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« Insiang » de Lino Brocka. Critique cinéma

Synopsis: Insiang habite un bidonville de Manille avec sa mère, la tyrannique Tonya. Elle se démène corps et âme pour survivre dans ce quartier où chômage et alcoolisme font partie intégrante du quotidien. Un jour, Tonya ramène chez elles son nouvel amant, Dado, le caïd du quartier, en âge d’être son fils. Ce dernier tombe rapidement sous le charme de sa nouvelle « belle-fille »…

La fiche du film

Le film : "Insiang"
De : Lino Brocka
Avec : Hilda Koronal, Mona Lisa
Sortie le : 22/06/2016
Distribution : Carlotta Films
Durée : 97 Minutes
Genre : Comédie dramatique
Type : Long-métrage
Le film

Ce film a 50 ans. Je ne pense pas que son propos soit dépassé. Le sort des jeunes femmes dans les bidonvilles de Manille a, je l’espère, évolué de manière plus favorable, mais le contexte social demeure toujours aussi désastreux. A travers le portrait d’Insiang, et des rapports plus que tendus qu’elle entretient avec une mère tyrannique, Lino Brocka imagine un mélodrame familial en réquisitoire contre la situation des bidonvilles philippins et la misère qu’elle engendre.

Insiang est sous la coupe de sa mère qui vient de renvoyer la famille de son mari à la rue. Elle peut alors accueillir Dafo, son amant, un « gamin » qui paraît être le caïd du quartier, mais que ses copains chambrent facilement. Par contre Dado fait peur aux plus faibles dont Bebot, le petit copain d’Insiang Dado ne l’apprécie pas vraiment …

C’est dans ce labyrinthe malfaisant que le cinéaste s’aventure en quête d’un peu de répit pour cette foule emportée par une décrépitude totale, confinée dans la petite habitation des deux femmes.

Une seule et même pièce sous la tôle, faite de bric et de broc,  compartimentée au petit bonheur la chance entre la chambre, la cuisine et les toilettes…. Comme un ménage à trois, contraint pour la jeune fille qui se méfie comme de la peste de l’amant de sa mère. Les relations ne peuvent qu’empirer laisse entendre la caméra de Lino Brocka emportée par sa fougue et ses personnages qu’elle capture avec empressement. Mona Lisa, la mère, ne se fait pas prier pour accentuer des traits peu sympathiques, en opposition à la douceur du visage d’Hilda Koronel, une héroïne totale dans ce qu’elle révélera de sa personnalité hors du commun.

Ici c’est marche ou crève, et la vengeance est arbitrale. Comme les règlements de compte en famille qui voit casseroles et vêtements comptabilisés le jour du renvoi des cousins de la pauvre demeure. Rien n’échappe alors à l’œil du jeune cinéaste de l’époque qui signait là son deuxième film. A peine quinquagénaire, Lino Brocka est parti rejoindre d’autres rives, sans jamais nous quitter des yeux. « Insiang » en témoigne encore.

Ce film a 50 ans. Je ne pense pas que son propos soit dépassé. Le sort des jeunes femmes dans les bidonvilles de Manille a, je l’espère, évolué de manière plus favorable, mais le contexte social demeure toujours aussi désastreux. A travers le portrait d’Insiang, et des rapports plus que tendus qu’elle entretient avec une mère tyrannique, Lino Brocka imagine un mélodrame familial en réquisitoire contre la situation des bidonvilles philippins et la misère qu’elle engendre. Insiang est sous la coupe de sa mère qui vient de renvoyer la famille de son mari à la rue. Elle peut alors accueillir…
Le film

Lino Brocka imagine avec ce second film (1970)  un mélodrame familial en réquisitoire contre la situation des bidonvilles philippins et la misère qu’elle engendre. Un film tourné en dix jours dans les cloaques de Manille, c’est l’urgence qui prime sur les intentions. Mais l’un et l’autre sont au cœur de ce labyrinthe social totalement habité par cette mère véritablement insupportable, qui ne vit que pour son gigolo qui guigne en réalité sa fille. La belle Insiang, objet de tous les désirs où se cristallisent la misère et la frustration d’une jeunesse sans aucun repère.

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