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« Sanglantes confessions » d’Ulu Grosbard. Critique dvd

Synopsis: Dans les années quarante, Tom Spellacy, un policier, enquête sur un trafic de films à caractère pornographique. Il découvre que son frère, Desmond, chancelier de l'archidiocèse, est mêlé à cette affaire.

La fiche du film

Le film : "Sanglantes confessions"
De : Ulu Grosbard
Avec : Robert De Niro, Robert Duvall
Sortie le : 04/11/1981
Distribution :
Durée : 110 Minutes
Genre : Drame, Policier
Type : Long-métrage
Le Film
Le bonus

Adapté d’une nouvelle éponyme de John Gregory Dunne . – 

D’après un fait divers . – 

DVD : 23 août 2022 . –

Il y a d’abord un numéro de haute voltige. Les deux Robert , De Niro et Duvall, frangins pour l’Etat-Civil, mais pas forcément dans la vie. Des est presque évêque, Tom tient plutôt le monde en garde. Mais du flingue au goupillon, ils s’entendent plutôt bien, délaissant leurs affaires occultes au soin de la rumeur et des gazettes qui ne s’en privent pas.

Elles commencent à révéler les liens de plus en plus évidents entre Jack Amsterdam , riche négociant de la ville, et l’église qui peine à construire ses écoles et ses hôpitaux.  Secrétaire particulier de l’évêque, Des joue les intermédiaires et s’acoquine plus ou moins avec la famille Amsterdam.

Il est de toute leurs coteries, mission oblige, avec comme un parfum de mafia et de parrain dans toutes ces grandes fêtes où Jack arrose à tout va. Ce qui agace sérieusement le frangin qui  soupçonne le malfrat d’être partie prenante dans l’assassinat d’une jeune femme coupée en deux.  Seul indice, un dahlia noir, tatoué sur la cuisse.

Nous voici donc dans le film noir d’époque que le réalisateur peaufine en compagnie de ses deux acteurs, qui se renvoient la balle avec délectation. Une belle rencontre sans ego particulier, mais insistante pour Grosbard qui privilégie beaucoup ces faces à faces , tout aussi réversibles, du volet policier à la source cléricale, et réciproquement.

C’est le bonheur de ce film qui fouille dans  les arcanes de l’épiscopat et ses relations douteuses auxquelles le Cardinal Danaher  (Cyril Cusack) aimerait bien mettre fin.

Souvent autour d’une bonne table, les affaires se font ou … se défont

Le ver est dans le fruit, et l’administration du diocèse s’en ressent. Les discussions entre les curés et leur hiérarchie pour l’obtention de nouveaux postes ou la mise à l’écart sont savoureuses. Pour faire le ménage Des doit surveiller jusqu’à son ombre.

Ses responsabilités le ramènent immanquablement dans les pattes de son frère qui n’en peut plus de repousser l’échéance fatale.

Le suspense n’est pas intenable, il est le fil ténu d’une histoire bien troussée dans le monde interlope de la finance et du religieux, où la gabegie se répand au fil des marchandages, des truandages . De Niro et Duvall jouent au-delà de la confrontation, la partition d’un bon thriller avec les incontournables du moment : Charles Durning, truand magnifique et Cyril Cusack en Monseigneur bien comme il faut.

On se régale.

LE SUPPLEMENT

  • le film par Samuel Blumenfeld-Le critique évoque la personnalité d’Ulu Grosbard, qui n’occupe pas le devant de la scène , mais possède des particularités notamment parce qu’il vient de Broadway

« Ce qui l’intéresse aussi dans le projet, c’est la dynamique entre les deux frères, situation qu’il a connue dans sa famille avec un frère aîné qui était tailleur de diamants ».

Ses rapports avec les acteurs ? A l’origine c’est Gene Hackman que voulait Grosbard à la place de De Niro. Il l’avait déjà dirigé à Broadway

« Mais Grosbard avait la culture de l’Actor’ studio ,et  a pu ainsi imposer ce genre de films , avec la nouvelle génération de comédiens qui débarquaient ».

Adapté d'une nouvelle éponyme de John Gregory Dunne . -  D’après un fait divers . -  DVD : 23 août 2022 . - Il y a d’abord un numéro de haute voltige. Les deux Robert , De Niro et Duvall, frangins pour l’Etat-Civil, mais pas forcément dans la vie. Des est presque évêque, Tom tient plutôt le monde en garde. Mais du flingue au goupillon, ils s’entendent plutôt bien, délaissant leurs affaires occultes au soin de la rumeur et des gazettes qui ne s’en privent pas. Elles commencent à révéler les liens de plus en plus évidents entre Jack Amsterdam…
Le Film
Le bonus

Ce film n’aurait donc pas marché à sa sortie, au début des années quatre-vingt. Je le visionne  plutôt favorablement dans la lignée des films policiers-mafias autour de la découverte du corps d’une jeune femme coupée en deux. Le fameux « dahlia noir » qui va inspirer la littérature et bien d’autres réalisateurs. Ulu Grosbard s’appuie sur le fait divers, mais s’intéresse tout autant à deux de ses protagonistes, deux frères, l’un flic, l’autre secrétaire particulier d’un évêque. Un pot de confiture, une guêpe tourne autour : le flic dit à son frère de s’en écarter où il plongera avec les autres. C’est joliment troussé comme affaire, sur un scénario qui maintient un suspense sans tension, mais si ténu qu’il tient tout l’édifice scénographique en équilibre toujours instable. De Niro-Duvall sans ego particulier se chargent de mener la barque à bon port. On se régale

AVIS BONUS Un bel éclairage sur le film et son réalisateur

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