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« En Guerre » de Stéphane Brisé. Critique cinéma

Synopsis: Malgré de lourds sacrifices financiers de la part des salariés et un bénéfice record de leur entreprise, la direction de l’usine Perrin Industrie décide néanmoins la fermeture totale du site. Accord bafoué, promesses non respectées, les 1100 salariés, emmenés par leur porte parole Laurent Amédéo, refusent cette décision brutale et vont tout tenter pour sauver leur emploi.

La fiche du film

Le film : "En Guerre"
De : Stéphane Brizé
Avec : Vincent Lindon, Mélanie Rover
Sortie le : 16/05/2018
Distribution : Diaphana Distribution
Durée : 113 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
le film

Une résonance particulière, ce film, dans le contexte social actuel que Stéphane Brizé réajuste à travers une fiction dont le contenu documentaire est très présent. Pour avoir un peu vécu en observateur ce genre de situation, je crois pouvoir en témoigner la justesse. Mais il ne suffit pas d’être un (ancien) journaliste pour retrouver dans ce combat économique la vérité et le poids d’événements aux conséquences désastreuses.

Devant sa TV ou à la radio, le spectateur-auditeur renoue avec la même information que Brizé rapporte sur un mode médiatique similaire. Au début, sa mise en scène s’appuie fortement sur le reportage télévisé, avec les mêmes incrustations et des prises de paroles identiques. Ça ne dure pas et c’est heureux car l’intérêt s’émousse alors.

A quoi bon en effet découvrir un film que l’on voit presque toutes les semaines sur notre petit écran ?

A nous remémorer des faits et des gestes, à nous tenir éveillés aussi et ne pas oublier que derrière les banderoles et les calicots, des hommes et des femmes forgent chaque jour une résistance constructive. Il n’est pas question d’engagement corporatiste chez Brizé, de défense de droits acquis ou de préservation d’avantages d’avant-guerre.

Laurent Amédéo le répète, il ne se bat pas pour lui, pour sa famille ou son petit confort. C’est une lutte pour la survie  qu’il engage dans un propos militant relayé par une parole patronale tout aussi déterminée. Mais c’est bien la version ouvrière qu’il nous est donné de voir et d’entendre à travers ce délégué syndical que Vincent Lindon porte à bout d’urgence et de vérités complexes.

Il est une fois encore exceptionnel et stupéfiant, étrangement habité par ce personnage que le cinéaste filme comme un être bien ordinaire au milieu d’autres gens tout aussi communs.

La mise en scène de Stéphane Brizé est portée par ces hommes et ces femmes qui pour la première fois devant une caméra exaltent avec simplicité et détermination la dignité humaine. Une mise en scène de l’intérieur, immersive, au point de nous impliquer peut-être un peu malgré nous. Emportés par le flot de paroles invectives, de rencontres officielles et de négociations aussi éruptives que stériles. La loi du marché comme disaient déjà si bien Brizé et Lindon lors de leur précédente collaboration. Un film et certainement plus que cela !

Une résonance particulière, ce film, dans le contexte social actuel que Stéphane Brizé réajuste à travers une fiction dont le contenu documentaire est très présent. Pour avoir un peu vécu en observateur ce genre de situation, je crois pouvoir en témoigner la justesse. Mais il ne suffit pas d’être un (ancien) journaliste pour retrouver dans ce combat économique la vérité et le poids d’événements aux conséquences désastreuses. Devant sa TV ou à la radio, le spectateur-auditeur renoue avec la même information que Brizé rapporte sur un mode médiatique similaire. Au début, sa mise en scène s’appuie fortement sur le reportage…
le film

Une fois encore avec Vincent Lindon dont c’est la quatrième collaboration,  Stéphane Brizé enfonce le clou de la contestation sociale et de la résistance économique d’une population ouvrière acculée à des décisions patronales aux conséquences désastreuses. Cette immersion au cœur de la révolte ouvrière relève les sacrifices engagés par les salariés devant les promesses non tenues de la direction. Celle-ci le reconnait sans ambages , mais argue d’une position économique internationale imprévisible au moment de la signature, deux ans plus tôt. Face à une parole patronale déterminée, c’est bien la version ouvrière qu’il nous est donné de voir et d’entendre à travers Laurent, un  délégué syndical que Vincent Lindon porte à bout d’urgence et de vérités complexes. Il est une fois encore, exceptionnel et stupéfiant, étrangement habité par ce personnage que le cinéaste filme comme un être bien ordinaire au milieu d’autres gens tout aussi communs. Des hommes et des femmes qui pour la première fois devant une caméra exaltent avec simplicité et détermination la dignité humaine.  « En Guerre » est d’une justesse édifiante de bout en bout,

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