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« Manchester by the sea » de Kenneth Lonergan . Critique cinéma

Synopsis: La famille Chandler, une famille de la classe ouvrière du Massachusetts. Après la mort subite de Joe, son frère ainé, Lee, devient le tuteur légal de son neveu. Lee doit faire face à un passé tragique qui l'a séparé de sa femme Randi, ainsi que de la communauté où il est né et a été élevé.

La fiche du film

Le film : "Manchester by the sea"
De : Kenneth Lonergan
Avec : Casey Affleck, Michelle Williams
Sortie le : 14/12/2016
Durée : 138 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

Deux frères sur un bateau, les deux « tombent à l’eau ». Joe ne s’en remettra pas, santé trop fragile.  Lee résiste, après un fait-divers  tragique qui a détruit son foyer. Mais son histoire est à jamais engluée dans ce passé sinistre qui l’a profondément marqué .

Il est devenu taciturne, supportant mal l’alcool et la drogue qui peuvent le rendre violent. La disparition de son frère est l’injustice de trop. Sa belle-sœur l’a quitté depuis longtemps sans laisser d’adresse, son neveu, Patrick, batifole à l’aire de ses seize ans. Il en devient le tuteur, par le souhait d’un testament dont il n’avait pas connaissance.

Joe n’est pas très chaud pour prendre la responsabilité d’un gamin qui refuse de le suivre à Boston. Patrick a toujours vécu à Manchester, au bord de la mer et sur le bateau de son père dont il a maintenant la charge. Il a deux copines, un groupe de rock et une équipe de baskets.  C’est à Manchester qu’il doit vivre.

Le neveu, le tuteur, ils se connaissent depuis toujours , mais le lien familial se révèle bien complexe.

Premier affrontement, première rivalité, et premiers échanges aussi, émouvants par leur fragilité et l’inconstance de ces rapports familiaux qui ni l’un ni l’autre n’avaient envisagés. Le réalisateur Kenneth Lonergan a écrit lui-même cette histoire qu’il rature au fur et à mesure qu’il la filme. Non par excès ou surcharge , mais bien au contraire, pour donner aux mots leur  vrai sens, et confronter ces hommes et ces femmes qui peinent à les murmurer.

Une épure symbolique, révélatrice de la teneur du discours qui n’en finit pas de nous emporter dans ces superbes images débarrassées du superflu . Lonergan laisse du temps au temps, et assez d’espace pour que chacun trouve sa place. L’entreprise est délicate quand remontent à la surface des histoires méchantes et détestables. Le réalisateur n’en fait pas des tonnes, révèle peu . Il condense, l’émotion,  les sentiments, gomme le son dans ces silences bien énigmatiques, ces regards lourds d’un passé qui affleure au passage de Lee, dans le respect ou la crainte des villageois.

Casey Affleck ne force pas non plus sa partition. Il est porteur de cette conscience universelle qui demande à l’homme sa part de secret, par pudeur et respect. Ce qu’il découvre au contact de Patrick qu’il a connu tout gamin et qui grandit à vue d’œil dans la peau d’un garçon joliment campé par Lucas Hedges.

C’est l’autre force de ce film que d’avoir su confier les personnages de l’aventure à des comédiens portés par un scénario tout aussi habité. Michelle Williams (la femme de Lee) et Kyle Chandler (le frère décédé) ne font que passer, mais leur histoire impulse une dynamique évidente dans les relations conflictuelles qui surgissent entre tous les protagonistes.

Il ne suffit pas d’une substitution parentale pour que l’autorité s’affiche d’elle-même au sein de la famille. Lee et son neveu s’autorisent alors quelques travers afin de rompre ce lien indicible qui les a toujours réunis, et qui paradoxalement leur interdit aujourd’hui d’être pleinement responsables … l’un de l’autre. Mais la manière dont le jeune homme conduit sa vie, la manière dont le tonton l’observe et en fin de compte l’admire, tout ce petit bonheur est en train de naître et ressemble à de l’espoir. En toile de fond, le joli bord de mer de Manchester. L’espoir est devenu  certitude.

Deux frères sur un bateau, les deux "tombent à l’eau". Joe ne s’en remettra pas, santé trop fragile.  Lee résiste, après un fait-divers  tragique qui a détruit son foyer. Mais son histoire est à jamais engluée dans ce passé sinistre qui l’a profondément marqué . Il est devenu taciturne, supportant mal l’alcool et la drogue qui peuvent le rendre violent. La disparition de son frère est l’injustice de trop. Sa belle-sœur l'a quitté depuis longtemps sans laisser d’adresse, son neveu, Patrick, batifole à l’aire de ses seize ans. Il en devient le tuteur, par le souhait d’un testament dont il n’avait…
Le film

Dans un décor de port de pêche quelque part au Massachussetts, une famille tente de reprendre le cours d’une vie bringuebalée par des événements diffus. La séparation d’un couple, la fin d’un foyer qu’une tragédie réduit à néant, et au milieu un gamin qui grandit sans que son tonton, tuteur malgré lui, ne le remarque vraiment. Il va lui falloir maintenant composer avec cet adolescent déjà jeune homme qui n’entend pas se figer sur les restes d’une histoire familiale aussi douloureuse et respectable soit-elle. Le réalisateur Kenneth Lonergan a écrit lui-même cette histoire qu’il rature au fur et à mesure qu’il la filme. Non par excès ou surcharge d’informations, mais bien au contraire, pour donner aux mots leur sens réel, et confronter ces hommes et ces femmes qui peinent à les murmurer. Lonergan gomme beaucoup, jusqu’à l’épure de l’image et du son, laissant un champ d’expression sans limite pour Casey Affleck, quasiment sublimé. Mais le reste de la distribution est également d’excellente facture : Lucas Hedges, le neveu, Michelle Williams (la femme de Lee) et Kyle Chandler (le frère décédé).

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Un commentaire

  1. C’est un film bouleversant sur le lien fraternel qui peut être une authentique force dans la traversée des épreuves de la vie. Ce lien là les a tenus, ces 2 frères, jusqu’au jour ultime ou le plus jeune se voit confier par l’aîné, la responsabilité de conduire à l’age adulte ce fils, ce neveu , témoin de leur confiance mutuelle. L’affection, le sens du devoir, la mémoire de l’autre,ne peuvent pas annuler la culpabilité d’une tragédie dévastatrice. Tout est tu mais chacun sait et chacun souffre. La faute est irréparable et l’auteur se pense indigne pour le reste du parcours. Le paysage est immuable, la jeunesse pleine de promesses, l’affection à portée du cœur…IL n’y a pas d’espoir….Il n’y a plus de frère.

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