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« Du goudron et des plumes » de Pascal Rabaté. Critique cinéma

Synopsis: L'été arrive à Montauban, avec les vacances, les barbecues… et le "Triathlon de l’été", compétition populaire télédiffusée. Christian, divorcé et commercial aux petites combines, n'a d’autre joie que sa fille de 12 ans. Par amour pour elle et pour racheter tous ses petits mensonges, il accepte de participer à ce grand rendez-vous sportif. Le jour où il rencontre Christine, mère célibataire et enceinte, tout semble concorder pour que Christian prenne un nouveau départ …

La fiche du film

Le film : "Du goudron et des plumes"
De : Pascal Rabaté
Avec : Sami Bouajila, Isabelle Carré
Sortie le : 09/07/2014
Distribution : Ad Vitam
Durée : 91 Minutes
Genre : Comédie
Type : Long-métrage
Le film

 Sans les fanfaronnades habituelles et les mimiques poussées à l’extrême d’un Boon surexcité, voici de quoi rire et sourire à volonté, au cœur d’une histoire dont la tendresse et les soucis quotidiens font bon ménage.

A l’origine, Pascal Rabaté ne se fatigue pas trop. En compagnie de son co-scénariste, Antoine Pinson, il imagine le quotidien d’un père divorcé, dont la garde partagée de sa fille lui pose quelques tracas. Une rencontre inopinée avec une dame et sa petite fille, et l’idylle  prend le large.

Sous l’œil du réalisateur de «  Ni à vendre, ni à louer », les choses vont bien évidemment ne pas suivre le courant. Les problèmes de voisinage sont joliment traités ( Jean-François Gallotte, le bègue de service ), pas comme on les voit habituellement au cinéma ; seuls les tics demeurent. Mais le costaud qui n’arrête pas de tailler sa haie, et de zyeuter ce qui se passe de l’autre côté, un brin raciste, porte une graine qui peut pousser n’importe comment. Et c’est déjà le style Rabaté, drôle et léger, qui ne  prévient pas vraiment de ce qui va advenir de  ses protagonistes.

du goudron et des plumes

On les a déjà aperçus dans d’autres contrées cinématographiques, mais les voici imprévisibles sous leur carapace  tendre et fragile, comme Christian qui fait ce qu’il peut avec sa fille et son boulot de démarcheur à l’arnaque, planté dans un décor que le cinéaste peaufine avec un souci du détail qui frise l’ironie.

La ruralité dans toute sa splendeur, ses excès aussi, ses majorettes et la fanfare qui va avec, la kermesse sans personne dedans, et là ça devient désopilant – le concours du guitar hero-, méchant, mordant, mais si proche de la vérité. Il faut mieux en rire nous dit le cinéaste qui ne se prive pas alors d’appliquer  la formule dans une réalisation bien troussée, avec ses redondances et ses clins d’œil à Tati. Un hommage, peut-être, qui n’a rien de béat : le coup du rond-point, les tondeuses, l’architecture uniforme des maisons résidentielles … moi je dis chapeau et j’en rigole encore. Je crois même que la séquence de la TV à distance, manipulée par un Daniel Prévost, plus que parfait, fait partie du lot.

Avec ça, des dialogues qui en rajoutent dans la saveur et la bonne humeur, légers, pour  une jolie fantaisie qui peut virer à l’aigre doux, et déraper quand les frasques professionnelles du monsieur le rattrape. On pouvait le pressentir, mais on ne le voit pas venir. La vista d’un cinéaste, et celle d’une troupe de comédiens joliment réunis autour d’Isabelle Carré et Sami Bouajila, nous emporte sur une autre planète. Ils forment vraiment une très belle famille.

 Sans les fanfaronnades habituelles et les mimiques poussées à l’extrême d’un Boon surexcité, voici de quoi rire et sourire à volonté, au cœur d’une histoire dont la tendresse et les soucis quotidiens font bon ménage. A l'origine, Pascal Rabaté ne se fatigue pas trop. En compagnie de son co-scénariste, Antoine Pinson, il imagine le quotidien d’un père divorcé, dont la garde partagée de sa fille lui pose quelques tracas. Une rencontre inopinée avec une dame et sa petite fille, et l’idylle  prend le large. Sous l’œil du réalisateur de «  Ni à vendre, ni à louer », les choses vont bien évidemment…

Review Overview

Le film

Rabaté n’en finit pas de peaufiner un style déjà bien affirmé dans ses précédents films et qui cette fois sur les recommandations posthumes de Jacques Tati frise le bonheur parfait. Burlesque, fantaisiste, plein d’idées comique, des gags savoureux (l’interversion des lettres…) l’hommage à Tati, je pourrais en rajouter des tonnes de bonheur sur cette comédie qui ne se prend pas la tarte aux fraises dans la gueule pour dire comment va la France aujourd’hui. Une comédie, une vraie, et c’est tout bon.

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