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« Le Mariage de Maria Braun » de Rainer Werner Fassbinder. Critique cinéma-dvd

Synopsis: Parti sur le front russe juste après son mariage, Hermann Braun est porté disparu, tandis que sa femme Maria devient entraîneuse dans un bar pour G.I. Elle y rencontre Bill, un soldat noir dont elle tombe enceinte. Hermann réapparaît et les surprend dans le même lit. Maria tue Bill, mais c’est Hermann qui est incarcéré pour dix ans…

La fiche du film

Le film : "Le Mariage de Maria Braun"
De : Rainer Werner Fassbinder
Avec : Hanna Schygulla, Klaus Löwitsch
Sortie le : 02/05/2018
Distribution : Carlotta Films
Durée : 120 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
le film
Les bonus

Ce titre est dans le Volume 2 de la rétro Fassbinder. (*)

Il aura parait-il fallu attendre ce film, son 33 ème, pour que le public franco-allemand s’intéresse enfin à Fassbinder. Nous sommes en 1979. Pour nos voisins teutons, il n’est pourtant pas flatteur, reprenant l’immédiate après-guerre, avec ses ruines et sa désolation rampante.

La nourriture est maigrelette, les logements rares et les hommes toujours en perdition. Ils reviennent au compte goutte à la gare où Maria se rend chaque jour dans l’attente du retour de son mari dont elle n’a plus aucune nouvelle.

Tout en assurant son entourage d’un espoir sans faille, la belle devient entraîneuse dans un bar réservé aux américains. Il faut bien vivre et faire vivre sa famille. Un GI dans la poche, elle se console assez vite, qui plus est avec l’ennemi d’hier.

Fassbinder nous parle ainsi d’une cohabitation surprenante à une époque tout aussi incroyable qu’il date rigoureusement dans des  dialogues éloquents. Le vieux médecin (Claus Holm) que consulte Maria, enceinte de son GI, n’est pas avare de ces bons mots. « Trop vieux pour vivre, trop lâche pour mourir » il regarde son monde s’enfoncer au milieu des peines et des gravats.

« C’est une mauvaise époque pour les sentiments » lui répond un peu plus tard la jeune femme en rendant visite à son mari en prison. Revenu des geôles soviétiques, Hermann ( Klaus Löwitsch) doit purger un crime dont sa femme est doublement la cause. Mais chacun expie ses fautes comme il peut et Maria, toujours fidèle à son époux, continue au grand jour à préserver un amour sans frontière.

Il est peut-être maintenant chez cet industriel français (Ivan Desny) qui a su semble-t-il profiter de la guerre, de la défaite et de la réconciliation. Ce que lui rappelle très délicatement son comptable interprété par Hark Bohm qui dans le genre tordu et sirupeux demeure un grand seigneur. Peu enclin à faire des courbettes à l’allemande qui prend insidieusement sa place dans l’organisation de l’entreprise .

Maria Braun devient ainsi la Mata Hari du monde économique, le jour au service du capital, la nuit à celui des masses laborieuses, relevant définitivement la tête au point de devenir intraitable comme ce pays qu’elle fait renaître.

Une image féministe de la reconquête que Fassbinder a souvent accrochée dans sa filmographie. Hanna Schygulla y est une fois encore magnifique !

LES SUPPLEMENTS

  • La trilogie allemande (42 mn)- « Le Mariage de Maria Braun » est le premier volet d’une trilogie sur l’Allemagne des années 1950, celle d’Adenauer, de la reconstruction et du miracle économique. Avant « Lola, une femme allemande » et «  Lili Marleen »
Hanna Schygulla, RW Fassbinder et Gottfried John entre deux prises

Trois films, et trois héroïnes dans l’Allemagne de 1943 à 1958. Une analyse de ces destins mêlés avec Marielle Silhouette, Nicole Brenez et Cédric Anger.

  • Hanna, une femme allemande (19 mn)-Hanna Schygulla revient sur le personnage de Maria Braun et sur son travail avec R.W.Fassbinder. Passionnant, forcément passionnant.
  • La Maison Fassbinder (21 mn)– « J’aimerais construire une maison avec mes films » disait Fassbinder. Comment cette image se reflète-t-elle dans « Le mariage de Maria Braun ». Une analyse de Patrick Straumann, journaliste.

 

  •  1969 -1973 . Volume 1: 

« L’Amour est plus froid que la mort », « Le Bouc », « Prenez garde à la sainte putain », « Le Marchand des quatre saisons », « Les Larmes amères de Petra Von Kant », « Martha », « Tous les autres s’appellent Ali ». Sortie également de  » Huit heures ne font pas un jour » 

  • (*) 1974-1981. Volume 2 :

« Effi Briest », « Le Droit du plus fort », « Roulette chinoise », « L’Année des treize lunes », « Le Mariage de Maria Braun », « Lola, une femme allemande », « Le Secret de Veronika Voss »

Ce titre est dans le Volume 2 de la rétro Fassbinder. (*) Il aura parait-il fallu attendre ce film, son 33 ème, pour que le public franco-allemand s’intéresse enfin à Fassbinder. Nous sommes en 1979. Pour nos voisins teutons, il n’est pourtant pas flatteur, reprenant l’immédiate après-guerre, avec ses ruines et sa désolation rampante. La nourriture est maigrelette, les logements rares et les hommes toujours en perdition. Ils reviennent au compte goutte à la gare où Maria se rend chaque jour dans l’attente du retour de son mari dont elle n’a plus aucune nouvelle. Tout en assurant son entourage d’un espoir sans…
le film
Les bonus

Pour parler de la reconstruction de son pays, Fassbinder utilise à nouveau la voie des femmes qui à ses yeux incarnent le mieux la symbolique de la renaissance et de la prospérité. Il le fait merveilleusement bien derrière sa caméra, qui ne s’autorise aucune fantaisie dans les faits et l’Histoire. La rigueur et l’application donnent un ton résolument d’époque, avec une affiche tout aussi parfaite. Hanna Schygulla y est une fois encore magnifique ! AVIS BONUS Beaucoup d'éclairages et surtout celui de Hanna Schygulla sur son travail avec Fassbinder.

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