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« Fleurs d’Equinoxe » d’Ozu, critique cinéma

Synopsis: Un groupe d’anciens amis se retrouve autour d’un verre de saké et discute de l’avenir de leurs filles, désormais en âge de se marier. L’un d’eux, Wataru Hirayama, est un cadre supérieur fermement attaché à ses valeurs conservatrices, mais tenant parfois auprès de ses amis un discours progressiste sur l’amour et le mariage. Un jour, un jeune homme se présente à son bureau : il se nomme Masahiko Taniguchi et demande la main de Setsuko, sa fille aînée. La décision d’Hirayama est sans appel : il refuse que sa fille épouse l’homme qu’elle aime

La fiche du film

Le film : "Fleurs d'équinoxe"
De : Yasujir Ozu
Avec : Teiji Takahashi, Fujiko Yamamoto
Sortie le : 15/02/1969
Distribution : Alive
Durée : 115 Minutes
Genre : Comédie dramatique
Type : Long-métrage
Le film

Avec son premier film en couleur, à la fin des années cinquante , Yasujiro Ozu ne révolutionnait que sa propre raison d’être. On lui imposa ce choix pour magnifier une star des studios, Fujiko Yamamoto. Le reste demeurant une constante de son art appliqué à une conduite d’ethnologue : l’observation de ses concitoyens à travers une mise en scène minimaliste, quasi existentielle.

Le tableau qu’il dresse de la société nippone est un raccourci d’humanité qui voit le personnage principal  prisonnier d’une éducation que ses enfants tentent d’assouplir. Des  filles, ce qui n’arrange pas les codes d’éducation parentale. Autrefois, le père choisissait l’époux et la mère acquiesçait ; aujourd’hui les enfants  se rebellent contre cette vue de l’esprit trop étroite.

L’idée du scénario est plutôt intéressante : Wataru, qui refuse ainsi à son aînée le droit d’aimer l’homme de son choix, se voit pris pour témoin dans une autre famille, confrontée au même dilemme. Pendant ce temps,  la fille de sa meilleure amie  lui demande conseil devant le refus de sa mère de lui accorder la main de l’homme qu’elle aime. Wataru joue les bons offices, tiraillé par son propre combat. Son discours diffère à chaque fois …

Shin Saburi ( Wataru ) fait de beaux discours , mais ne se les applique pas ...
Shin Saburi ( Wataru ) fait de beaux discours , mais ne se les applique pas …

Celui  d’Ozu ,entre tradition et modernité, au cœur de la cellule familiale  ne cesse donc pas dans ce film tout aussi attachant que «  Le voyage à Tokyo » ou «  Le fils unique ». Mais la manière dont il dessine ses personnages, est encore peut-être plus subtile. Il les enferme dans leurs contradictions, leur malaise avec une pointe de méchanceté amusante, plutôt drôle, qui frise l’ironie. Sous le masque des bonnes convenances japonaises, sourires et courbettes à n’en plus finir, le réalisateur n’est pas dupe de la comédie qui se joue.

Il soigne le cadre et l’homme ne sait plus sur quel pied danser. Il y a trop d’harmonie autour de son désordre intérieur pour ne pas flancher. La moindre ruse le fait chuter, et tout fout le camp, valeur morale et autorité comprises. Sa défaite n’en sera que plus humiliante, dans les replis d’un sourire qu’il n’accordera pas à sa fille, le jour de son mariage. Ozu peut-il rester sur un tel constat ? Il n’est pas si cruel…

Avec son premier film en couleur, à la fin des années cinquante , Yasujiro Ozu ne révolutionnait que sa propre raison d’être. On lui imposa ce choix pour magnifier une star des studios, Fujiko Yamamoto. Le reste demeurant une constante de son art appliqué à une conduite d’ethnologue : l’observation de ses concitoyens à travers une mise en scène minimaliste, quasi existentielle. Le tableau qu’il dresse de la société nippone est un raccourci d’humanité qui voit le personnage principal  prisonnier d’une éducation que ses enfants tentent d’assouplir. Des  filles, ce qui n’arrange pas les codes d’éducation parentale. Autrefois, le père choisissait…

Review Overview

Le film

Dans un cadre qui n’appartient qu’à lui Ozu signe son premier film en couleur (1958) et donne au décor encore plus de signification au drame qu’il met en scène de manière toujours aussi intimiste. Le refus d’un père de voir sa fille mariée à l’homme qu’elle a choisi. La mise en scène toujours aussi soignée et minimaliste donne malgré tout assez d’espace aux personnages qui affublés des convenances nippones réussissent à tomber le masque pour entrevoir la société dont ils rêvent. C’est toute la quête d’Ozu, l’affut de ses concitoyens, qu’il chérie bien. Deux heures enchanteresses…

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