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« Petit Pays » de Eric Barbier . Critique cinéma

Synopsis: Des scènes peuvent heurter la sensibilité des spectateurs Dans les années 1990, un petit garçon vit au Burundi avec son père, un entrepreneur français, sa mère rwandaise et sa petite sœur. Il passe son temps à faire les quatre cents coups avec ses copains de classe jusqu'à ce que la guerre civile éclate mettant fin à l'innocence de son enfance.

La fiche du film

Le film : "Petit Pays"
De : Eric Barbier
Avec : Jean-Paul Rouve, Djibril Vancoppenolle
Sortie le : 28/08/2020
Distribution : Pathé
Durée : 113 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film
  • D’après le roman éponyme  de Gaël Faye (2016 :  Prix du roman Fnac-Prix Goncourt des lycéens – Prix du premier roman -Prix des étudiants France Culture–Télérama  )

Chanteur, compositeur et écrivain franco-rwandais Gaël Faye raconte dans «  Petit Pays » l’histoire de son enfance au Burundi qu’il a quitté à 13 ans, fuyant la guerre civile et le massacre des Tutsis au Rwanda voisin.

Eric Barbier le reprend souvent à la lettre ( co-adapteur : Jean-Paul Rouve ) pour accompagner cette famille franco-rwandaise installée à Bujumbura dans le confort colonialiste de l’entreprise paternelle.

Gaby et Ana (Dayla De Medina) ont l’insouciance de leur jeune âge, mais le garçon déjà se prend de bec avec ses copains sur la nature de leur relation. Hutus et Tutsis, peuvent-ils s’entendre au sein d’un même pays qui rivalise d’individualisme quand il est question de communauté.

La mésentente encore latente s’exprime aussi dans le foyer de Gaby, avec un papa français et une maman rwandaise ( Isabelle Kabano). Sur des raisonnements identitaires, là encore, leurs relations se distendent progressivement.

Il voulait être un africain sincère, elle voulait vivre à Paris. Leur mariage est un échec, à l’image de ce pays désormais divisé en deux et pour lequel il faut choisir son camp.

Au début on se taquine, on se chamaille : Hutu ou Tutsi ?

Du haut de ses dix ans Gaby ( Djibril Vancoppenolle,  présence incroyable ) s’y refuse encore, quêtant une identité qui s’effrite au fil des événements de plus en plus graves. Les chamailleries du début prennent maintenant la rue à témoin, bagarres et bastonnades en guise de mauvais présage.

Le couple se délite , les communautés s’affrontent. La guerre civile renvoie la maman dans son pays d’origine où la situation n’est pas plus brillante. La saison qui s’annonce sera celle des machettes.

Ce que Gaby ne voit pas, il l’entend. Et ce qu’il voit rend son petit visage si souriant autrefois de plus en plus tendu. C’est le point fort du film d’Éric Barbier qui sans filmer à hauteur d’enfants, confère à leur innocence une vérité encore plus grande.

Et quand celle-ci s’étale devant notre regard de spectateur tranquille, elle explose de toute son injustice, son aveuglement, sa cruauté. Le réalisateur n’en laisse rien passer et en fait peut-être un peu trop dans cette mise en scène devenue lourdingue et répétitive.

On comprend cette urgence à raconter, ce besoin de ne rien omettre, mais à trop surligner on passe parfois à côté. L’intime lui va mieux.

D’après le roman éponyme  de Gaël Faye (2016 :  Prix du roman Fnac-Prix Goncourt des lycéens - Prix du premier roman -Prix des étudiants France Culture–Télérama  ) Chanteur, compositeur et écrivain franco-rwandais Gaël Faye raconte dans «  Petit Pays » l’histoire de son enfance au Burundi qu’il a quitté à 13 ans, fuyant la guerre civile et le massacre des Tutsis au Rwanda voisin. Eric Barbier le reprend souvent à la lettre ( co-adapteur : Jean-Paul Rouve ) pour accompagner cette famille franco-rwandaise installée à Bujumbura dans le confort colonialiste de l’entreprise paternelle. https://www.youtube.com/watch?v=Is54DEeWm3I Gaby et Ana (Dayla De Medina) ont…
Le film

Je crois que Eric Barbier n’a rien voulu laisser passer de la portée  littéraire de son adoption et qu’en étirant son propos il tenait à donner une exemplarité totale à sa démarche de cinéaste. L’ensemble du film est parfaitement honorable, mais une vingtaine de minutes en moins, quelques scènes répétitives coupées, auraient donné une véritable dynamique à ce drame historique dont on ne connait pas encore totalement les tenants et les aboutissants. Pour évoquer le génocide rwandais il reprend la trame familiale du père français et de la mère rwandaise, figures vivantes du conflit qui va bientôt opposer Tutsis et Hutus, entre Burundi et Rwanda. A travers les yeux du garçon , c’est tout le drame qui se déploie, toute son injustice, son aveuglement, sa cruauté. Le réalisateur n’en laisse rien passer et en fait peut-être un peu trop dans cette mise en scène devenue guerrière et répétitive. Tout le casting est à saluer (Jean Paul Rouve, Isabelle Kabano, Veronika Varga,… ) avec une priorité fondamentale pour le jeune Djibril Vancoppenolle,  présence incroyable et sa petite sœur tout aussi spontanée Dayla De Medina.

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