Bourvil et Gabin dans un film culte qui sous ses aires de rigolade raconte à sa façon l'occupation allemande dans Paris . C'est pas toujours joli, joli mais les comédiens sous l'œil du maître nous empêche de pleurer.
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Le seul bonus de cette galette toujours aussi savoureuse, c’est un documentaire très instructif.On y apprend que la fin du film a été imposée par la production , par « ce gros con de Deulschmeister » écrit Claude Autant-Lara à son chef décorateur Max Douy interviewé dans les suppléments .
Une bonne nouvelle car le film se termine effectivement par un happy end complètement illogique au regard de la construction parfaitement établie depuis les premières images. Si le film s’arrêtait, à un moment bien précis, que ma mère m’a défendu de nommer ici, toute la verve subversive du propos en aurait été renforcée.
Car si « La Traversée de Paris» demeure dans la mémoire, une agréable galéjade , l’histoire de deux braves gars qui trafiquent au marché noir, le film est autrement plus emblématique d’une situation paradoxale , dix ans après la fin de la guerre.
En suivant ces porteurs de valises, toute une population se révèle à la caméra , tel un kaléidoscope de l’époque . Les bons, les méchants, les franchouillards, ou les courageux qui à l’image du personnage de Jean Gabin n’hésite pas à pousser le bouchon de la provocation jusqu’à l’acte gratuit .
Comme le rappelle Pierre Assouline dans les suppléments « si ce film est devenu dérangeant, c’est parce qu’il commençait à dire que tous les Français n’avaient pas été des résistants » .Mais plutôt que d’en faire son sujet, Claude Autant-Lara sème ses petits commentaires au gré des rencontres de la pénombre et des comptoirs de bistrots, véritable concentré d’humanité.
Marcel Aymé l’auteur du roman qui inspire le film , et scénariste, était farouchement opposé à Bourvil dans le rôle de Martin, chargé d’acheminer le cochon à l’autre bout de la ville. Il le fait savoir, vertement au réalisateur très peiné d’une telle réaction . Il faut croire que le contre-emploi n’était alors pas de mise . Bourvil y excelle et jouant sur tous les registres de la comédie donne à son personnage, une véritable dimension.
A la sortie du film , le romancier reconnaît son erreur et félicite chaudement Autant-Lara . « C’est le meilleur travail que l’on ait fait à partir d’une de mes œuvres ».
Bourvil reçoit cette année-là, 1956, le prix d’interprétation à la Mostra de Venise .



















13 septembre 2009
Critiques DVD, Guerre, Les critiques