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« Wind river » de Taylor Sheridan. Critique cinéma

Synopsis: Cory Lambert est pisteur dans la réserve indienne de Wind River, perdue dans l'immensité sauvage du Wyoming.  Lorsqu'il découvre le corps d'une femme en pleine nature, le FBI envoie une jeune recrue élucider ce meurtre. Fortement lié à la communauté amérindienne, il va l'aider à mener l'enquête dans ce milieu hostile, ravagé par la violence et l'isolement, où la loi des hommes s'estompe face à celle impitoyable de la nature...

La fiche du film

Le film : "Wind River"
De : Taylor Sheridan
Avec : Elizabeth Olsen, Jeremy Renner
Sortie le : 30/08/2017
Durée : 107 Minutes
Genre : Thriller
Type : Long-métrage
Le film

C’est un bon film, un bon thriller . Il lui manque peu pour atteindre l’excellence que Taylor Sheridan, alors scénariste, avait touché avec « Sicario » et « Comancheria », volets d’une trilogie consacrée selon lui à « la frontière américaine moderne ».

Ici le ton est plus convenu, la liberté observée dans ses précédents essais un brin racorni dans des séquences plus sentencieuses, parfois proches de la morale. Sheridan n’aurait-il pas dû conserver son crayon en laissant l’objectif à ses complices ? Là où le ciel se mêle au malheur des hommes.

Un coin perdu des Etats-Unis, un état sauvage, le Wyoming, où même en été la neige ne quitte jamais les sommets. Elle tombe drue quand Cory Lambert ( Jeremy Renner ) un pisteur, découvre le corps d’une jeune femme, au milieu de nulle part, très loin de toute civilisation. Il connaît bien cette fille, sa famille et le drame qui se noue. Il a lui aussi perdu sa fille il y a quelques années. 

J’ai bien aimé ce personnage débonnaire de flic local qui se la joue tranquille quand ses principaux vis-à-vis prennent d’évidentes postures de mise en scène.

Elle ressemblait peut-être un peu à celle qui débarque de la ville (Elizabeth Olsen), envoyée par le FBI pour dénouer une enquête qui apparaît très vite secondaire. Dans la réserve indienne, son arrivée ne suscite pas l’enthousiasme. Le flic tribal (Graham Greene) est tout aussi réservé, mais il flanche vite devant cette policière balbutiante que Cory Lambert prend lui aussi sous son aile. 

Le chasseur va l’initier aux coutumes de la région, à ses pièges et renoué avec un passé qu’il dit avoir crédité. L’homme est taillé pour sa mission. Comme tous ses vis à vis, Sheridan leur a donné vie. Personnalité, psychologie, bon ou méchant, tous s’acoquinent pour donner une représentation imparfaite de l’état des hommes.

La sauvagerie des lieux n’incline pas à l’optimisme là où tout être se réserve son droit de parole et de pensée. Il agit de la même manière depuis des siècles. Si les mœurs ont un peu évolué, l’indien demeure un sauvage, sa femme une proie facile. On les a parqués dans de vastes enclos abandonnés. Ils n’ont pas choisi. Même l’environnement leur est hostile.

Cory traque le lion des montagnes et les meurtriers de ces femmes amérindiennes. C’est cette autre histoire que nous raconte Sheridan, un peu à bout de souffle sur cette Amérique qui n’arrive plus à discerner ses propres contours. Cette frontière moderne, comme il dit .

C’est un bon film, un bon thriller . Il lui manque peu pour atteindre l'excellence que Taylor Sheridan, alors scénariste, avait touché avec « Sicario » et « Comancheria », volets d’une trilogie consacrée selon lui à « la frontière américaine moderne ». Ici le ton est plus convenu, la liberté observée dans ses précédents essais un brin racorni dans des séquences plus sentencieuses, parfois proches de la morale. Sheridan n’aurait-il pas dû conserver son crayon en laissant l'objectif à ses complices ? Là où le ciel se mêle au malheur des hommes. Un coin perdu des Etats-Unis, un état sauvage, le Wyoming, où même en été…
Le film

Après avoir écrit « Sicario » et « Comancheria » Taylor Sheridan se fend d’un troisième scénario cousu de main de maître qu’il entend couronner d’une réalisation également personnelle. Mais derrière la caméra, il ne retrouve pas me semble-t-il la liberté de ton de ses précédents essais. Il part de faits réels (le meurtre de jeunes femmes amérindiennes) qui dans le décor sauvage du Wyoming dessine les contours d’une Amérique inhabituelle. Très fort, le scénariste décrit alors sans surcharge la personnalité et la psychologie de ses personnages qui une fois dans la place peinent à occuper véritablement tout l’espace. J’ai bien aimé par exemple le rôle du flic tribal que joue débonnaire Graham Greene, quand ses principaux vis-à-vis prennent d’évidentes postures de mise en scène. Sheridan n’aurait-il pas dû simplement conserver son crayon en laissant à ses complices le soin de l’objectif ?

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Un commentaire

  1. Ce qui reste intéressant dans ce film, sont les affaires sur les disparitions non répertoriées donc non résolues des femmes amérindiennes.

    Les loups qui rodent autour des troupeaux de moutons de ce Wyoming plein de neige sont certainement plus respectueux que certains hommes! Leur but étant de se nourrir et non d’assouvir leur bestialité.

    Sinon « Wind River » reste un bon film ,une bonne « americanata » comme disent les italiens! C’est à dire beaucoup de tirs de pistolets ,de fusils de chasse voire même de mitraillette pour accompagner de bons sentiments.

    Bon moment, beaux paysages même si l’accompagnement musicale ne m’a pas emballée.

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