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« Shirley » de Gustav Deutsch. Critique cinéma

Synopsis: La peinture d’Edward Hopper, la vie quotidienne américaine des années 1930 aux années 1960 : treize tableaux prennent vie et restituent le contexte social, politique et culturel de l’époque à travers le regard de Shirley. Un personnage inspiré de Joséphine son épouse, un modèle unique et froid.

La fiche du film

Le film : "Shirley, un voyage dans la peinture d'Edward Hopper"
De : Gustav Deutsch
Avec : Stephanie Cumming, Christoph Bach
Sortie le : 17/09/2014
Distribution : KMBO
Durée : 93 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

Hitchcock , JarmuschScorseseWenders, pour ne citer que les plus célèbres, bon nombre de réalisateurs ont un jour fait appel à son œuvre. La mise en lumière, le cadrage, la mise en scène de ses tableaux, font de Hopper un maître en la matière. Mais avant d’inspirer, le peintre s’est lui-même nourri de l’art cinématographique. Comme un juste retour des choses, le voici au cœur du septième du nom, prisonnier d’un système presque parfait. En reprenant l’esprit et la lettre de son travail, Gustav Deutsch applique consciencieusement les principes d’une technique de la figuration à un art qui demande un peu plus que la représentation.

Sur les deux ou trois premiers tableaux, la perfection de l’illusion chromatique, liée à une théâtralité appliquée, donne le change. Stéphanie Cumming est le personnage de Shirley, assez emblématique de l’univers pictural, mais rendu tout aussi énigmatique par le parti pris du réalisateur.

Cadrage, éclairage, ombre portée, on s’y projette autant que l’on admire le phrasé de l’artiste. Mais par trop de fidélité, le cinéaste s’embrouille dans ses réflexions. Le voici entre théâtre et cinéma, donnant des inflexions à la peinture du maître pour mieux philosopher sur Hollywood, «  l’impasse dont tout le monde revient (…) et qui corrompt les individus ».

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De nombreuses personnalités émaillent ainsi l’évocation de la vie de Hopper, comme Elia Kazan. Sa lutte contre la discrimination est contraire à sa trahison à l’époque du Maccarthisme, rappelle Deutsch, au milieu de l’apparition d’Hitler, ou de la marche des droits civiques. Mais l’actualité est parfois revêche. Elle ne colle pas forcément à l’esprit de ces sketches enfilés les uns après les autres, autour de réflexions philosophiques, politiques, culturelles. Platon, Bergman se hissent sur le plateau pour raconter une autre histoire que celle imaginée par Hopper. Les personnages ont quitté le cadre. Il est quand même préférable d’y retourner : « Compartiment C, voiture 293 », « Soir au cap Cod », « Noctambules », « Soir d’été », « Route à quatre voies »…

Hitchcock , Jarmusch, Scorsese, Wenders, pour ne citer que les plus célèbres, bon nombre de réalisateurs ont un jour fait appel à son œuvre. La mise en lumière, le cadrage, la mise en scène de ses tableaux, font de Hopper un maître en la matière. Mais avant d’inspirer, le peintre s’est lui-même nourri de l'art cinématographique. Comme un juste retour des choses, le voici au cœur du septième du nom, prisonnier d’un système presque parfait. En reprenant l’esprit et la lettre de son travail, Gustav Deutsch applique consciencieusement les principes d’une technique de la figuration à un art qui demande un peu plus que la…

Review Overview

Le film

En reprenant l’idée des peintures de Hopper, le réalisateur les met en mouvement, puis en scène, tout en se dégageant de l’esprit artistique du peintre. Comme une prolongation à l’histoire inscrite sur le tableau, ou une autre histoire qui prend vie. La démarche est intéressante et sur les trois premiers tableaux on s’y laisse prendre, jusqu’à ce que Deutsch introduise une somme de considérations philosophiques, qui se mêlent aussi à la grande Histoire. Ce qui rend l’ensemble un peu plus abscons. Contrairement à la peinture d’Hopper ouverte à tous les vents, tous les possibles…  

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