- « Une question de rythme » (55 mn) , un documentaire sur le film et son auteur.. En racontant l’histoire de son film, Rappeneau ouvre les premières pages de la Nouvelle Vague, sa rencontre avec Rohmer, Truffaut, Rivette… L’entraide entre les jeunes réalisateurs de l’époque : ils vont sur l’un ou l’autre sujet de leur copain .Sautet écrit sur le scénario de Rappeneau qui va aider De Broca pour « L’homme de Rio », etc.
La base du film : « des souvenirs du gosse que j’étais, on entendait parler de ça, mais on ne voyait rien… »
Son entrevue avec Françoise Dorléac : elle devait faire le film, mais au dernier moment se rétracte. « Les parapluies de Cherbourg » viennent de sortir, la sœur fera donc l’affaire. Belmondo refuse le rôle de Garcin, l’espion anglais, car c’est celui d’un vaincu.
La gentillesse ( ? ) de Pierre Brasseur, le caractère bien trempé de Mary Marquet, tout le monde y passe avec une équipe qui se souvient avec nostalgie d’un tournage qui a laissé bien du bonheur.« Je dirigeais plus Deneuve, mais avec les trois autres, il suffisait de les écouter, et les voir agir » se souvient encore Rappeneau
Des photos du tournage en attestent, avec quelques clichés de Catherine Deneuve effectuant les premières lectures.

- Entretien audio avec Catherine Deneuve (9 mn). « Je n’avais pas encore fait beaucoup de cinéma, et l’on me propose une comédie, genre que j’adorais, et surtout un scénario ébouriffant ». Elle parle aussi du débit de sa voix pour accentuer le côté insouciant du personnage.
Pierre Brasseur ? « Il avait du mal à rester complètement sobre, d’une violence verbale », un penchant pour l’alcool plusieurs fois évoqué par d’autres membres. Le lendemain du tournage de la séquence de nuit face au blockhaus allemand, au cours de laquelle l’acteur a semble-t-il dépassé les bornes il lui offre une énorme gerbe de roses.
- Entretien avec Philippe Noiret (14 mn). « Sans enjoliver les choses, je me souviens que l’on était bien, les personnages étaient bien écrits, la caméra à la bonne place, c’est ça la direction d’acteurs, on n’en demande pas plus. (…) Jean-Paul avait la manie de dire le texte en même temps que ses acteurs et de mimer, il a fallu plusieurs fois que je lui demande de partir de ma vue ».
« C’est la seule fois où j’ai tourné avec Brasseur, une admiration, quelqu’un de très ouvert, une liberté, une invention, un poète anarchiste ». Catherine Deneuve ? La débutante, et il en pense alors déjà beaucoup de bien … « une beauté qui ne s’exhibe pas, dont elle n’a pas conscience, et une intelligence, quelqu’un avec qui je me sens bien, à la portée des gens, de mes qualités et de mes défauts.
Un film à plusieurs facettes : autour d’une noblesse qui se ruine, on entrevoie les préparatifs du débarquement sur la côte Normande en juin 44. Des quiproquos amoureux liés aux activités plus ou moins secrètes des uns et des autres s'en mêlent. Soit la grande guerre par le petit bout de la lorgnette pour une comédie joliment troussée avec des comédiens d’envergure à l’époque comme Pierre Brasseur, ou qui allaient le devenir comme Philippe Noiret. Catherine Deneuve n’était alors qu’une débutante, mais déjà avec classe et talent. Avis bonus Des interviews réalisées il y a plusieurs années permettent de resituer l’histoire de ce film pas vraiment commun. Quelques photos d’archives en prime, et un excellent documentaire autour de Rappeneau

