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« Le redoutable » de Michel Hazanavicius . Critique cinéma

Synopsis: Paris 1967. Jean Luc Godard, le cinéaste le plus en vue de sa génération, tourne « La Chinoise » avec la femme qu'il aime, Anne Wiazemsky, de 20 ans sa cadette. La réception du film enclenche chez Godard une remise en question profonde. Mai 68 va amplifier le processus, et la crise qu’il traverse le transforme profondément.

La fiche du film

Le film : "Le Redoutable"
De : Michel Hazanavicius
Avec : Louis Garrel, Stacy Martin
Sortie le : 13/09/2017
Distribution : StudioCanal
Durée : 107 Minutes
Genre : Biopic, Drame
Type : Long-métrage
Le film

La ressemblance, le mimétisme, c’est une évidence, la performance de Louis Garrel surpasse les intentions mal définies du réalisateur. Il y a aussi dans une posture beaucoup plus discrète et retenue l’excellent jeu de Stacy Martin, l’épouse du monsieur, Anne Wiazemsky… On se demande ce qu’elle lui trouve. Dans la vraie vie. Sur le plateau, le couple est inégalable.

Le livre que la dame écrira beaucoup plus tard sert de référence à Michel Hazanavicius et à sa version cinéma d’une histoire écrite par un cinéaste. Une adaptation à priori peu commode dont le réalisateur s’acquitte honnêtement en picorant ici et là quelques réflexions hasardeuses de l’artiste plaquées sur des séquences assez brouillonnes.

Peut-être en raison de la période Godard 68 qui fascine particulièrement Hazanavicius. Au-delà des reliques exhumées pour la énième fois sur des barricades reconstituées, l’époque vaut à l’auteur de « A bout de souffle »  une remise en cause systématique de son travail, et donc du cinéma. Des propos outranciers à l’action militante, l’artiste trouve chez l’ouvrier et l’étudiant un répondant à une démarche intellectuelle qui a bien du mal à se départir de son fondement bourgeois.

Ce que son entourage assume pleinement décuple sa colère sans véritablement inquiéter le réalisateur officiel, louvoyant maladroitement dans les arcanes d’un cerveau qui exigeait semble-t-il une autre énergie, une dynamique plus constructive. Hazanavicius tente parfois de se hisser à la hauteur de son alter-ego, à travers analyse ou commentaire.  On se languit au fil d’une production semble-t-il débordante mais dont les effets ne se font guère ressentir sur un film trop poli pour être honnête.

C’est dans la drôlerie (mais pas vraiment l’humour) que Michel Hazanavicius trouve un ton assez original. Une conférence à Avignon mémorable, un retour de Cannes, épique avec Grégory Gadebois dans le rôle de Michel Cournot. Godard savait être cinglant et amusant donc, mais au final le portrait qui se détache est celui d’un homme intolérant et d’un fieffé con à l’égard d’une épouse pour laquelle il se révélera cruel et méchant. Un mari torturé par la jalousie et le sentiment d’abandon permanent. Un artiste comme on dit.

La ressemblance, le mimétisme, c’est une évidence, la performance de Louis Garrel surpasse les intentions mal définies du réalisateur. Il y a aussi dans une posture beaucoup plus discrète et retenue l’excellent jeu de Stacy Martin, l’épouse du monsieur, Anne Wiazemsky... On se demande ce qu’elle lui trouve. Dans la vraie vie. Sur le plateau, le couple est inégalable. Le livre que la dame écrira beaucoup plus tard sert de référence à Michel Hazanavicius et à sa version cinéma d’une histoire écrite par un cinéaste. Une adaptation à priori peu commode dont le réalisateur s’acquitte honnêtement en picorant ici et…
Le film

Je ne sais pas trop ce que Michel Hazanavicius a voulu faire de cette adaptation du livre de Anne Wiazemsky qui fut l’épouse de Godard et que la jeune Stacy Martin interprète avec une maestria confondante. C’est d’ailleurs le jeu des acteurs que je retiens avant tout dans ce film avec en tête Louis Garrel dans le personnage du héros. On doit parler de performance sans que cela entache d’un quelconque maniérisme son jeu merveilleux. Le reste est plus discutable et indistinct, entre hommage et biopic de traverse sur une époque Mai 68 que le réalisateur aborde sans grande originalité, si ce n’est celle que Godard emploiera pour dénoncer le système qu’il a lui-même contribué à mettre en place. C’est un film à voir pour retrouver cette période de l’Histoire de France liée à une page du cinéma français qui n’en finit pas de susciter bien des commentaires. Pas un jour sans qu’un critique ne fasse référence à Godard. « Le redoutable » ne devrait pas s’inscrire dans la lignée…

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