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« Transit » de Christian Petzold. Critique dvd

Synopsis: De nos jours, à Marseille, des réfugiés fuyant les forces d’occupation fascistes rêvent d’embarquer pour l’Amérique. Parmi eux, l’Allemand Georg prend l’identité de l’écrivain Weidel, qui s’est suicidé pour échapper à ses persécuteurs. Il profite de son visa pour tenter de rejoindre le Mexique. Tout change lorsque Georg tombe amoureux de la mystérieuse Marie, en quête désespérée de l’homme qu’elle aime, et sans lequel elle ne partira pas… 

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La fiche du film

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Les bonus
  • D’après le roman éponyme d’Anna Seghers.-

Le roman se déroule à la fin de la seconde guerre mondiale. Petzold en reprend l’esprit et les circonstances et le transpose dans notre monde d’aujourd’hui.

De manière très particulière pour une adaptation vraiment littéraire. C’est un film autant raconté qu’imagé, avec son récitant qui note l’évolution de l’histoire, ses détails et la manière dont se comportent les personnages. C’est rigoureux et captivant.

Des gens fuient le fascisme qui envahit la France. Depuis Marseille dernier espoir de prendre le large, ces migrants quêtent une embarcation pour les Etats-Unis, voire le Mexique. C’est la destination que retient Georg devenu Weidel, le célèbre écrivain qu’il a vu mourir sous ses yeux.

Le gamin attend lui aussi un père qui ne reviendra pas. Il s’est pris d’amitié pour Georg et comprend qu’il va le quitter, lui aussi …

Cette usurpation d’identité, le consulat ignore, à l’image de ceux que Georg rencontre dans les rues de la cité phocéenne.

Ce sont surtout des femmes. Elles l’observent, et le dévisagent mais ne s’approchent pas sauf par mégarde quand Marie pense avoir reconnu l’homme qu’elle doit rejoindre.

Et puis Marie s’enfuit comme une ombre. Georg ignore tout de cette étrange personne. Elle vit avec un homme qui lui aussi doit partir de toute urgence pour le Mexique. Il est médecin. (Godehard Giese) On l’attend là-bas pour créer un poste de secours. Marie ne le retient pas, mais ne l’accompagnera pas.

C’est son mari qui doit venir dit-elle, « tout le monde l’a vu, ou lui a parlé,moi j’arrive toujours trop tard ».

Georg n’ose pas  lui avouer la vérité, du moins ce qu’il en sait dans cette débâcle programmée.

L’image de Christian Petzold fait penser parfois à Hopper, à ces personnages solitaires au milieu d’éléments aussi flous et indistincts que le mystère qui les a posés là. Comme Marie, Paula Beer, tout à fait conforme. Enigmatique à souhait.

Quand elle sort du tableau, elle entend que les fascistes sont à Avignon, que les purges ont commencé, que la déportation…

Il faut fuir. Marie s’y refuse et cette fois Petzold revient quasiment à un cinéma classique, traditionnel, mais tout à fait raccord à ce roman mis en scène. Franz Rogowski l’accompagne sans relâche, fantôme infatigable d’une histoire qui nous revient comme un boomerang. Elle aussi, sans complaisance…

LES SUPPLEMENTS

  • « Au Sud » de Christian Petzold – 1990- 9 minutes. Couleur. Court métrage réalisé à l’Académie allemande du film et de la télévision de Berlin (DFFB).

Des livres dont les pages volent. Le vent souffle et orchestre un ballet bien surprenant. Mais encore ?

  • Table ronde en présence de Christian Petzold, du journaliste Pierre Eisenreich, de la professeure Anne Saint-Sauveur-Henn, du fils d’Anna Seghers, Pierre Radvanyi, et de la directrice de la Maison Heinrich Heine.

Je n’ai pas vu tout ce beau monde, (Petzold était bien là) et le sous titrage ne me parait pas du tout assuré. Donc, je fais l’impasse …

D’après le roman éponyme d’Anna Seghers.- Le roman se déroule à la fin de la seconde guerre mondiale. Petzold en reprend l’esprit et les circonstances et le transpose dans notre monde d’aujourd’hui. De manière très particulière pour une adaptation vraiment littéraire. C’est un film autant raconté qu’imagé, avec son récitant qui note l’évolution de l’histoire, ses détails et la manière dont se comportent les personnages. C’est rigoureux et captivant. Des gens fuient le fascisme qui envahit la France. Depuis Marseille dernier espoir de prendre le large, ces migrants quêtent une embarcation pour les Etats-Unis, voire le Mexique. C’est la destination…
Le film
Les bonus

Deux périodes en parallèles, mais une seule à l’écran pour un même regard : celui de l’horreur programmé par quelques dictatures balayant le sol d’une humanité en perdition. L’adaptation du roman de Anna Seghers ne semblait pas évidente, Christian Petzold l’a fait avec une rigueur qui n’efface pas la beauté de sa mise en scène. De la seconde guerre mondiale à nos jours, du nazisme au fascisme, il guide ses personnages sur la mappemonde où les hommes tentent de gagner leur salut. Marseille, un port et l’attente d’un homme aimé, d’un bateau… l’exil ou la résignation, des thèmes appuyés par un roman littéralement mis en scène. Original et captivant. 3.5

Avis bonus Un court métrage sans passion et une table ronde sans sous titrage…

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