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« Etat Limite » de  Nicolas Peduzzi. Critique cinéma

  • 01er Mai 2024  en Salle
  • 1h 42min |
  • Documentaire

L’histoire : Hôpital Beaujon, Clichy. Au mépris des impératifs de rendement et du manque de moyens qui rongent l’hôpital public, Jamal Abdel Kader, seul psychiatre de l’établissement, s’efforce de rendre à ses patients l’humanité qu’on leur refuse. Mais comment bien soigner dans une institution malade ?

  • Champs Elysées Film Festival : Prix du Jury et de la Critique

« On juge du degré de civilisation d’une société à la façon dont elle traite ses fous ». Lucien Bonnafé.

Eminent psychiatre, Lucien n’a pas eu le temps de voir l’application de son commentaire à l’état de la psychiatrie française. Avec notamment cette illustration récente à l’Hôpital Beaujon à Clichy.

Spécialisé dans plusieurs domaines de la médecine, l’établissement  en exclut ipso-facto la psychiatrie où désormais seul un professionnel exerce sur plusieurs étages.

Jamal Abdel Kader, n’en finit pas d’aller et venir, descendre et monter, parfois accompagné d’un aide-soignant ( mais on les voit très peu ) toujours à l’écoute attentive de ses patients. Il lui en faut de la patience pour mener à bien ses journées sans fin qui lui font mal au dos.

« Vous permettez que je m’assois ? » demande-t-il à un malade auprès duquel il va une fois encore prendre le temps nécessaire pour comprendre son mal-être et envisager les soins appropriés. Jamais dans l’urgence, ni la précipitation , toujours avec les précautions d’usage.

Au service des urgences psychiatriques, l’homme côtoie toute la détresse du monde, les tentatives de suicide aux conséquences incalculables sur le physique et le psychisme , les accidents quotidiens, et divers traumatismes qu’il lui faut cerner et comprendre.

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Le réalisateur Nicolas Peduzzi l’observe autant qu’il l’accompagne dans ses bâtiments souvent déserts, où la mise en scène s’impose d’elle-même au regard et à la compréhension du visiteur d’occasion.

Elle devient presque cinématographique dans l’élan volontaire du final où Jamal Abdel Kader sort de son état pour devenir un personnage commun, confronté à son impuissance.

« Pour prendre soin des gens, il faut que l’on prenne soin de nous ».

 

Manque de personnels, de lits, de moyens«  on devient complice. (… ) Si je voulais faire mon métier correctement, je partirais de l’Hôpital qui ne remplit pas son rôle de service public ».

A l’origine il se dirigeait vers la chirurgie comme son père. Un stage en psychiatrie le détourne de son objectif. «  J’ai vu que j’étais à l’aise pour entrer en contact avec ceux que l’on appelle les fous ».

Depuis Jamal Abdel Kader mène quasiment un combat désespéré, solitaire, c’est certain . Pour l’heure il résiste. Une vocation de service public.

01er Mai 2024  en Salle 1h 42min | Documentaire L'histoire : Hôpital Beaujon, Clichy. Au mépris des impératifs de rendement et du manque de moyens qui rongent l’hôpital public, Jamal Abdel Kader, seul psychiatre de l’établissement, s’efforce de rendre à ses patients l’humanité qu’on leur refuse. Mais comment bien soigner dans une institution malade ? Champs Elysées Film Festival : Prix du Jury et de la Critique « On juge du degré de civilisation d’une société à la façon dont elle traite ses fous ». Lucien Bonnafé. Eminent psychiatre, Lucien n’a pas eu le temps de voir l’application de son…
Le documentaire

Quand le service public , n’est plus un service, et encore moins public, un homme qui se dit «  complice » de cette dégradation des soins, tente de résister. Entouré de quelques soignants ( que l’on voit très peu ) , souvent seul, Jamal Abdel Kader arpente les trois étages de son service où sont disséminés ses patients. Il est toujours attentif, précautionneux et souvent désespéré de ne pouvoir agir dans l’instantané. «  Je fais de la relation, et ce n’est pas prévisible ». Spécialisé dans plusieurs domaines de la médecine, l’Hôpital Beaujon à Clichy  en exclut ainsi ipso-facto la psychiatrie Manque de personnel, de lits, de moyens … «  Si je voulais faire mon métier correctement, je partirais de l’Hôpital qui ne remplit pas son rôle de service public ». Pour l’heure il résiste. Une vocation de service public.

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