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« Office » de Johnnie To. Critique cinéma

Synopsis: Hong-Kong, 2008. Le jeune idéaliste Lee Xiang et la surdouée Kat Ho font leurs débuts chez Jones & Sunn, une multinationale sur le point d’entrer en bourse. Alors que la banque Lehman Brothers fait faillite aux États-Unis, la tension commence à se faire sentir au sein de l’entreprise. Lee Xiang et Kat Ho vont petit à petit découvrir le monde extravagant et outrancier de la finance…

La fiche du film

Le film : "Office"
De : Johnnie To
Avec : Chow Yun-Fat, Sylvia Chang
Sortie le : 09/08/2017
Distribution : Carlotta Films
Durée : 119 Minutes
Genre : Comédie, Comédie musicale, Romance
Type : Long-métrage
Le film

Il faut s’y faire, ce n’est pas la veine du Johnnie To habituel. Mais une fois installé dans ses décors de verre dont il use avec belle aisance, le cinéaste nous accapare dans un univers que le cinéma côtoie beaucoup. Celui de la finance et de ses répercussions sur le monde des affaires, de la politique et du social.

Pour se distinguer de ses collègues, le réalisateur hong-kongais joue des subprimes et crash boursier sur le mode d’une comédie musicale, genre décidément bien en verve lui-aussi auprès du septième art.

Peut-être le point faible d’un dispositif scénique qui peine à reproduire le ton et la couleur des partitions retenues. Quand le chant est collectif, il fonctionne plutôt bien, insuffle une belle dynamique, un entrain contagieux pour les scènes à venir. Solitaire, la mélodie ne fait le plus souvent que reproduire des états d’âme ou des soliloques sans avenir.

La presse se fait l’écho de rumeurs boursières de plus en plus alarmantes, les petits trafics vont bon train

Le point fort : la mise en parallèle, puis la confrontation entre deux stagiaires dont les profils systématiquement opposés marquent de façon tout aussi systématique les enjeux de leur multinationale. La jeune fille ( Tang wei ) visiblement aisée et déjà bien introduite dans la place (mais comment ?) possède un bagage intellectuel qui subjugue et séduit le garçon un tantinet naïf, au niveau social bien inférieur. (Ziyi Wang)

Sur cet antagonisme, les dirigeants vont s’appuyer, usant du levier favorable à leurs attentes, pour plus de pouvoir, d’argent et d’ambition. Une architecture narrative assez classique, balayée par des intrigues sentimentales, amoureuses et familiales un brin déroutantes dans la stratégie des scénaristes Sylvia Chang et Wai Ka-Fai.

Johnnie To saisit ainsi toute les astuces et imprévus pour déjouer les plans machiavéliques échafaudés au 71 ème étage. Le jeune héros y vit un conte de fée, enamouré et dévoué comme le rappelle la directrice générale (Sylvia Chang, encore elle ) pour qui « prospérer dans l’adversité est mon point fort ».

« Dans mon village, face à l’adversité, on devient amoureux » lui renvoie-t-il un peu plus tard, lui qu’elle pensait entièrement acquis à sa cause. Lee Xiang a-t-il failli ? A-t-il trahi ? Dans son labyrinthe enchanté il va déchanter. Mais Johnnie To n’a pas failli…

  • Sur des thèmes similaires :

« The Big Short : le Casse du siècle »  de Adam McKay

« Margin Call » de J.C Chandor

«  Wall Street, l’argent ne dort jamais » d’Oliver Stone

« Krach » de Fabrice Genestal

« The company men » de John Wells

 

Il faut s’y faire, ce n’est pas la veine du Johnnie To habituel. Mais une fois installé dans ses décors de verre dont il use avec belle aisance, le cinéaste nous accapare dans un univers que le cinéma côtoie beaucoup. Celui de la finance et de ses répercussions sur le monde des affaires, de la politique et du social. Pour se distinguer de ses collègues, le réalisateur hong-kongais joue des subprimes et crash boursier sur le mode d’une comédie musicale, genre décidément bien en verve lui-aussi auprès du septième art. Peut-être le point faible d’un dispositif scénique qui peine à…
Le film

En s’écartant de ses fondamentaux, Johnnie To reprend de nombreuses idées communes au septième art pour les appliquer de manière assez originale au monde des finances, de la comédie musicale et des clichés amoureux liés aux affaires économiques. Ce qui ne fait pas toujours bon ménage confirme le réalisateur qui dans un décor de verre et d’acier high-tech taille en pièces cet univers porté par les crises financières et l’instabilité des marchés. La mise en scène joue beaucoup sur les transparences du décor dans lequel s’inscrit le monde de l’entreprise où l’hystérie et les rapports humains vont de pair. Souvent au bord de la caricature et de l’idée convenue, Johnnie To dévie toujours adroitement pour donner à son propos le sens d’une revendication convenable face aux aléas des margoulins. C'est du bel art , adroit et tout aussi malin ....

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