Le retour de Tamara Drewe dans son village natal, fait l’effet d’une bombe pour la petite communauté qui y prospère en paix. Elle est devenue belle et célèbre. Le cottage londonien ne va pas s’en remettre…. mais Frears sait y faire
| « Tamara Drewe » de Stephen Frears
Sortie le 02 février |
| Le film : | ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() |
Les bonus : | ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() |
SORTIE EN DVD ET BLU-RAY
LE 2 FÉVRIER 2011
Le bonheur est dans le pré, chante joyeusement Stephen Frears qui avec son nouveau film, un peu inattendu , gambade dans la campagne londonienne, en proie à des ébats aussi amoureux que littéraires.
Pour la bonne raison que tout se passe autour d’un petit cottage typique, havre de paix pour des romanciers en mal d’inspiration, de ventes ou de célébrité. Autant d’infortune que ne connaît pas le propriétaire des lieux, un écrivain à succès, coureur de jupons invétéré. Alors quand revient au pays la belle Tamara Drewe ( un personnage de BD imaginé par Posy Simmonds) , Nicholas ne tient plus en place. Il n’est d’ailleurs pas le seul insensible aux charmes de la journaliste people dont la beauté pyromane et les divagations amoureuses éveillent d’obscures passions et provoquent un enchaînement de circonstances aussi absurdes que poignantes.
Mais plus qu’à Etienne Chatiliez , c’est à Eric Rohmer , et à ses contes amoureux, que je pense quand je vois notre britannique mener aussi gaillardement sa caméra dans ce petit univers douillet et confortable, que deux gamines vont se charger de dynamiter . Comme elles s’ennuient dans leur bled, la perspective de rencontrer une rock star amoureuse de Tamara leur fait imaginer les pires turpitudes.
Le vaudeville vire au marivaudage, la comédie s’estompe pour une autre romance moins légère où le monde se révèle à lui-même . Avec ses petits travers et ses grands bonheurs (l’inverse est aussi possible) qu’orchestre malicieusement un réalisateur faussement badin, mais véritablement inspiré.
Son héroïne, autrefois affublée d’un tarin pas possible, s’est refait une santé. Gemma Arterton , est à la hauteur de la tâche que lui confie un tel scénario, où les vaches sont aussi dangereuses qu’un troupeau de bisons déchaînés, et les hommes pas toujours très futés.
Roger Allam pour ne citer que lui dans le rôle du propriétaire en fournit une image presque parfaite. Son épouse, Tamsin Greig , ( très belle interprétation ) sauve les apparences et les meubles qui vont avec. Mais le jour où un soupirant transi lui confie sa passion, la dame ne sait plus quoi penser.
Comme les circonstances lui donneront raison, et le champ libre (plus de vaches, plus de chien fou, plus de mari …) la vie pourra reprendre son cours. Car la vie ici demeure un long fleuve tranquille.

Le maître dans ses oeuvres
Bonus
- Entretien avec Stephen Frears (16mn)
Stephen Frears évoque plusieurs thèmes autour de sa filmographie en affirmant par exemple que « Les liaisons dangereuses » était à ses yeux « un film drôle. […] J’aime les changements de ton et je préfère filmer des personnages spirituels et amusants. Et bien sûr le public préfère ce type de personnage »
Fait-il allusion à Talmara Drewe dont il est peu question dans cette interview, où l’aspect social de sa carrière est longuement évoqué, même s’il se défend d’être un cinéaste politique. « Dans “ My beautiful Laundrette ” c’est le langage amoureux qui m’a intéressé, et le côté scandaleux qui s’en dégageait ».
Martin Scorsese ? « C’est un prêtre du cinéma, il en parle comme d’un lieu saint ».

Un air de ressemblance avec le réalisateur , non ?
Les acteurs ? « J’ai travaillé au théâtre, je n’ai pas peur d’eux, et j’aime ce qu’ils font, parce que généralement ils transcendent ce que vous aviez en tête ».
Film et téléfilm ? « La différence est évidente, la TV ne s’adressant qu’à un public déjà concerné par le sujet et qui fera obligatoirement de l’audience, à l’image de “ The deal ”. Au cinéma, ça n’intéresserait pas le reste du monde, ou alors ça coûterait trop cher. Mais certains de mes films à l’origine étaient pour la TV, et puis devant le résultat on m’a dit de les mettre en salle ».
« Valmont » de Milos Forman ? (la question est posée en regard de sa propre adaptation d’un même sujet « Les liaisons dangereuses »). Il l’élude. « Milos est un grand réalisateur, mais cette histoire a été malheureuse ». Pas méchant pour un sou le Stephen !
Du roman graphique au film (7mn – en HD sur le blu-ray)
Certaines pages du roman graphique de Posy Simmond sont comparées aux scènes correspondantes du film. C’est amusant à suivre.
- Bandes-annonces














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