actrice dit ne plus pouvoir jouer le rôle de cette femme fidèle, à son image.

Elle fait appel à une amie ( Fabienne Babe), la maîtresse de son mari. Plus que le triangle amoureux, le cinéaste puise dans la tragédie classique les ressorts du monde moderne. Un fragile équilibre dans le ton, parfois suranné, et les harmonies, le style d’une autre époque que Vecchiali assume de manière contradictoire.

Déconcertant, intriguant…

Les deux femmes ne s’affrontent jamais. A fleuret moucheté, leur relation est une duperie magnifique. Que l’homme ( Jean-Philippe Puymartin )accompagne aussi indifférent à la présence de son enfant, le petit chéri de sa femme.

Un garçon à la santé fragile qu’elle couve de tous ses soins. André se sent abandonné, le couple s’égare. Geneviève prend alors ses distances et retourne dans son village natal, pour réfléchir dit-elle. Son fils malade l’accompagne.

Geneviève ne lâche jamais du regard son fils fragile

Cette retraite symbolique pose l’empreinte d’un destin dramatique, souvenir douloureux que la mère entretient jusqu’au renoncement de « Andromaque ».

La révélation finale d’un récit qui prend alors toute sa résonance, sa force et sa passion. Sa richesse que l’on a pu imaginer un instant, ternie. Mais l’alerte philosophe veillait sous l’écorce d’un cinéaste . Il nous invite à tout reprendre, tout revoir de nos à-priori. Rusé, subtil, une seconde lecture s’impose, effectivement

  • Les triangles amoureux dans ce blog :

« Leto » de Kirill Serebrennikov-« A trois on y va » de Jérôme Bonnell-« L’homme fidèle » de Louis Garrel-« Cyrano de Bergerac » de Jean-Paul Rappeneau-« La colère d’un homme patient » de Raul Arevalo–« Le port de la drogue » de Samuel Fuller-« Rocco et ses frères » de Luchino Visconti-« Le cavalier noir » de Roy Ward Baker-« Caprice » d’Emmanuel Mouret-« Parade’s end » de Susanna White-« Le Passé » de Ashgar Farhadi-« The deep blue sea » de Terence Davies-« Contracorriente » de Javier Fuentes-León-« Tango » de Carlos Saura-« La Princesse de Montpensier » de Bertrand Tavernier-« Chloé » d’Atom Egoyan-« Brothers » de Jim Sheridan-« Les fantômes d’Ismaël » d’Arnaud Desplechin-« La Maison russie » de Fred Schepisi

A 90 ans, Paul Vecchiali tire sa révérence. Avec élégance et distinction. Comédie musicale, mélodrame, fantastique ? … Il fait son cinéma, comme on joue au théâtre. « Andromaque » à l’occasion que répète une célèbre comédienne, Geneviève Garland, ( Marianne Basler) avec son mari André. Racine nous parle des amours contrariées. Vecchiali s’en inspire et l’illustre joliment quand l’actrice dit ne plus pouvoir jouer le rôle de cette femme fidèle, à son image. Elle fait appel à une amie ( Fabienne Babe), la maîtresse de son mari. Plus que le triangle amoureux, le cinéaste puise dans la tragédie classique…
Le film

C’est un film étrange, à miroir, à ressorts, qui nous parle de la création artistique, ou plutôt du talent. A quoi est-il dû s’interroge Vecchiali qui pour le même rôle et le même metteur en scène oppose deux comédiennes. L’une est saluée par la critique, l’autre pas. Elles sont aussi rivales par les sentiments qu’elles partagent autour du même homme. Un triangle amoureux dont le réalisateur prend prétexte pour tisser une histoire assez décousue en apparence, qui s'appuie à la fois sur la comédie musicale, le drame et le fantastique. Vecchiali fait son cinéma, comme on joue au théâtre. « Andromaque » à l’occasion dont le thème l’invite bien évidemment à suivre les méandres de ce drame amoureux, où rode constamment la mort. Son discours s’en ressent. Très théâtral donc, narratif et ampoulé parfois, mais la mise en scène contredit ce style suranné. L’empreinte d’un destin dramatique, souvenir douloureux que la comédienne entretient jusqu’au renoncement de "Andromaque". La révélation finale d’un récit qui prend alors toute sa résonance, sa force et sa passion. Sa richesse à laquelle on a pu imaginer un instant, ternie. Mais l’alerte philosophe veillait sous l’écorce d’un cinéaste rusé. Toujours en compagnie de sa comédienne fidèle, Marianne Basler, la belle «  Andromaque » du cinéma français. .

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« L’Ordre moral » de Mario Barroso. Critique cinéma.

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