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« Fais de beaux rêves » de Marco Bellochio. Critique cinéma

Synopsis: Turin, 1969. Massimo, un jeune garçon de neuf ans, perd sa mère dans des circonstances mystérieuses. Quelques jours après, son père le conduit auprès d’un prêtre qui lui explique qu’elle est désormais au Paradis. Massimo refuse d’accepter cette disparition brutale. Année 1990. Massimo est devenu un journaliste accompli, mais son passé le hante. Alors qu’il doit vendre l’appartement de ses parents, les blessures de son enfance tournent à l’obsession…

La fiche du film

Le film : "Fais de beaux rêves"
De : Marco Bellocchio
Avec : Valerio Mastandrea, Bérénice Bejo
Sortie le : 28/12/2016
Distribution : Ad Vitam
Durée : 130 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

C’est une histoire intemporelle, peut-être un chef d’œuvre. Le temps doit le patiner, avant de le couronner. Saluer ce film unique qui reviendra par étapes, par images se rappeler à notre bon souvenir.Marco Bellochio à qui l’on doit de très belles pages, «  La Belle endormie », «  Le prince de Hombourg » … atteint ici des sommets. Il a 77 ans et le temps ne fait rien à l’affaire. Il la bonifie c’est une évidence quand le réalisateur s’empare d’un gros roman de 40 ans d’une histoire compilée par Massimo Gramellini pour mieux se raconter. Se voir et se comprendre à travers le décès d’une mère qui va le hanter toute sa vie.

Le gamin refuse cette mort qu’il n’a pas vu venir. Pourtant, lui dit-on, le dernier geste de cette maman avec qui il dansait le twist aura été de le border. Sa vie est désormais suspendue à cette absence inconsolable, qu’il comble par des angoisses accrochées au sourire de Belphégore. Seul remède à ses malaises, cette figure de son enfance qu’il caressait sur le petit écran avec sa maman.

Le mal-être se rebelle sous les traits du jeune Nicolò Cabras, attachant et poignant, ceux plus tard de Valerio Mastandrea, totalement habité lui aussi par cette enfance que Bellochio rejoue avec constance. Des va et vient subtiles, dans l’esprit du flash-back pour une épopée italienne des années soixante-dix à l’aube d’un siècle nouveau.

Chroniqueur sportif, puis reporter de guerre, Massimo efface peu à peu son passé quand une scène meurtrière à Sarajevo le ramène sur son champ de bataille. Elle est d’autant plus cruelle à ses yeux d’enfant retrouvé que le photographe qui l’accompagne va la « magnifier » en la mettant en scène. On peut donc mentir à tout un peuple, trafiquer la réalité de la mort. Le souvenir de la disparition de sa mère, inexpliquée, entaille à nouveau le mystère qui le taraude.

C’est poignant, saisissant, et l’écriture, d’une grande délicatesse gomme le pathétique, la surenchère ou la pitié. La mise en scène de Bellochio s’accorde à ces mouvements de tendresse jusqu’à les rendre parfois merveilleux dans l’accomplissement de leurs désirs.

Voir, les retrouvailles du père et du fils devant le mausolée de l’équipe de foot décimée dans un accident d’avion. Il y a plusieurs années qu’ils ne se sont pas revus. L’entente n’est toujours pas parfaite et le fils demande à changer de sujet. «  On a passé notre vie à ca » répond le père.

Un constat en forme d’au revoir, sinon d’adieu. A son passé recalé par l’amour d’une femme (Bérénice Béjo ) qui après l’avoir soigné de ses angoisses panse un cœur encore malheureux. Une danse, la frénésie, réminiscence d’un vieux twist d’autrefois. Mais cette fois, sans regret, ni remord. La vie reprend ses droits.

C’est une histoire intemporelle, peut-être un chef d’œuvre. Le temps doit le patiner, avant de le couronner. Saluer ce film unique qui reviendra par étapes, par images se rappeler à notre bon souvenir.Marco Bellochio à qui l’on doit de très belles pages, «  La Belle endormie », «  Le prince de Hombourg » ... atteint ici des sommets. Il a 77 ans et le temps ne fait rien à l’affaire. Il la bonifie c’est une évidence quand le réalisateur s’empare d’un gros roman de 40 ans d’une histoire compilée par Massimo Gramellini pour mieux se raconter. Se voir et se comprendre à travers…
Le film

Massimo Gramellini a écrit l’histoire de sa vie, et celle de la mort de sa mère qu’il n’a jamais pu élucider. Le mystère qui l’entoure restera longtemps gravé dans sa mémoire jusqu’au jour où devenu adulte il oublie peu à peu cette disparition tragique. Mais, reporter de guerre, une image va venir raviver ses souvenirs douloureux et hanter à nouveau un passé qui redevient bien présent. Il fallait oser adapter ce gros bouquin et ses 40 ans d’histoire, ce que Bellochio réussit formidablement bien, au point de frôler ce qui risque de devenir un chef d’œuvre. Le temps doit toujours confirmer la grandeur d’une telle réalisation, qui s’accorde à des mouvements de tendresse jusqu’à les rendre parfois merveilleux dans l’accomplissement de leurs désirs. C’est poignant, saisissant, et l’écriture, d’une grande délicatesse gomme le pathétique, la surenchère ou la pitié qui pourrait surgir des incartades angoissées de Massimo interprété avec brio par Valerio Mastandrea.

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Un commentaire

  1. Décevant.
    Magnifier ainsi le culte de la mama italienne frôle le cliché.Cet homme demeure handicapé dans un silence qu’il n’osera pas brisé, choisissant le déni prolongé plutôt que d’affronter ce que son cœur d’enfant ne pouvait accepter. Les secrets de famille sont destructeurs, d’accord. Les circonstances qui lui permettront d’y faire face relèvent de la naïveté. J’ai fait preuve de persévérance pour adhérer à cette histoire mais n’ai pu me laisser convaincre.

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