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« La mécanique de l’ombre » de Thomas Kruithof. Critique cinéma

Synopsis: Après deux années au chômage, Duval est contacté par un homme d'affaire énigmatique. Il lui propose un travail simple et bien rémunéré : retranscrire des écoutes téléphoniques. Duval accepte sans s'interroger sur la finalité de l'organisation qui l'emploie.

La fiche du film

Le film : "La Mécanique de l'ombre"
De : Thomas Kruithof
Avec : François Cluzet, Denis Podalydès
Sortie le : 11/01/2017
Distribution : Océan Films
Durée : 93 Minutes
Genre : Thriller, Espionnage
Type : Long-métrage
Le film

Quand il parle d’espionnage et de magouilles politiques,  le cinéma français avance en terrain miné. Dernière victime en date : « Le grand jeu » de Nicolas Pariser qui n’a pas résisté aux pièges et chausse-trappes de l’exercice.

Thomas Kruithof, à ce jour inconnu au bataillon, monte au front avec un aplomb et une innocence salvateurs. Sur les apparences d’un récit pourtant déjà lu, entendu et surtout bien huilé, il file un petit train de réalisateur qui, les événements aidant, devient une très belle machine à filmer. Ce n’est pas forcément le suspense qui tient les rênes. Kruithof ne s’acharne pas non plus sur les rebondissements provoqués par ce gratte-papier d’infortune. Du jour au lendemain (via deux années sans emploi), Derval se retrouve au cœur d’un complot politique, inimaginable bien évidemment dans sa petite tête encombrée.

Derval est un solitaire, un alcoolique en rémission qui fréquente les réunions de ses semblables, une bonne poire un brin obsessionnel, qui du jour à la nuit, via son ancien cabinet d’assurance, passe dans un bureau des légendes anonyme et désespérant. Là où il doit retranscrire des écoutes téléphoniques avec une machine à écrire sur du papier blanc. Son nouveau patron ne fait pas confiance au numérique.

Le tout est confidentiel, cela va de soi.  Ce que le réalisateur traduit avec une vista de grand commis d’Etat. Thomas Kruithof est au cœur des tractations d’une campagne présidentielle dont les ressorts manquent parfois de souplesse. Le réalisateur s’ingénue à les tordre encore plus, avant de les ranger dans une symétrie scénique, un ordre du cadre qui fait allégeance aux mises en scène des plus grands films du genre. J’ai pensé à « La Taupe » de Thomas Alfredson.

François Cluzet y aurait sa place, mais le voici confortablement désinstallé dans son personnage de petit monsieur bringuebalé par plus malin que lui. On ne craint pas grand-chose pour son personnage tant il le joue dans un entre-deux presque naturel. Les Derval courent les rues et Cluzet leur rend hommage face à des crapules souriantes, des Podalydès, superbement exécrables. C’est une très belle affiche complétée par Sami Bouajila, le patron de la DGSI, Simon Abkarian un barbouze qui joue comme Yves Montand à l’époque de « Section Spéciale » et Alba Rohrwaher, la fille paumée dont Derval ne sait s’il doit être le tuteur, l’amoureux ou l’ennemi. Elle débarque un jour à son adresse, lui qui ne la confie à personne. La mécanique de l’ombre n’en finit pas de tourner. Superbe !

Quand il parle d’espionnage et de magouilles politiques,  le cinéma français avance en terrain miné. Dernière victime en date : « Le grand jeu » de Nicolas Pariser qui n’a pas résisté aux pièges et chausse-trappes de l’exercice. Thomas Kruithof, à ce jour inconnu au bataillon, monte au front avec un aplomb et une innocence salvateurs. Sur les apparences d’un récit pourtant déjà lu, entendu et surtout bien huilé, il file un petit train de réalisateur qui, les événements aidant, devient une très belle machine à filmer. Ce n’est pas forcément le suspense qui tient les rênes. Kruithof ne s’acharne pas non plus…
Le film

C’est presque monsieur tout le monde qui se retrouve au centre d’une affaire politico-gouvernementale sous-terraine. Sauf que le candidat retenu présente le profil parfait de l’homme qui entend tout mais ne répète rien. Secret, obsessionnel, un brin paumé dans sa vie, François Cluzet endosse le paletot avec une constance tout aussi énigmatique que requiert son activité secrète et anonyme. Pour un premier film, ce jeune cinéaste est plein de références cinématographiques, mais il s’en détache parfaitement et surtout réussit dans une catégorie casse-gueule pour les français, à placer la barre bien au-dessus de la moyenne. Thomas Kruithof est au cœur des tractations d’une campagne présidentielle, via une prise d’otages, dont les ressorts manquent parfois de souplesse. Il s’ingénue à les tordre encore plus, avant de les ranger dans une symétrie scénique, un ordre du cadre qui fait allégeance aux plus grands films du genre.

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