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« Où est la maison de mon ami ? » d’Abbas Kiarostami. Critique cinéma

  •  Dvd : 6 octobre 2020
  • RéalisateurAbbas Kiarostami
  • ActeursBabek Ahmed Poor, Ahmed Ahmed Poor, Kheda Barech Defai, Babek Ahmed Poor, Ahmed Ahmed Poor
  • LanguePersan
  • Sous-titres : Français
  • Durée coffret : 4 heures et 41 minutes
  • Studio  : Potemkine Films

L’histoire : Un écolier s’aperçoit qu’il a ramené chez lui par erreur, le cahier d’un camarade de classe. Sachant qu’il risque d’être renvoyé s’il ne rend pas ses devoirs sur son propre cahier, il part à sa recherche. Mais la route est longue et difficile, l’adresse imprécise…

  • Film :
  • Bonus :

Ce film demeure à nos yeux d’occidentaux une totale énigme. Le regarder , c’est à peine la résoudre, mais déjà entrevoir un instant d’humanité dans ce monde si obscur. Kiarostami l’illustre par un village dont il fera une trilogie (*). Koker, là où s’enfonce Ahmad, à la recherche de son camarade de classe.

Un village proche du sien, qu’il ne connait absolument pas. Koker devient alors un labyrinthe éreintant pour ses petites jambes et sa tête de gamin iranien.

Il vient de transgresser la loi des adultes qui, de sa mère au grand-mère, exigeaient une somme de travaux incompatibles avec sa mission première : rendre le cahier à Nematzadeh afin qu’il puisse faire ses devoirs.

 

Dans le cas contraire, il risque d’être renvoyé de l’école.

Au cœur de la résolution possible de son problème, Ahmad est à nouveau confronté à l’incompréhension des grands. Tout le monde lui indique comment se rendre chez son ami, mais ce n’est jamais la bonne adresse.

La rencontre avec le menuisier de Koker est déterminante. Il n’exerce plus, trop vieux, et trop perturbé par la valse de ses solides portes en bois que l’on retire pour les envoyer à la ville.

Le grand-père lui demande d’aller chercher des cigarettes, dont il n’a pas besoin, mais  pour  donner un ordre et lui apprendre à obéir. Ahmad a bien d’autres préoccupations en tête.

Que peut-on bien en faire, se demande-t-il en conduisant le gamin dans un dédale de ruelles qu’il parcourt paisiblement. L’ouverture d’un autre monde pour Ahmad, la sagesse exemplaire d’un guide bienveillant.

Cet autre grand-père que Kiarostami substitue à son véritable aïeul, dont les conceptions archaïques interdisent tout progrès significatif.

Outrepassant cette vision passéiste, Ahmad porte le flambeau d’une vérité encore indéfinie dans son regard de gamin perturbé, marquée par cette enfance qui à la soumission ordonne la résistance. On croit rêver, mais ici le rêve est possible.

LES SUPPLEMENTS

  • Le point de vue de Alain Bergala . A l’origine « un petit scénario de rien du tout qui fait un grand film » dit-il .  » Il dirige scène après scène sans raconter l’histoire complète aux enfants qui habitent les villages du film ».

Il explique ce qu’il appelle une cruauté de cinéaste, quand il faut absolument qu’un des petits garçons se mette à pleurer. L’analyse du film est passionnante. Exemple avec  la désobéissance de Ahmad, car une loi supérieure à celle de sa famille lui intime de rendre le cahier, une nécessité absolue , malgré tous les risques encourus.

  • Répétition et variations dans la trilogie de Koker . Il faut peut-être avoir vu les trois films (*) pour comprendre la mise en parallèle de certaines séquences sur des plans presque identiques. C’est très intéressant à suivre …
  • Les commentaires de Alain Bergala et du réalisateur sur certaines scènes ( La porte- La classe … )

(*)  Coffret:   » Où est la maison de mon ami. Et la vie continue. Au travers des Oliviers.

 Dvd : 6 octobre 2020 Réalisateur : Abbas Kiarostami Acteurs : Babek Ahmed Poor, Ahmed Ahmed Poor, Kheda Barech Defai, Babek Ahmed Poor, Ahmed Ahmed Poor Langue : Persan Sous-titres : Français Durée coffret : 4 heures et 41 minutes Studio  : Potemkine Films L'histoire : Un écolier s'aperçoit qu'il a ramené chez lui par erreur, le cahier d'un camarade de classe. Sachant qu'il risque d'être renvoyé s'il ne rend pas ses devoirs sur son propre cahier, il part à sa recherche. Mais la route est longue et difficile, l'adresse imprécise... Film : Bonus : Ce film demeure à nos yeux d’occidentaux une totale…
Le film
Les bonus

Sur un tel film aux apparences banales, Kiarostami élève le propos enfantin aux portes d’une vérité encore mal définie dans sa résolution mais tout à fait réaliste pour dire que l’avenir de l’Iran appartient à sa jeunesse. Et non pas aux vieux caciques que son grand père représente dans un formatage hérité du passé, dont il n’a jamais pu se dépêtrer. Stressé par la nécessité de rendre un cahier à son copain, Ahmad son petit-fils va devoir braver des interdits, l’autorité des adultes et sa peur de gamin. Avant de s’affirmer tel qu’en lui-même au contact d’un grand-père de substitution qui va lui apprendre la sagesse et le conduire vers la solution idéale, une solution humaine. Belle leçon de la part d’un réalisateur qui à sa façon brave de la même manière les lois officiellement admises.

AVIS BONUS Le point de vue très intéressant de Alain Bergala, suivi d'un petit exercice de cinéma et des commentaires du réalisateur

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