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« Aimer, boire et chanter » d’Alain Resnais . Critique cinéma

Synopsis: Dans la campagne anglaise du Yorkshire, la vie de trois couples est bouleversée par la maladie de leur ami George Riley. Lorsque Colin l’apprend par mégarde à sa femme Kathryn, il ignore que celui-ci a été le premier amour de Kathryn. Les deux époux, qui répètent une pièce de théâtre avec leur troupe amateur locale, persuadent George de se joindre à eux. Cela permet à George, entre autres, de jouer des scènes d’amour appuyées avec Tamara, la femme de son meilleur ami Jack, riche homme d’affaires et mari infidèle.

La fiche du film

Le film : "Aimer, boire et chanter"
De : Alain Resnais
Avec : Sabine Azéma, Hippolyte Girardot
Sortie le : 26/03/2014
Distribution : Le Pacte
Durée : 108 Minutes
Genre : Comédie
Type : Long-métrage
Le film

C’est parfois du théâtre ou du cinéma. Sur une même scène, un lieu identique, Alain Resnais joue sur les mots, les intonations, la direction d’acteurs. Le décor est le plus souvent fabriqué, sommaire, mais tout à fait identifiable. Un cottage, une maison bourgeoise, une maison …

C’est un paysage du Yorkshire qui ressemble à sa filmographie et  à un film de  Stephen Frears«  Tamara Drew », ou«  Another Year »  de Mike Leigh. Une humeur, un brin d’atmosphère de fin de journée, ou de vie que va bientôt quitter George dont les copains apprennent « incidemment » son cancer.

Resnais a son Godot, que l’on ne voit jamais, mais qui mène sa barque au gré de ses fantaisies. Il dirige tout son petit monde, ses copains, ses amis, tel un directeur de consciences. George, c’est le meilleur ami de Jack, effondré à l’annonce de la nouvelle, et préoccupé par sa maîtresse qui l’appelle en pleine nuit. Autrefois , George a  failli épouser Kathryn, qui vit désormais avec Colin, très proche de Jack.

Très proche de George aussi, car dans son malheur, le pauvre homme voit tout le monde se rapprocher de lui. Le voici même convié à endosser un rôle dans la petite comédie qu’ils s’apprêtent à jouer dans la troupe amateur locale. La même qui se joue devant nos yeux avec délectation et bonne humeur, et des comédiens toujours bien en place (Sabine Azéma, Michel Vuillermoz, Hippolyte Girardot…).

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Le style surprend, bigarré,  agencé dans l’épure d’un théâtre et d’une bande dessinée, vaudeville mitonné dans ces couleurs chatoyantes où chaque personnage n’interprète que le reflet d’une personnalité chagrinée. Jack le bon bourgeois trouve «  quelque chose d’apaisant à regarder travailler les autres ». Tamara, son épouse remarque que «  techniquement, Monica, est toujours marié avec George ».

A force de mettre leur nez dans les affaires des autres, les imbroglios se multiplient, sentimentaux, amoureux, féminins donc selon Resnais.La surenchère ne tarde pas à tourner au pugilat quand il s’agit de savoir qui aura les dernières faveurs du futur défunt. Car le plus étrange de cet hymne à l’amour c’est que l’on y parle constamment de la mort, par allusion ou métaphore. Jusqu’à l’enterrement final qui nous renvoie aux quelques jours qu’il reste encore à vivre à celui qui parle de son héros en rappelant que «  George était un homme joyeux dans un monde qui ne l’était pas ». Comme une épitaphe personnelle.

C’est parfois du théâtre ou du cinéma. Sur une même scène, un lieu identique, Alain Resnais joue sur les mots, les intonations, la direction d’acteurs. Le décor est le plus souvent fabriqué, sommaire, mais tout à fait identifiable. Un cottage, une maison bourgeoise, une maison … C’est un paysage du Yorkshire qui ressemble à sa filmographie et  à un film de  Stephen Frears«  Tamara Drew », ou«  Another Year »  de Mike Leigh. Une humeur, un brin d’atmosphère de fin de journée, ou de vie que va bientôt quitter George dont les copains apprennent « incidemment » son cancer. Resnais a son Godot, que l’on…

Review Overview

Le film

C’est le théâtre dans le cinéma ou l’inverse, tellement Alain Resnais a su tout au long de sa carrière, concilier les deux, en donnant toujours à ses comédiens (Sabine Azéma, Michel Vuillermoz, Hippolyte Girardot…) le soin de trouver la bonne direction. On s’y perd une fois encore avec plaisir dans ce vaudeville qui rend hommage à la création, à la comédie des sentiments, et au bonheur de vivre encore un peu « joyeux, dans un monde qui ne l’est pas vraiment ».

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